Accompagner la relève

Pour Sophie Bonin, qui travaille au recrutement des étudiants depuis 20 ans, chaque histoire est unique.

8 Septembre 2020 à 11H33

Série Dans les coulisses de l'UQAM
Des employés qui, dans les coulisses, assurent le bon fonctionnement de l'Université, parlent de leur rôle au sein de notre institution.

Sophie BoninPhoto: Nathalie St-Pierre

«Les étudiants, ce sont avant tout des gens qui ont des rêves et des aspirations. Discuter avec une personne prête à s'investir dans un projet d'études m'émeut chaque fois, immanquablement. Mon humble rôle consiste à l'accompagner, au début de son processus, afin qu'elle choisisse le programme qui lui conviendra le mieux», affirme Sophie Bonin (B.A. sociologie, 1993).

Difficile de trouver plus uqamienne que la conseillère en recrutement étudiant, qui n'a jamais quitté l'UQAM depuis son baccalauréat en sociologie. «J'ai été embauchée à ce que l'on nommait à l'époque le Décanat des études avancées et de la recherche, afin de participer aux processus d'évaluation des programmes d'études, se rappelle-t-elle. J'y suis restée six ans, pendant lesquels je me suis acquittée de plusieurs mandats de rédaction.»

C’est au Décanat que Sophie Bonin a rencontré Anik Lalonde. Lorsque cette dernière devient directrice du Bureau du recrutement, nouvellement créé à la fin des années 1990, elle lui offre un nouveau défi : devenir agente de recrutement (on dit aujourd’hui conseillère en recrutement étudiant). Son expérience à l’évaluation lui sera précieuse, mais elle comprend rapidement la différence entre maîtriser certains programmes et tous les connaître, sans exception. «Avant même d'obtenir le poste, j'avais accepté de donner un coup de main au Salon de l'Éducation de Montréal, qui avait lieu à la Place Bonaventure. À des jeunes du secondaire qui m'avaient posé des questions sur les études en cinéma, j’avais répondu que cela ne s'étudiait pas à l'Université!», se rappelle-t-elle en riant.

Cégépiens, adultes, nouveaux arrivants

Puisque la grande majorité des étudiants universitaires provient des cégeps et des collèges, les conseillères en recrutement étudiant (l'équipe, aujourd'hui dirigée par Mylène Archambault, est entièrement féminine) effectuent chaque année une tournée dans une cinquantaine d'établissements au Québec, en collaboration avec leurs collègues des autres universités. Elles accueillent également à l'UQAM les conseillers d'orientation et les conseillers en information scolaire et professionnelle qui œuvrent dans le réseau collégial afin de leur présenter les programmes jugés prioritaires par les facultés/école.

Les Portes ouvertes, organisées à l'automne et à l'hiver avec la collaboration de divers services et unités facultaires, sont les activités de recrutement les plus accaparantes de l'année au niveau logistique. «J'adore organiser cet événement qui mobilise plus de 300 personnes de l'UQAM et qui attire des milliers de visiteurs chaque fois», affirme Sophie Bonin. Sa formation en sociologie, estime-t-elle, lui est toujours utile. «Il faut être ouvert sur le monde et capable d'analyser les grandes tendances, explique-t-elle. Par exemple, il y a souvent des liens à faire entre l'actualité, les nouvelles économiques, les secteurs d'avenir et les perspectives d'emploi. C'est un aspect qui intéresse les candidats.»

Lors des Portes ouvertes, les intervenants mobilisés rencontrent non seulement des jeunes du secondaire et du collégial, mais aussi des adultes effectuant un retour aux études et des nouveaux arrivants. «Ces derniers sont particulièrement touchants, dit-elle. Ils ont occupé de bons emplois dans leur pays mais ils doivent recommencer leurs études, en tout ou en partie, afin de dénicher un travail ici et d’assurer l'avenir de leurs enfants. Cela force le respect.»

Les missions à l'étranger

Au cours des 20 dernières années, Sophie Bonin a participé à des missions de recrutement dans les principales villes universitaires de France: Paris, Lyon, Lille, Bordeaux, Montpellier, Strasbourg et Toulouse. Elle est aussi allée au Maroc, en Tunisie, au Brésil, en Martinique et en Guadeloupe.« J'ai vite réalisé qu'une mission de recrutement à l'étranger n'est pas de tout repos, témoigne-t-elle. On enchaîne les salons et les événements pour rencontrer le plus de candidats possible, des centaines par jour. Et contrairement aux cégépiens québécois, qui veulent surtout des informations sur les programmes d'études, les candidats étrangers posent en plus des questions sur Montréal, sur le fonctionnement de l'université, sur l'hébergement, les frais de scolarité, les bourses d'études... Il faut être prête à répondre à tout!»

Sophie Bonin constate à quel point la perception de l'Université s'est modifiée au fil des ans. «À Paris, au début des années 2000, il fallait expliquer où se trouvait l'UQAM et la distinguer des autres universités montréalaises. On partait de zéro. Ce n'est plus le cas aujourd'hui, car plusieurs milliers d'étudiants français sont venus étudier au sein de notre institution.»

Les étudiants étrangers qui obtiennent un diplôme de l'UQAM, observe-t-elle, deviennent souvent les meilleurs ambassadeurs. «Il n'est pas rare que l'on rencontre des candidats qui nous disent qu'un ami, une sœur ou un cousin leur a chaudement recommandé l'UQAM.»

Le travail de la conseillère en recrutement étudiant ne s'arrête pas à l'instant où un candidat ou une candidate dépose sa demande d'admission. «Nous assurons depuis de nombreuses années un suivi personnalisé auprès des candidats admis au premier et au deuxième cycle afin de les inciter à s'inscrire, note-t-elle. Pour cela, nous embauchons et formons des étudiants ambassadeurs qui les appellent afin de partager avec eux ce qu'ils apprécient de leur programme.»

Le recrutement en temps de COVID-19

Pandémie oblige, la plupart des activités de recrutement auront lieu en ligne cet automne. «Nous proposerons aux cégépiens un événement virtuel durant lequel ils pourront obtenir les informations qu'ils souhaitent de la part de toutes les universités participant habituellement à la tournée», mentionne Sophie Bonin.

Les Portes ouvertes de l'automne seront, elles aussi, virtuelles. «Nous avons effectué des tests en juin dernier avec la plateforme Zoom et ça fonctionnait bien. Les visiteurs pourront choisir les stands qu'ils souhaitent visiter et ils pourront obtenir une rencontre personnalisé et/ou assister à des conférences sur différents sujets.» L'événement aura lieu les 22, 23 et 24 octobre prochains.

L'accueil des conseillers d'orientation et des conseillers en information scolaire et professionnelle, qui n'a pu avoir lieu en mai dernier, prendra la forme d'un webinaire en décembre. Le suivi personnalisé auprès des candidats admis a également eu lieu à distance.

Au cours des dernières années, Sophie Bonin a effectué des remplacements temporaires à titre de coordonnatrice à la Faculté des arts, à la Faculté des sciences et à la Faculté de science politique et de droit. Elle est de retour au Bureau du recrutement depuis la fin de l'automne dernier. «L’avènement des réseaux sociaux a modifié nos façons de faire, observe-t-elle. Deux de mes collègues sont dédiées aux stratégies web et nous nous relayons toutes pour répondre aux questions qui nous sont adressées sur la page Facebook Futurs étudiants de l’UQAM

Le droit de se tromper

L'un des aspects que la conseillère aborde souvent avec les jeunes candidats est la crainte de ne pas choisir le bon programme d'études. «Mon rôle est de les rassurer: ils ont le droit d'essayer un programme et de bifurquer en cours de route. Ce n'est jamais perdu d'acquérir des notions dans un domaine différent de celui qu’on adoptera finalement», souligne-t-elle.

D'ailleurs, cet automne, l'aînée de Sophie Bonin (qui a également des jumeaux, garçon et fille, étudiants au cégep) change de programme et amorce un bac en design graphique. «Je ne l'ai pas du tout influencée dans son choix d'université, précise en riant sa maman. Elle aime l'UQAM et s'y sent bien. Tout comme moi!»

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