Têtes chercheuses

Un collectif de chargés de cours en arts visuels et médiatiques expose ses œuvres à l’Usine C.

10 Mars 2020 à 13H45

Un collectif de chargé.e.s de cours en arts visuels et médiatiques expose ses œuvres à l’Usine C. Sur la photo: dessin sur papier d'Anne C Thibault.
Image :Anne C Thibault. Repentirs, dessin sur papier.

L’Usine C accueille l’exposition Le doute, conçue et réalisée par le collectif Artistes Têtes Chercheuses (ATC). Fondé en 2017, celui-ci regroupe neuf chargés de cours de l’École des arts visuels et médiatiques (dont six participent à l’exposition) qui partagent une même passion pour les questions d’ordre esthétique et philosophique associées à la pratique artistique. Ils développent des projets communs d’exposition, tout en menant des carrières solos.

Dans cette exposition portant sur le thématique du doute, les œuvres du collectif – installations, photos, vidéos, dessins et peintures – traitent des contraintes qui ponctuent le processus de création artistique, qui concernent les rapports entre l’état d’incertitude et le choix d’une action ou d’un geste à poser. «Être incertain oblige à chercher, à approfondir sa pensée, voire à remettre en question ses convictions, favorisant ainsi l’ouverture à l’expression et l’expérimentation artistiques», observe Patricia Gauvin (Ph.D. études et pratiques des arts, 2011), membre d’ATC.

Entre idées et actions

Plongeant dans l’univers de chercheurs en quête de nouvelles technologies, Denis Farley propose une vidéo et un assemblage de photographies qui explorent les particularités des systèmes de communication satellitaire. Le doute intervient ici dans les choix multiples qui s’offrent lors de la sélection des images.

Avec ses œuvres peintes, Patricia Gauvin fait chanter la couleur, explore la matière et exprime des sensations. Pour elle, «le doute accompagne toujours l’intuition, stimule la réflexion et suit la prise de risque».

L’installation photographique de Marie-France Giraudon (M.A. arts plastiques, 1987) évoque la notion d’abri, lieu précaire et propice à la rêverie. Le doute surgit des passages de l’image entre les strates de matières, de corps, de lumière et d’ombres qui composent cet espace incertain.

Lise Nantel (M.A. arts plastiques, 1985) présente une installation faite d’un assemblage de bois, de tissus, de plastique et de roche, créant un lieu refuge, une chambre à soi, un espace-temps qui invite à se poser et à embrasser le doute.

Les tableaux inachevés de Katherine Rochon (Ph.D. études et pratiques des arts, 2016) sont le fruit d’une exploration du gribouillis, du papier et du collage. Ses œuvres évoquent l’oscillation entre sensation et action, entre lâcher-prise et maîtrise.

Loin du souci d’exactitude, les dessins d’Anne C Thibault (M.A. arts plastiques, 1988) expriment la charge subjective du repentir en laissant deviner les traces d’un correctif, d’une faiblesse, d’une hésitation ou d’une insatisfaction.

L’exposition se déroule jusqu’au 5 avril prochain.

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