Une solution à la pénurie d'enseignantes

La Faculté des sciences de l'éducation offre son aide aux commissions scolaires afin de former le personnel non qualifié.

25 Mars 2019 à 15H12

La pénurie d'enseignantes au préscolaire, au primaire et dans les classes d'accueil risque de perdurer pour les 10 prochaines années.Photo: Nathalie St-Pierre

En décembre dernier, les trois commissions scolaires francophones de l'île de Montréal – la Commission scolaire de Montréal (CSDM), la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys (CSMB) et la Commission scolaire de la Pointe-de-l'Île (CSPI) – ont rencontré les responsables de la formation des maîtres de l'UQAM et de l'Université de Montréal. «L'objectif était d'explorer les avenues réalistes à court, moyen et long terme afin de les aider à résorber la pénurie d'enseignantes au primaire», révèle Henri Boudreault, vice-doyen aux études à la Faculté des sciences de l'éducation.

Au ministère de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur, on préfère parler de rareté des ressources, mais les commissions scolaires, elles, reconnaissent qu'elles font face à une grave pénurie. Et la situation risque de perdurer pour les 10 prochaines années, souligne Henri Boudreault. La problématique existe ailleurs au Québec, mais elle est particulièrement aigue à Montréal, notamment en raison de la courbe démographique, de l'exil des enseignantes vers la banlieue et du taux d'abandon de la profession dans les premières années. «Pour l'automne 2019, la CSMB et la CSPI ont établi qu'il leur manquera environ 600 enseignantes chacune, et la CSDM plus du double», note le vice-doyen.

«À la Faculté des sciences de l'éducation, tous les responsables de programmes sont au diapason: nous devons faire partie de la solution afin de repenser la formation des enseignants du XXIsiècle. »

Henri Boudreault

Vice-doyen aux études à la Faculté des sciences de l'éducation

Les commissions scolaires ne doivent pas seulement prévoir l'embauche d'enseignantes, explique Henri Boudreault, mais aussi de remplaçantes (car il y a toujours en cours d'année des congés de maternité et des absences pour cause de maladie) et de suppléantes. «En décembre dernier, la CSMB avait 84 postes qui n'étaient toujours pas comblés. Les responsables des ressources humaines n'ont même plus de CV en banque. L'impact sur les enfants, qui n'ont pas encore d'enseignante titulaire, est dramatique.» Dans certaines écoles, le directeur ou la directrice doit enseigner, tout comme la conseillère pédagogique et l'orthopédagogue. «Même les éducatrices des services de garde sont réquisitionnées pour les classes de maternelle», rapporte le vice-doyen.

Pour pallier ce manque, on embauche des étudiantes du baccalauréat en enseignement qui n'ont pas encore terminé leurs études, en leur adjoignant parfois une technicienne en éducation spécialisée pour faire la gestion de classe. «Cela crée des situations aberrantes: une étudiante de quatrième année se retrouve à faire son stage final avec une suppléante en première année de bac! Or, cette dernière ne peut évidemment pas fournir un encadrement adéquat.»

L'embauche de suppléantes parmi les étudiantes qui n'ont pas encore complété leurs études engendre aussi des problèmes pour les universités: cela augmente la durée de la formation – un casse-tête pour l'offre de cours et le financement, basé sur des équivalences d'étudiants à temps plein. «Cela contamine aussi les milieux de stage, car les étudiantes voudront effectuer leur stage dans l'école où elles font de la suppléance, mais, en principe, elles ne doivent pas avoir de lien avec le milieu qui les accueille.»

Des enseignantes non qualifiées

Les Commissions scolaires sont à ce point en manque de personnel au primaire qu'elles se tournent désormais vers des enseignantes non légalement qualifiées. «Avant on engageait au minimum des gens ayant un baccalauréat dans une discipline connexe, comme le français ou les mathématiques. Ces enseignantes bénéficiaient d'une tolérance d'engagement, les obligeant à être inscrites à une formation menant à la qualification légale, explique Henri Boudreault. Dorénavant, il suffit d'avoir un baccalauréat, peu importe la discipline. Et en novembre dernier, le ministère a modifié les règles de tolérance d'engagement afin de permettre l'embauche de personnes détentrices d'un diplôme de cinquième secondaire inscrites à des études collégiales.»

«En novembre dernier, le ministère a modifié les règles de tolérance d'engagement afin de permettre l'embauche de personnes détentrices d'un diplôme de cinquième secondaire inscrites à des études collégiales.»

Cette tolérance est renouvelable pendant 10 ans et n'inclut pas d'obligation de formation universitaire si la commission scolaire fait la démonstration qu'une problématique particulière nuit au recrutement de candidates légalement qualifiées. «C'est une aberration», estime Henri Boudreault. Même si le ministère précise dans ses documents que «l'expérience acquise par un candidat durant la durée d'une tolérance d'engagement ne peut pas remplacer la formation initiale à l'enseignement», le vice-doyen s'inquiète des impacts à long terme sur les programmes de formation. «Pourra-t-on vraiment empêcher une enseignante d'obtenir sa qualification si elle a accumulé 10 ans d'expérience et qu'elle est réputée bien faire son travail?, s'interroge-t-il. Risque-t-on de voir nos étudiantes de troisième et quatrième année accepter des contrats et interrompre leurs études en espérant que leur expérience de travail les mènera un jour à la qualification légale? C'est une pente dangereuse…»

La solution: une maîtrise qualifiante

Si l'UQAM et l'Université de Montréal diplômaient toutes leurs étudiantes en éducation, cela ne suffirait pas à combler la moitié du manque d'enseignantes dans les écoles primaires sur l'île de Montréal, souligne Henri Boudreault. «Nous n'avons pas le choix: il faut aider les commissions scolaires à former les enseignantes non qualifiées qu'elles ont embauchées ou qu'elles embaucheront au cours des prochaines années.»

Puisque les commissions scolaires de l'île de Montréal privilégient l'embauche de détentrices de baccalauréat, la solution retenue est celle d'une maîtrise qualifiante à temps partiel. «Il existe déjà une maîtrise en enseignement pour le secondaire et la formation générale des adultes, mais pas pour le primaire, l'adaptation scolaire et les classes d'accueil, où sont présentement les besoins», précise le vice-doyen.

«Nous n'avons pas le choix: il faut aider les commissions scolaires à former les enseignantes non qualifiées qu'elles ont embauchées ou qu'elles embaucheront au cours des prochaines années.»

La création d'un tel programme menant à la qualification légale d'enseigner requiert plusieurs certifications. «Cela ne se fera pas du jour au lendemain, reconnaît le vice-doyen. Mais en attendant, nous pourrions offrir un cours semblable à celui d'Initiation à la profession enseignante (offert en formation professionnelle) ou d'Introduction et initiation à l'intervention pédagogique (offert au bac en enseignement secondaire), mais adapté pour l'enseignement au préscolaire et au primaire. Il serait possible de suivre ce cours à titre d'étudiante libre, puis de le faire reconnaître après l'admission à la maîtrise.»

Priorité au contenu

Un tel cours d'initiation constituerait une espèce de «formation de survie» pour ces enseignantes qui sont jetées dans le bain sans expérience, poursuit-il. Spécialiste en enseignement en formation professionnelle, Henri Boudreault a consacré sa thèse de doctorat aux enseignants qui apprennent leur métier sur le tas. «Ces enseignants survivent à leurs premières années d'enseignement en improvisant. Ils prennent de mauvais plis et ils ne sont plus capables de modifier leurs pratiques par la suite, ce qui est très dommageable pour le déroulement de leur carrière. D'où l'importance de venir en aide aux enseignantes sans expérience.»

Devant l'urgence de la situation, quelles sont les priorités? «C'est moins compliqué d'amener une nouvelle enseignante à contrôler son contenu que de l'amener à court terme à comprendre les élèves qui sont devant elle. Des notions de didactique aideront donc davantage que des cours sur la psychologie du développement cognitif et comportemental. La gestion de classe ne sert à rien si on ne sait pas enseigner.»

«C'est moins compliqué d'amener une nouvelle enseignante à contrôler son contenu que de l'amener à court terme à comprendre les élèves qui sont devant elle. Des notions de didactique aideront donc davantage que des cours sur la psychologie du développement cognitif et comportemental.»

Le vice-doyen aux études soulève également la possibilité de faire appel à des retraitées du monde de l'éducation pour accompagner ces nouvelles enseignantes. «Les commissions scolaires ne peuvent pas réembaucher les enseignantes retraitées, car cela les pénaliserait dans leurs prestations de retraite, explique-t-il. Mais rien ne nous empêche, nous, de les embaucher pour superviser nos étudiantes.»  

Les enseignants du XXIe siècle

Afin de concocter un programme de maîtrise qualifiante qui réponde aux besoins et dont les critères d'admission seront réalistes, la Faculté des sciences de l'éducation est en attente des profils de ces enseignantes non légalement qualifiées. «Nous devrions recevoir toutes ces informations d'ici la fin de l'année scolaire et nous pourrons alors poursuivre l'élaboration de ce nouveau programme», note Henri Boudreault.

Selon le vice-doyen, une autre pénurie frappera les écoles secondaires dans quelques années. «Les défis en matière de formation seront nombreux et le statu quo ne fait plus partie des possibilités. À la Faculté des sciences de l'éducation, tous les responsables de programmes sont au diapason: nous devons faire partie de la solution afin de repenser la formation des enseignants du XXIe siècle.» Malgré les vents contraires, Henri Boudreault offre un plaidoyer sans équivoque: «Quand on aime l'enseignement et qu'on est formé adéquatement, c'est un merveilleux métier», conclut-il.  

PARTAGER
COMMENTAIRES 29 COMMENTAIRES

Commentaires

En tant que nouvelle diplômée et suppléante, j’aimerais me prononcer par rapport à mon expérience et celle de mon entourage récemment engagé et anciennement dans l’enseignement. A mon avis, il faut se penché vers le fond du problème et c’est en discutant aux enseignants sur place et en découvrant les réelles situations qui mènent au décrochage des enseignants qu’on peut espérer trouver des pistes de solutions. Il s agit des conditions de travail. Et cela diffère d’un cas à un autre. Il s agit surtout de la surcharge de travail. Actuellement, j’ai l impression que tous les enseignants travail à 120% quand ils sont à 100% de tâches. Je suis certaine qu’une diminution de charge aiderait ÉNORMÉMENT les enseignants. Ils pourraient enfin respirer un peu. Faire le plein entre leur periode, renouveller leur matériel et ainsi reapprcier à nouveau leur travail.
En effet, ma soeur enseigne a fait pause dans son bac en enseignement car elle est solicitée dans une commission scolaire. Et le gouvernement à l'intelligence de prendre des décisions qui diminuera davantage le nombre d’enseignant disponible en congédiant les enseignantes voilées et en envoyant des enseignants à la « maternelle 4 ans ».
Un cours de français obligatoire peut- être ?!? Ouf...Aouatef !
Il faut , en plus, être conscient que cette situation va s'empirer davantage avec le projet de loi sur la laïcité qui va interdire le port des signes religieux niez les enseignants. En effet, même si le nombre de ces personnes n'est pas très grand mais il faut savoir qu'il y'a plusieurs étudiants en enseignement au primaire qui portent les signes religieux. Ce projet aura des impacts négatifs sur eux et les empêchera d'entamer leurs carrières et de pratiquer cette noble profession!
Avec un manque de tolérance comme ça pas étonnant qu’on manque d’enseignant. On leur demande d’etre des supers héros d’abord docile, ensuite qui ont toutes les qualités et surtout qui n’ont pas droit à l’erreur, même quand ils s’expriment à brûle pour point. Come on! (Oui c’est un anglicisme)
En effet Isabelle, je me disais la même chose ... Vous êtes vraiment une nouvelle diplomée et suppléante? J'ose espérer que vous n'enseigner pas les bases du français.
Vous n’enseignEZ pas :/ Régle de base...
Justement...ils vont engager n'importe qui et ce, même si ces personnes ne savent pas écrire correctement...Je suis enseignante et cela ne donne pas le goût de continuer. On dévalorise la profession en engageant monsieur ou madame tout le monde. On vient dire à la société que tout le monde peut devenir enseignant. Je suis d'accord avec Isabelle. On voit énormément de fautes d'orthographe même chez nos futurs diplômés,,,désolant.
Le chameau qui n'a pas vu sa bosse (ENSEIGNEZ)
Et pourquoi ne pas mettre l’étudiant en 4e année de baccalauréat dans une école pour toute l’année? Il serait supervisé par un maître associé expérimenté qui l’accompagnerait et l’aiderait tout au long de l´année. Ainsi, le stagiaire, en arrivant à l’école le matin, se ferait octroyer une classe par la direction, il serait en suppléance,oui, mais aurait en tout temps la possibilité de s´en remettre à son mentor. Pas de suppléance pour lui le matin? Pas de problème, il rejoint son maître-associé dans sa classe. Ainsi, il apprend ce qui se vit dans une école, du début à la fin de l´année! Ses acquis et sa formation seraient, pour ma part, bien plus importants que certains cours offerts sur 4 ans de bac! Ainsi, ces stagiaires auraient un salaire de base pour l’année, les écoles, plus de suppléants disponibles et le gouvernement sauverait beaucoup d’argent en frais de suppléance.
Il faut ramener le certificat en pédagogie pour les détenteurs d’un premier baccalauréat discipline. Pas besoin de 4 ans . Il manque juste la pédagogie et la pénurie va se résorber. Deux, obliger les étudiants au baccalauréat en enseignement de faire du temps obligatoire de suppléance.
Totalement en accord! Je ne sais pas si les universités sont prêts à faire ce changement. Je ne crois pas!!! Il y a trop d’argent à faire! Ça voudrait dire que le bac de 4 ans en enseignement serait équivalent à un bac de 3 ans plus un certificat. Les gens délaisseraient le bac en enseignement de 4 ans pour un autre chemin qui ne mènerait pas nécessairement en enseignement. Si une personne trouve du travail après un bac de 3 ans, cette personne ne continuera pas ses études. Le bac de 4 ans en enseignement serait impopulaire... comme présentement. La maîtrise est plus payante que le certificat pour les universités. Finalement la pénurie persistera tant et aussi longtemps que le ministre de l’éducation ne dictera pas de faire un certificat.
Tout à fait! Vivement le certificat en pédagogie ou la maîtrise qualifiante pour répondre à la demande! Le bacc de 4 ans après avoir fait un premier bacc et peut-être même plus est complètement dépassé et pas adapté à la réalité. Je commencerai à enseigner au primaire en septembre et je serais très intéressée à suivre à temps partiel des cours de pédagogie, car je crois que c’est essentiel pour faire un bon travail à long terme avec les enfants.
Pas besoin de faire 4 ans de bac en enseignement. Le matériel enseigné dans le bac est fait pour des classes parfaites. Le retour d’un certificat en pédagogie suivie d’une année en stage payé.
D'accord en partie. Le retour du certificat serait une bonne solution selon moi. Toutefois, il faudrait de la formation continue pour compléter car il y a plusieurs aspects importants de la gestion d'une classe et autres qui ne sont pas couverts dans le cadre d'un certificat. L'enseignement est une profession qu'il faut respecter.
Je ne comprends pas cette pénurie. Il y a plusieurs personnes qui veulent être formées adéquatement, cependant, les universités mettent tellement des bâtons dans les roues qui ont une expérience significative. J'ai quinze ans d'expérience dans les classes d'adaptations scolaires, formation TEACHH, un baccalauréat d'enseignement en formation professionnelle et technique (secteur technique), suppléance...J'ai une technique en éducation spécialisée. J'ai même pris un cours avec M.Boudreault touchant sur la didactique. J'ai eu une bonne base avec mon baccalauréat. Je connais le système scolaire du Québec. J'aimerais bien qualifier à la maîtrise qualifiante mais on me dit à moi et plusieurs d'autres dans la même situation que NON. De retourner faire un bacc à temps plein de quatre ans. Un baccalauréat en enseignement ne serait aucunement reconnu dans un autre baccalauréat en enseignement? Au pire offrir la formation de soir pour donner une aux gens qui aiment enseigner et qui œuvrent dans le système scolaire depuis des années et qui ont les compétences requises. Des stages, une maîtrise...On donne une chance aux collégiens mais pas à des gens formés en enseignement? chercher l'erreur....
J'aimerais bien rencontrer du monde comme vous Je démarre un projet personnel, mais pour LA CAUSE. pour nos enfants, qui ont tant besoin de nous. Et ils aiment même leur profs voilés, si les profs les aiment.
A-t-on cessé d'espérer les hommes dans la profession? Il est clair qu'il sont très minoritaires, et particulièrement au primaire, mais à lire cet article, on a l'impression que les institutions ne veulent même plus faire d'efforts pour les recruter... Pourtant, peut-être certains garçons bénéficieraient-ils d'avoir quelques modèles masculins à l'école, connaissant les écarts de résultats entre garçons et filles? À moins qu'on ne voie aucun lien entre l'absence d'hommes enseignants et ces écarts? Mais peut-être qu'il est ici question de tout autre chose: peut-être a-t-on simplement décidé, à l'UQAM, que l'écriture épicène ne suffisait plus dans un combat contre une langue vue comme sexiste?
Je ne crois pas que l'article veuille mettre de côté les hommes. Puisqu'il y a une majorité de femmes dans la profession, la règle de la majorité est appliquée. En effet, le masculin ne l'emporte plus sur le féminin. La langue est faite pour représenter la réalité. La réalité de l'égalité des genres. Cela n'a rien de si étrange. Au 17e siècle, la règle de la majorité était utilisé. Tout simplement.
Non madame Maria, s'il s'agit de ne plus faire de l'enjeu féministe le combat pour une nouvelle répartition de la domination, il ne s'agit pas de le faire contre l'esprit critique de celui qui pose la question de l'épicène et d'ainsi sceller le débat sur le XVIIe siècle, nouveau parangon de vertu linguistique. Surtout attention à l'attitude à deux poids deux mesures. L'égalité n'a pas de genre, et malheureusement, à force de défendre une position épicène lorsque cela sied, et de revendiquer ailleurs la règle de la majorité (Pour exemple, aujourd'hui bien qu'il y ait plus d'hommes ingénieurs, on ne trouvera pas de bien pensant pour appliquer la règle de majorité au masculin, c'est l'épicène en ce cas qui prédomine, quand pour la profession enseignant, il est semble-t-il légitime de revendiquer la règle de majorité.) C'est un travail en contradiction qui tourne court en rediscrimination, vous obligeant à instaurer un argumentaire fait de postulats qu'en linguistique, on est bien loin d'admettre (soit que la langue est représentative; ce qui est oiseux elle est plutôt performative, normative : lire Barthes, la leçon inaugurale, et Deleuze et Guattari, dans 1000 plateau, chap. 4. postulats sur la linguistique). Pas de représentativité, seulement un système de commandement et d'instauration. Et s'il faut réfléchir à l'égalité dans la langue, il faut que cette immanence du dogmatisme soit jugulée. C'est dire que la formulation épicène des choses ne peut pas être repoussée derrière des données soit-disant acquise d'une nouvelle autorité en matière linguistique, soit un nouveau droit, une prérogative d la majorité accordée au féminin. Le retour que l'on nous vend à la langue d'avant (XVIIe) ne peux pas en finir avec le ressentiment que provoque le retour du pouvoir de décréter — qu'il soit entre les mains des hommes ou de femmes. Penser la langue, ce n'est pas penser comment représenter le monde, c'est comment façonner le pouvoir. Et si la langue qu'on se donne se choisit un maître le passé, quand cé que le présent sera le vrai problème — notamment le présent d'une pénurie, le présent d'un décalage entre les genres pour une profession qui aurait avantage à ne pas s'y contraindre?
Bonjour, Je suis une enseignante retraitée depuis juin 2016 et je veux vous faire part d'une situation que j'ai vécu... En octobre 2016, j'ai rempli un formulaire d'embauche à la CSMB pour offrir mes services comme suppléante : je demeure sur le territoire de cette commission scolaire, mais j'ai enseigné pendant ma carrière à la commission scolaire des Affluents. Quelle ne fut pas ma surprise de me faire répondre qu'on m'engageait pas les retraités des autres commissions scolaires... Pour contrer la pénurie qui existe, peut être devrait-on revoir ces règles qui à mon avis sont aberrantes.
J'ai des larmes aux yeux. On dirait, ils ne veulent rien faire. Moi, je cherche une solution
Cette pénurie est une affaire d'argent aussi.... il ne faut pas oublier et qui en souffre....les enfants et les enseignants...trop de gens compétents frappent aux portes et eux refusent de l'ouvrir.... Tout le monde prêche pour leur propre paroisse. De même que l'écrit de cet article. Les enseignants secteurs technique se font refuser tout accès à faire un transfert malgré que les cours sont semblables.
Je suis un historien diplômé de l'UQAM en 2014. Maîtrise obtenue mais aucune place disponible en enseignement au collégial. Je me suis donc tourné vers l'enseignement secondaire en univers social. Fort de ma vingtaine de cours en histoire, on m'a admis dans le programme moyennant une propédeutique de cinq cours en géographie, ce qui allongeait mon cursus au brevet secondaire d'une année supplémentaire. Pénurie et urgence vous dites (on était alors en 2016)? Par dessus tout, le programme en univers social prévoit 12 cours en univers social...et l'UQAM, l'institution où j'ai fait bac et maitrise en histoire, ne me reconnaissait que 9 des 12 cours en histoire, alors que j'en aurai suivi près de 30 dans cette dicipline à même ies murs uqamiens! Cet éveil aux réels besoins criants d'enseignants se fait bien tardivement. Un minimum de flexibilité, la possibilité d'offrir un parcours express aux differents brevets pour certains candidats seraient des avenues à explorer rapidement, faute d'avoir eu la lucidité de le faire avant. Des fois, j'avoue que la grosse machine uqamienne me désole.
J'ai fait un baccalauréat en enseignement secteur technique. Malheureusement, il n'y a pas tant de débouché...Je travaille depuis plus de 15 ans dans les milieux scolaires en classe d'adaptation scolaire et je fais de la suppléance. Malgré mon baggage + mon bacc l'uquam me dit que je dois recommencer un bacc de 4 ans malgré que le bacc en adaptation scolaire secteur primaire a les mêmes cours offerts dans le bacc technique....AUCUNE LOGIQUUE sauF $$$$$,,,, un certificat, une maîtrise ou une autre passerelle pour obtenir le brevet aurait été logique pour des candidats comme moi. Un bacc en enseignement est un bacc en emseignement...je dois avoir un bacc dans une discipline connexe. Le bacc en enseignement technique ne m'aura oas mené à grand chose,,,cependant le secteur professionnelle qui est DEP aurait le droit d'aller chercher 120 crédits et un brevet. Les techniques et les Cégeps ne sont pas valorisé du tout. L'uqam me décoit énormément tandis qu'en Ontario, peu importe ton bacc, les portes te sont ouvertes....
Bien d’accord avec ça!
Il y a un problème de fond. En août, au moment où les postes sont octroyés, plusieurs postes vacants demeurent non comblés. Pas par manque de candidats. Plusieurs candidats qui pourraient devenir titulaires de ces postes préfèrent refuser ces postes et acceptent à la place des assignations d’un an pour remplacer des titulaires absents sur des postes qui leur semble plus intéressants. On refuse des postes dans des groupes défavorisés ou multiculturels où existe des cas de troubles du comportement majeur sans le support professionnel adéquat
Mes expériences sur le terrain me permettent d’affirmer que la situation est grave. Toutefois, à deux reprises, dans une école secondaire, la direction a priorisé et engagé une personne non légalement qualifiée au lieu d’une autre qui avait terminé son baccalauréat. Je me questionne quant à la reconnaissance des acquis. Est-ce que nos enseignants légalement qualifiés (détenteurs d’un baccalauréat) seront enfin reconnus? Est-ce que ces enseignants auront la place qu’ils méritent, un emploi dans lequel ils sont qualifiés? Cette situation est aberrante, non?
Oui en théorie! Oui parce que le détenteur d’un bac en enseignement devrait avoir son laissez passer à l’enseignement. Mais la pratique n’est souvent pas la théorie, il vaut mieux avoir quelqu’un capable de contenir une classe difficile que d’avoir quelqu’un de compétent sans mettre en place une discipline en classe. Malheureusement, à l’université, cela n’est pas considéré comme une priorité d’apprentissage. On apprend donc la gestion de classe sur le tas.