Agora, l’école laboratoire pour raccrocheurs

Des chercheuses de l’UQAM participent à un projet d’école pour jeunes adultes vulnérables.

17 Novembre 2020 à 14H39, mis à jour le 17 Novembre 2020 à 17H45

L’école laboratoire Agora offrira un enseignement secondaire adapté tout en fournissant divers services complémentaires pour mieux répondre aux besoins particuliers des jeunes raccrocheurs. Photo: Getty images

L’organisme communautaire montréalais Déclic offre de l’accompagnement aux jeunes adultes en difficulté afin de les aider à développer des stratégies d’adaptation pour réussir leur cheminement scolaire. Un des nouveaux projets de l’organisme, mis sur pied en collaboration avec des chercheuses de l’UQAM, propose une alternative aux Centres d’éducation pour adultes (CEA), des structures basées sur l’autonomie et l’individualisation des apprentissages qui ne conviennent pas nécessairement aux étudiants plus vulnérables. L’école laboratoire Agora offrira un enseignement secondaire adapté tout en fournissant divers services complémentaires (alimentaires, juridiques, soins de santé, accès au logement, etc.) pour mieux répondre aux besoins particuliers des jeunes raccrocheurs.

L’initiative, qui s’inscrit dans une approche globale d’intervention sociopsychopédagogique, est menée par une équipe de recherche formée des professeurs Sophie Grossmann, du Département d’éducation et formation spécialisées, et Sylvain Bourdon, de la Faculté d’éducation de l’Université de Sherbrooke, de la postdoctorante en éducation Marjorie Vidal et de la chercheuse indépendante Marianne St-Onge (M.A. éducation, 2007), en collaboration avec les cofondateurs de l’organisme Déclic, Benoit Bernier et Sonia Lombart.

«C’est une recherche partenariale qui se coconstruit avec les acteurs du milieu, explique Sophie Grossmann. Nous n’agissons pas à titre d’experts, nous n’avons pas d’emblée de réponses à donner, nous sommes là pour encadrer une réflexion collective, soutenir l'expérimentation éducative, la recherche et la coconstruction des pratiques, dans l’objectif de favoriser le raccrochage de jeunes adultes.» Pour développer le projet Agora, l’équipe de recherche a obtenu une subvention d’engagement partenarial du Conseil de recherche en sciences humaines (CRSH) et une bourse Élévation de l’organisme MITACS.

Un espace de dialogue

Le comité de développement du projet offre un espace ouvert de dialogue entre les acteurs du milieu et les chercheurs. Il permet aux praticiens de réfléchir à leurs pratiques tout en étant accompagnés dans leurs réflexions par des chercheurs. «Après avoir discuté de la problématique avec les intervenants, nous réalisons une revue de la littérature scientifique sur le sujet, décrit Marjorie Vidal. Nous partageons ensuite les résultats de notre recherche avec le comité. Dans un cas, cette réflexion collective a conduit à la mise en place d’un outil d’intervention auprès des jeunes qui vise à mieux comprendre leur engagement.»

Produire des connaissances autour des pratiques de l’organisme et documenter le processus de développement de l’école laboratoire font aussi partie des objectifs du comité. «Cet espace de discussion permet aux chercheurs en immersion d’observer les pratiques, de constater sur place les obstacles et les leviers, fait remarquer la chercheuse indépendante Marianne St-Onge, qui accompagne Marjorie Vidal sur le terrain dans le cadre du projet. De cette manière, il est possible de faire rapidement une rétrospection avec les intervenants et de procéder à des ajustements au fur et à mesure.»

Les participantes à la recherche espèrent que le projet Agora puisse devenir dans le futur un lieu de stage pour les étudiantes et étudiants en éducation, à l’image d’un internat en médecine. « L’idée, c’est de mettre en place un dispositif pour que les acteurs du milieu puissent se placer en situation de démarche réflexive de manière autonome et, dans un deuxième temps, d’établir un système d’accueil de stagiaires», conclut Marjorie Vidal.

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