PEQ : du travail reste encore à faire

Les modifications annoncées par le gouvernement répondent à certaines demandes des universités.

10 Juillet 2020 à 13H51

Photo: Nathalie St-Pierre

La ministre de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration Nadine Girault (M.B.A., 2003) a présenté le 9 juillet des bonifications à la réforme du Programme de l'expérience québécoise (PEQ). «Les modifications à la réforme représentent des avancées et répondent à certaines demandes des universités. Il faut toutefois poursuivre en ce sens et continuer d’ajuster le contenu de la réforme, afin que le Québec demeure ouvert, accueillant et inclusif», indique la rectrice de l’UQAM, Magda Fusaro.   

Depuis l’automne dernier, les universités mènent des représentations auprès du gouvernement sur cette réforme. À l’instar du Bureau de coopération universitaire (BCI), du milieu communautaire et de celui des affaires, Magda Fusaro avait alors joint sa voix à celles qui réclamaient des assouplissements au projet de modification du programme.

Rappelons que le 28 mai dernier, le projet de Règlement modifiant le Règlement sur l’immigration au Québec a été publié dans la Gazette officielle du Québec. Ce projet de règlement modifie les conditions applicables à la sélection des ressortissants étrangers dans le cadre du PEQ. Pour l’UQAM, les nouvelles modifications posaient trois problèmes majeurs: l’absence de droits acquis pour les étudiants étrangers en cours d’études; des exigences trop sévères en matière d’expérience de travail; et un nouveau délai de traitement trop long.

Mesure transitoire

La ministre Girault a annoncé le 9 juillet qu’une mesure transitoire s'appliquera pour les étudiants étrangers déjà au Québec qui auront obtenu un diplôme admissible au PEQ, ou qui l'obtiendront d'ici le 31 décembre 2020. Il s’agit d’une avancée, que l’UQAM considère toutefois modeste.

«Je demeure très préoccupée par le fait que les milliers d’étudiants étrangers qui n’obtiendront pas leur diplôme avant la fin de l’année 2020 ne bénéficieront pas de cette mesure transitoire. Ces étudiants ont été invités à venir au Québec sur la base d’une voie accélérée vers la résidence permanente. Soudainement, après leur arrivée dans une université québécoise et leur parcours académique bien amorcé, les conditions qu’on leur a présentées sont remises en question. Cette situation est inéquitable», a souligné la rectrice.

Exigences en matière d’expérience de travail

La durée de l'expérience de travail exigée pour les travailleurs étrangers temporaires passe de 36 à 24 mois, ce qui représente une amélioration selon l'Université, pour qui cette durée est encore trop élevée. Rappelons que dans toutes les autres provinces canadiennes, l’expérience de travail exigée pour être admissible à un programme d’immigration économique en tant que travailleur qualifié n’est jamais supérieure à 12 mois.

Par ailleurs, les conditions relatives à l'expérience de travail exigée pour les étudiants sont modifiées par le gouvernement. Ainsi, l'expérience de travail acquise durant un stage obligatoire sera prise en compte, jusqu'à concurrence d'un maximum de trois mois. «Certes, on pourrait y voir une avancée intéressante, mais les limites imposées pourraient restreindre la rétention au Québec de nombreux diplômés», note la rectrice.

Délai de traitement

Le délai maximum de traitement des demandes présentées dans le cadre du PEQ, fixé à 6 mois (au lieu de 20 jours ouvrables), est trop long selon l’Université. Cela signifie en effet qu’un étudiant étranger diplômé de l’UQAM pourrait devoir attendre jusqu’à 18 mois pour recevoir son Certificat de sélection du Québec (12 mois d’expérience de travail auxquels s’ajoute le nouveau délai maximal de 6 mois).

Par ailleurs, l’UQAM serait intéressée à poursuivre les discussions afin de créer un programme pilote d’immigration permanente favorisant l’attraction et la rétention des professeurs universitaires de calibre international, à l’image du programme pilote que le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration élabore actuellement pour les travailleurs de l’industrie de l’intelligence artificielle et des technologies de l’information.

Les changements annoncés par la ministre Girault entreront en vigueur le 22 juillet 2020. Tant que le nouveau règlement n'est pas en application, les conditions de sélection actuelles du PEQ continuent de s'appliquer. «Les annonces de la ministre Nadine Girault représentent assurément un pas dans la bonne direction. Il reste cependant encore beaucoup à faire. C’est pourquoi les démarches se poursuivront, sans relâche, en vue d’un PEQ résolument ouvert, souple et inclusif», conclut Magda Fusaro.

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