Course au Vice-rectorat à la vie académique

Lisa Baillargeon et Jean-Christian Pleau rencontrent la communauté universitaire.

2 Avril 2019 à 10H38

Les personnes candidates au Vice-rectorat à la vie académique, Lisa Baillargeon et Jean-Christian Pleau, étaient invitées à se présenter à la communauté universitaire, le 1er avril dernier. Près d'une centaine de personnes s'étaient déplacées pour les écouter exposer leur vision du vice-rectorat et du travail de vice-rectrice/vice-recteur.

Lisa Baillargeon

Lisa BaillargeonPhoto: Nathalie St-Pierre

Professeure au Département des sciences comptables et vice-doyenne aux études de l'ESG UQAM, Lisa Baillargeon (Ph.D. histoire, 2006) présente une feuille de route atypique: elle est détentrice d'un baccalauréat et d'une maîtrise en histoire de l'art, d'un doctorat en histoire et d'un MBA, en plus d'une formation de comptable professionnelle agréée (CPA, CMA). «Cette combinaison me permet de m'impliquer dans plusieurs sphères de la communauté uqamienne, d'apprécier les collaborations multidisciplinaires, et de développer une vision globale de notre grande université», souligne-t-elle.

La candidate a présenté trois grands défis à relever dans le cadre d'un mandat à titre de vice-rectrice à la Vie académique: le recrutement et l'internationalisation, l'éducation inclusive et la persévérance, et l'agilité des processus. «Je m'engage à rencontrer toutes les directions de programme durant les six premiers mois de mon mandat pour identifier les problèmes spécifiques à chacun», note-t-elle.

Le financement de l'UQAM, a-t-elle rappelé, est calculé en fonction des effectifs étudiants, lesquels sont en baisse de 6 % en raison, principalement, de la courbe démographique. «Selon une récente étude, 77 % des étudiants choisissent un programme d'études avant une université. Cela signifie que le recrutement proactif basé sur nos programmes est primordial.»

La candidate a proposé quelques pistes de solution: revoir le format des cours durant les trimestres, créer des baccalauréats pluridisciplinaires et transfacultaires inédits, établir des collaborations interuniversitaires et multiplier les partenariats avec les milieux externes. «Notre potentiel d'innovation est colossal», insiste-t-elle.

L'internationalisation est l'une des solutions à la baisse démographique, estime Lisa Baillargeon. «L'UQAM a actuellement 915 partenariats internationaux. Nous accueillons 3859 étudiants étrangers de 95 pays. Nous avons encore de la place pour en accueillir davantage, il faut donc renforcer nos partenariats avec la Francophonie et développer nos programmes adéquatement.»

Depuis 2014, le nombre d'étudiants ayant des besoins spécifiques a doublé à l'UQAM, note Lisa Baillargeon. «Il faut continuer à développer des moyens pour soutenir ces étudiants et donner des outils au corps professoral qui les accompagne. La refonte des formats d'apprentissage pourrait également être mieux adaptée aux différentes populations étudiantes.»

La vice-doyenne aux études de l'ESG UQAM estime que l'agilité des processus constituera l'un des défis académiques majeurs de l'UQAM au cours des prochaines années. «Il faut s'attaquer à la lourdeur des processus de création, de modification et d’évaluation des programmes», précise-t-elle.

En réponse aux trois défis qu'elle entend relever à titre de vice-rectrice à la Vie académique, Lisa Baillargeon envisage deux projets majeurs: catalyser la pédagogie expérientielle, et reconnaître et mobiliser les professeurs qui s'investissent en développement pédagogique et dans les directions de programme. «Plusieurs offrent déjà une approche pédagogique expérientielle en proposant l'analyse de cas, des simulations dynamiques, l'exploration sur le terrain, etc. C'est excellent, mais je veux oser davantage, dit-elle. Fidèles à notre mission, nous sommes déjà abondamment partenaires des milieux de recherche. Pourquoi pas en pédagogie?» La candidate propose d'élaborer une interface réunissant dans un lieu d'échange stimulant les créateurs de savoirs, les formateurs de personnes, les acteurs de la société et les étudiants.

Lisa Baillargeon souligne que le développement pédagogique et la gestion de programmes sont très souvent synonymes d'abnégation et de travail de l'ombre, même s'il s'agit d'un service vital pour la mission universitaire. «Je propose d'élaborer des mécanismes de reconnaissance des professeurs qui se démarquent en développement ou direction de programmes, ou dans les comités liés à la vie académique. En outre, certains chercheurs possèdent l'expertise pour développer des programmes, mais n'ont pas nécessairement le temps nécessaire. Nous leur devons ressources et accompagnement: moins de paperasse, plus d'aide professionnelle et d’appui des milieux.»

En cette année du 50e anniversaire, Lisa Baillargeon rappelle qu'à sa fondation, l'UQAM était distincte, audacieuse, accessible à tous et impliquée dans son milieu. «Nous sommes encore tout ça, mais nous sommes trop humbles, pas suffisamment visibles. Soyons fières et fiers. Je reprendrais le slogan de notre rectrice: Osons l'UQAM!»

Jean-Christian Pleau

Jean-Christian PleauPhoto: Nathalie St-Pierre

Professeur au Département d'études littéraires et doyen de la Faculté des arts depuis 2015, Jean-Christian Pleau affirme qu'il y a lieu de se réjouir pour l'UQAM. Le cap symbolique du 50e anniversaire de notre institution coïncide, selon lui, avec une conjoncture stimulante. «Depuis l'entrée en fonction de Magda Fusaro, en 2018, notre université a pris un nouvel élan, dit-il. Le contexte politique externe a également évolué d'une manière qui nous permet, après de longues années de compressions budgétaires, d'envisager l'avenir immédiat avec moins d'inquiétude. Cela dit, notre horizon n'est pas entièrement dégagé: nous avons devant nous des obstacles qu'il faudra surmonter pour le développement de l'UQAM.»

Le candidat a abordé quatre défis académiques pour l'UQAM: le recrutement, l'accessibilité, l'internationalisation et l'agilité institutionnelle. «L'enjeu du recrutement colore les trois autres, qui ont tous en commun, au-delà de leur pertinence intrinsèque, d'apporter des pistes de réponse au déclin de nos effectifs étudiants.»

Le Québec connaît une période de déclin démographique qui doit se poursuivre jusque vers 2026 et qui crée une menace sur nos effectifs, en baisse déjà depuis 2013, souligne Jean-Christian Pleau. «Le financement des universités dépend directement des effectifs, et de manière plus étroite depuis la révision de la formule l'an dernier. En l'absence de réponse, notre capacité de développement pourrait se trouver rapidement hypothéquée.»

Le défi du recrutement est la tonalité de fond des autres enjeux académiques, note Jean-Christian Pleau. «On peut imaginer des réponses directes, à commencer par des stratégies de communication, notamment sur les médias sociaux, mais des actions profondes sont nécessaires. Celles-ci appellent une mobilisation de notre communauté et nous demandent l'effort d'aller au-devant de la société.»

Cela signifie de poursuivre la mission fondatrice de l'UQAM, l'accessibilité, en priorisant le soutien aux études, sur le plan financier et sur le plan de la conciliation études-famille, précise le candidat. «Toutefois, dans le contexte du XXIe siècle, l'accessibilité doit être pensée dans des termes plus larges. D'autres populations s'imposent à notre attention, qui ne sont pas représentées ou reconnues sur le campus à la hauteur de leur présence dans la société: autochtones, personnes issues de l'immigration, en situation de handicap, communauté LGBTQ. Faire du campus un lieu d'accueil dépasse le moment du recrutement: c'est tout le cheminement avant et pendant les études qui doit être envisagé, pour assurer persévérance et réussite. L'une des solutions possibles pourrait être la création d'un Bureau de l'inclusion.» Aller à la rencontre de la société signifie aussi repenser ou diversifier les canaux de formation, poursuit Jean-Christian Pleau. «Je songe à l'enseignement en ligne, ou au développement des campus en région dans la grande région de Montréal.»

L'internationalisation, l'une des priorités du plan des 100 premiers jours du mandat de Magda Fusaro, figure également sur le radar de Jean-Christian Pleau. «Notre université ne peut facilement compter sur les mêmes flux d'inscriptions internationales que les établissements anglophones, mais on peut estimer qu'elle n'a pas pour autant fait le plein d'inscriptions en provenance de la Francophonie, souligne-t-il. Une présence accrue à l'international et un renforcement de nos partenariats peuvent aider en ce sens.»

Jean-Christian Pleau constate la lourdeur des procédures entourant l'évaluation, la modification et la création de programmes. «C'est à juste titre que la rectrice a fait de l'allègement de ces procédures l'une de ses priorités, dit-il. La complexité de celles-ci tient parfois à un souci de rigueur qu'il ne faudrait pas évacuer, mais on souhaiterait néanmoins retrouver quelque chose de la grande agilité institutionnelle qui a caractérisé l'UQAM dans les années suivant sa fondation, précisément pour pouvoir adapter nos programmes aux attentes nouvelles de la société et à l'évolution des disciplines, sans être freinés par de longs délais. S'il faut six ou sept ans pour adopter un nouveau programme, alors qu'une autre université est prête à le mettre sur pied en six mois, c'est évident que nous allons manquer le train!»

Période de scrutin

La consultation se déroulera à compter de 10 h, le 4 avril, jusqu'à 15 h, le 10 avril, par l'entremise du système Omnivox. Après examen des résultats de la consultation, le Comité de sélection, présidé par la rectrice Magda Fusaro, formulera sa recommandation au Conseil d'administration de l'UQAM. L'entrée en fonction est prévue pour le 1er juin 2019.

On peut consulter la lettre de présentation et le curriculum vitæ de chaque personne candidate sur le site du Secrétariat des instances, sous l'onglet «Désignation au Vice-rectorat à la vie académique», ainsi que leur microsite aux adresses suivantes:

lisabaillargeon-vrva2019.uqam.ca

jeanchristianpleau-vrva2019.uqam.ca

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