Le design graphique au 21e siècle

Une journée d’étude nourrira la réflexion sur l’avenir de cette discipline.

24 Janvier 2020 à 17H27

Qu’est-ce que le design graphique aujourd’hui? Quelle est sa contribution à la société? Comment faut-il l’enseigner? Ces questions seront discutées à l’occasion d’une journée d’étude ayant pour thème «Le design graphique au XXIe siècle: étudier, créer, agir», qui se déroulera au pavillon Sherbrooke (SH-4800), le 29 janvier prochain. Plus de 300 personnes – chercheurs, étudiants, designers professionnels – sont attendues.

Organisée par le professeur de l’École de design Stéphane Vial et la chargée de cours Louise Paradis, la journée accueillera une vingtaine d’intervenants du Canada, de France, d’Allemagne et des États-Unis. «Il s’agit d’enseignants du secondaire et du collégial, de professeurs et d’étudiants des cycles supérieurs impliqués dans la recherche en design graphique ainsi que de designers professionnels, dont certains se trouvent à la tête d’agences renommées, précise Stéphane Vial. Ils exposeront leurs idées sur les pratiques créatives actuelles, sur l’avenir du design graphique ainsi que sur son rôle face aux nouveaux enjeux sociétaux et environnementaux.»

Le design graphique se retrouve aujourd’hui dans des champs de pratique diversifiés, tels que l’identité de marque, la typographie, l’édition, l’illustration, la publicité, la signalétique, l’emballage et le multimédia. Quant à ses moyens d’expression, ils sont tout aussi variés: logos, affiches, polices de caractères, mises en page, illustrations, animations, photographies, etc.

Revoir la formation  

La journée d’étude permettra d’alimenter la réflexion sur l’évaluation du programme de baccalauréat en design graphique, lequel forme des concepteurs spécialisés en communication visuelle. Lancé en 2019, le processus d’évaluation doit conduire à une réforme majeure du programme d’ici deux ans.

«Il est important de conserver l’identité historique du programme, dit le professeur. Sa force, depuis sa création en 1974, a toujours été la création et l’innovation. Au fil des ans, il a su s’imposer comme une référence et a permis à plusieurs générations de diplômés de se démarquer sur la scène québécoise et internationale, et d’occuper des postes importants dans diverses agences de design.»

Cela dit, le monde change et les disciplines du design aussi, note Stéphane Vial. Le design graphique en ce début du 21e siècle est bien différent de celui qui est né et a grandi au 20e siècle. Dans les années 1970 et 1980, la micro-informatique et les premières interfaces graphiques ont bouleversé la conception graphique. Puis, l’expansion du web, au cours des décennies 1990 et 2000, a transformé la production et la consommation des messages.

«Le design graphique est en voie de se réinventer, ici et ailleurs, dans un monde marqué par la révolution numérique et des bouleversements sociétaux et environnementaux, souligne le professeur. Si les nouvelles technologies numériques inspirent des démarches créatives inédites, elles engendrent aussi des risques –  protection de la vie privée, surconsommation d’énergie. La révision du programme devra tenir compte de ces réalités.»  

Entre arts visuels et communication

Selon Stéphane Vial, le design graphique se situe entre les arts visuels, d’un côté, et la communication de messages spécifiques, de l’autre. «Aux États-Unis, par exemple, les programmes de certaines écoles de design graphique portent désormais le nom de communication design. Par ailleurs, on observe la création de passerelles entre le design graphique et différentes disciplines des sciences humaines et sociales, voire l’ingénierie et l’informatique. Dans ce nouveau contexte, le rôle et la nature du design graphique doivent être analysés et débattus.»

La journée d’étude se terminera par un cocktail au Centre de design, où se tient actuellement l’exposition Le design graphique, ça bouge !, qui propose un panorama du design graphique québécois à travers les réalisations d’une cinquantaine de ses meilleures agences.

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