Valoriser les arts au primaire

Un projet mené avec la CSDM vise à améliore les espaces d’enseignement des disciplines artistiques.

14 Mai 2019 à 14H57

Pour que l’enseignement des arts profite à tous les élèves, la solution, à long terme, réside dans des espaces dédiés à l’enseignement de chacune des quatre disciplines artistiques. Photo: Nathalie St-Pierre

Les quelque 275 écoles primaires sur le territoire de l’Île de Montréal sont confrontées depuis quelques années à une surpopulation d’élèves, due à un boom démographique et à une immigration forte. Une majorité d’établissements souffrent non seulement d’un manque d’espace pour accueillir les enfants, mais se trouvent aussi dans un état de vétusté avancée. Dans certaines écoles, des unités préfabriquées ont même été installées pour pallier temporairement ces lacunes. Les fortes pressions associées au déficit d’espace rendent complexes les conditions d’enseignement, en particulier celles des disciplines artistiques. Ces constats feront l’objet d’une table ronde qui aura lieu le 16 mai prochain, à 19 h, au pavillon J.-A.-DeSève (DS-1525).

Réunissant le directeur de l’École de design Maurice Cloutier et son collègue le professeur Carlo Carbone ainsi que les conseillères pédagogiques de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) Hélène Lévesque et Élyse Mathieu,  la table ronde aura lieu dans le cadre du colloque Arts, sociétés et partage des savoirs (voir encadré), qui se tiendra au Musée des beaux-arts de Montréal, le 15 mai, et au pavillon J.-A.-DeSève, les 16 et 17 mai. Organisé par la Faculté des arts, en collaboration avec la Faculté des sciences de l’éducation, l’événement réunira des chercheurs d’horizons divers s’intéressant aux relations entre l’art, la culture et l’éducation dans les sociétés contemporaines.

«Notre table ronde présentera les grandes lignes d’un projet de recherche mené par l’École de design, en partenariat avec la CSDM, portant sur les environnements pédagogiques propres à l’enseignement des arts dans les écoles primaires de Montréal», explique Maurice Cloutier. Intitulé Ré-enchanter l’enseignement des arts à l’école, le projet vise à revaloriser les espaces d’enseignement des quatre disciplines artistiques obligatoires: danse, art dramatique, musique et arts plastiques. Lancé à la demande des conseillères pédagogiques de la CSDM, il bénéficie d’un appui financier de l’École de design, de la CSDM et du Musée des beaux-arts de Montréal.

Partager les savoirs

Dans le cadre des célébrations des 50 ans du rapport Rioux, le colloque Arts, sociétés et partage des savoirs vise à favoriser les échanges entre chercheurs universitaires et intervenants du milieu de l’éducation sur les enjeux contemporains en enseignement des arts, du primaire à l’université. La situation actuelle des arts et de la culture au Québec, la place et le rôle de l’art à l’école, ainsi que la création contemporaine et la formation artistique professionnelle à l’heure des défis technologiques figurent parmi les principaux thèmes qui seront abordés lors du colloque.

Cet événement sera aussi l’occasion de mesurer le chemin parcouru depuis la publication, en 1969, du rapport Rioux. Ce document phare porte le nom du sociologue Marcel Rioux (1919-1992), qui a présidé la Commission d'enquête sur l'enseignement des arts dans la province de Québec, créée en 1966 par le gouvernement de Jean Lesage. Le rapport Rioux était porteur d’un projet de société dans lequel les arts constituaient un outil d’émancipation. Ses recommandations préconisaient une réorganisation majeure des structures d'enseignement afin de garantir à tous un accès aux arts. Cinquante ans plus tard, l’UQAM souhaite réfléchir au vaste projet de démocratisation artistique qu'il proposait.

L’UQAM profitera du colloque pour décerner un doctorat honoris causa à l’artiste visuel Claude Lafortune, afin de souligner son audace, sa créativité et sa contribution à la démocratisation du savoir.

Établir un diagnostic

Pour documenter les problèmes et établir un diagnostic, Maurice Cloutier, Carlo Carbone et deux étudiants à la maîtrise en design de l’environnement ont réalisé des entrevues avec des enseignantes des écoles Marc-Favreau et Les-enfants-du-monde, situées dans le quartier Notre-Dame-de-Grâce, et effectué des observations en situation d’enseignement.

«Il n’est pas rare que l’enseignement des arts se fasse dans la cafétéria de l’école ou dans les locaux du service de garde, souligne Maurice Cloutier. Ailleurs, des enseignantes se déplacent d’une classe régulière à l’autre avec leur matériel pédagogique installé sur un charriot à roulettes. Dans certaines classes, on ne peut pas utiliser les instruments de musique parce que l’acoustique ne s’y prête pas. Dans les pires cas, les enseignantes, qui doivent enseigner dans deux établissements différents parce quelles n’ont pas de tâche pleine dans une école, se servent du coffre de leur voiture comme bureau. C’est assez triste.»

Pour que l’enseignement des arts profite à tous les élèves, la solution, à long terme, réside dans des espaces dédiés à l’enseignement de chacune des quatre disciplines artistiques, soutient le directeur de l’École de design. «En attendant, dit-il, l’étude sera axée sur l’élaboration de scénarios d’aménagement physique et spatial, porteurs d’améliorations et d’innovations à court et moyen terme. Nous envisageons également de prototyper une classe rénovée, qui pourra servir d’exemple à d’autres écoles. En comptant sur l’engagement, l’esprit d’initiative et la créativité des enseignantes, il est possible de trouver des solutions simples, réalistes et peu coûteuses.»

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