Former des diplomates québécois

L’IEIM et la Chaire Raoul-Dandurand comptent parmi les partenaires du nouvel Institut diplomatique du Québec

17 Juin 2019 à 11H40

Une partie des représentants des centres de recherche et établisements universitaires partenaires du nouvel Institut diplomatique du Québec entourent la ministre des Relations internationales et de la Francophonie, Nadine Girault (au centre de la photo). On aperçoit au premier rang (à gauche) le professeur du Département de science politique Frédérick Gagnon, titulaire de la Chaire Raoul-Dandurand, le professeur du Département de management et technologie François Audet, directeur de l'IEIM (à la gauche de la ministre), la directrice adjointe de l'IEIM, Kim Fontaine-Skronski, et le directeur exécutif de la Chaire Raoul-Dandurand, Louis Collerette.

L’Institut d’études internationales de Montréal (IEIM) et la Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques figurent parmi les neuf centres de recherche et établissements universitaires partenaires du nouvel Institut diplomatique du Québec, dont la mise sur pied a été annoncée le 6 juin dernier par la ministre des Relations internationales et de la Francophonie du Québec, Nadine Girault. Le gouvernement investira 6,7 millions de dollars sur cinq ans pour faire de cet institut la pierre d’assise de la formation et de la professionnalisation du corps diplomatique du Québec.

«L’engagement du gouvernement à mettre en place l’Institut diplomatique du Québec  s’avère indispensable alors que nous sommes face à un système international extrêmement imprévisible, marqué par des conflits commerciaux entre divers pays, des mouvements migratoires, une crise climatique et des enjeux de sécurité», souligne le professeur du Département de management et technologie François Audet, directeur de l’IEIM.

La présence du Québec à l’étranger est assurée actuellement par un réseau de 32 représentations diplomatiques installées dans 18 pays. Depuis la doctrine Gérin-Lajoie, élaborée il y a plus de 50 ans par Paul Gérin-Lajoie (1920-2018), alors ministre dans le gouvernement Lesage, tous les gouvernements qui se sont succédé à la tête de la province se sont employés à faire connaître le Québec sur la scène internationale. «Si le Québec veut continuer de se projeter dans le monde, il doit se doter de structures stables et s’assurer que son corps diplomatique soit formé de professionnels aguerris, soutient François Audet. La création du nouvel institut permettra justement de soutenir la capacité d’agir du gouvernement en matière de diplomatie.»

L’IEIM  a joué un rôle important dans la mise sur pied de l’Institut diplomatique en fédérant divers établissements et unités de recherche universitaires autour d’un projet de partenariat, soumis en mars dernier au ministère des Relations internationales et de la Francophonie. «C’est un bel exemple de coopération interuniversitaire, note le directeur de l’IEIM. Nous voulions montrer au gouvernement du Québec que le milieu universitaire, tant francophone qu’anglophone, était capable de se mobiliser et d’assumer ses responsabilités dans la mise en œuvre de ce projet.»

Les unités de recherche partenaires de l’Institut diplomatique comprennent le Centre interuniversitaire de recherche sur les relations internationales du Canada et du Québec (ÉNAP), l’École supérieure d’études internationales (Université Laval), l’École de politique appliquée (Université de Sherbrooke), le Centre d’études et de recherches internationales (Université de Montréal), la Faculté de gestion Desautels (Université McGill), l’Université Concordia et HEC Montréal.

Renforcer les compétences diplomatiques

L’Institut diplomatique du Québec misera sur l’expertise de chercheurs universitaires et de diplomates chevronnés pour renforcer et élargir les champs de compétences des membres actuels et futurs du corps diplomatique. «La première étape consistera à établir un curriculum de formation après avoir identifié avec le ministère les besoins les plus importants en cette matière», observe François Audet. Les formations porteront, notamment, sur les enjeux géopolitiques et économiques mondiaux, les habiletés interculturelles, les questions de sécurité, l’apprentissage des langues et la maîtrise des nouvelles technologies de communication.

L’IEIM, qui chapeaute 18 unités de recherche, dont la Chaire Raoul-Dandurand, jouera un rôle actif dans la formation grâce à son solide bassin d’expertise sur les grands enjeux internationaux. «En plus de ses chercheurs, l’IEIM peut compter sur une équipe de diplomates en résidence, dont d’anciens délégués généraux du Québec à l’étranger et d’anciens ambassadeurs du Canada», indique le professeur. L’équipe est constituée de huit membres: Claude-Yves Charron, professeur associé au Département de communication sociale et publique, Luc Dandurand, Louis De Lorimier (B.A. science politique, 1980), François LaRochelle, Anne Leahy, Christiane Pelchat, Gilles Rivard et Guy Saint-Jacques.

«Ces diplomates de carrière partageront leurs expériences et joueront un rôle de mentors, dit François Audet. Anne Leahy, par exemple, ancienne ambassadrice du Canada en Russie, en Pologne et dans la région des Grands Lacs, en Afrique, qui fut également la première directrice de l’IEIM, a été nommée récemment conseillère de la ministre Nadine Girault et travaillera auprès de Michel Audet, chargé de mission du Québec pour l’Afrique.»

L’expertise de la Chaire Raoul-Dandurand, particulièrement en ce qui concerne les États-Unis, sera aussi sollicitée. «Cette expertise est d’autant plus précieuse que le Québec compte des délégations dans plusieurs États et grandes villes américaines, telles que New York et Washington», remarque le professeur.

Une nouvelle politique internationale

La création de l’Institut diplomatique du Québec s’inscrit dans la volonté du gouvernement Legault de refondre la politique internationale du Québec. Un nouvel énoncé de politique a d’ailleurs été annoncé pour l’automne prochain. «Au fil des ans, la politique étrangère du Québec a été mise à jour sur une base régulière, un processus normal puisque ce type de politique doit évoluer en fonction des changements sur la scène internationale», commente François Audet.

Le ministère des Relations internationales et de la Francophonie, qui souhaite augmenter la force de frappe économique du Québec, développera une «stratégie de conquête des marchés à l’étranger». «Il est légitime et nécessaire de revoir l’orientation économique de la politique extérieure, en particulier aux États-Unis, en Europe et en Chine, là où le Québec cherche à se positionner, souligne le directeur de l’IEIM. Cela dit, il est important de ne pas négliger la diplomatie culturelle et humanitaire. Le Québec compte plusieurs ONG actives dans différentes régions du monde, comme en Haïti et en Afrique de l’Ouest. Cela aussi contribue à son rayonnement à l’étranger.»

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