Une rencontre au campus de Laval

La rectrice Magda Fusaro et des chercheurs de l’UQAM échangent avec des membres de la communauté lavalloise.

28 Janvier 2020 à 15H46

La rectrice Magda Fusaro et des chercheurs de l’UQAM échangent avec des membres de la communauté lavalloise.
Photo :Nathalie St-Pierre

Une cinquantaine de membres de la communauté lavalloise ont répondu à l’invitation de la rectrice Magda Fusaro, qui avait organisé un petit-déjeuner-causerie, le 23 janvier dernier, au campus de Laval. Représentants de la communauté d’affaires, d’organismes de développement et de services sociaux, du monde de l’éducation et de la sphère politique étaient venus rencontrer une brochette d’experts de l’UQAM pour partager intérêts et visions d’avenir. Animée par Magda Fusaro, la rencontre s’est tenue en présence, notamment, du maire de Laval, Marc Demers, du directeur général du Collège Montmorency, Olivier Simard, du député fédéral de La Prairie et leader à la Chambre du Bloc québécois, Alain Therrien, du directeur général de la Société de transport de Laval (STL), Guy Picard, et de la présidente de la Commission scolaire de Laval, Louise Lortie.

«J’aimerais connaître vos projets, vos rêves, vos besoins et j’aimerais vous présenter les nôtres, ceci afin de pouvoir imaginer ensemble de nouveaux horizons de travail, a déclaré la rectrice en introduction à sa présentation. Vous êtes performants. Nous sommes innovants. Cette complémentarité devrait appeler à une intensification de notre collaboration toute naturelle.»

Sept expertises, sept moteurs de collaboration

Avant d’engager le dialogue, la rectrice a présenté une vidéo du 50e anniversaire de l’UQAM et donné un aperçu de sept expertises qui pourront être des moteurs de collaboration entre les membres de la communauté lavalloise et les chercheurs uqamiens: l’entrepreneuriat, la gestion publique et la gouvernance, l’environnement, l’urbanisme, la santé communautaire, les arts et la culture, la diversité et l’inclusion.

«À titre de rectrice, mais aussi de chercheuse spécialiste des usages sociaux et de l’appropriation des technologies de l’information, je prends chaque jour la pleine mesure des bouleversements qui transforment le rapport des individus aux organisations, aux communautés et au travail, a souligné Magda Fusaro. Je crois que nous assistons vraiment à une transformation de nos environnements. Il est impératif que nous en soyons pleinement acteurs et que nous ne laissions pas les autres nous imposer un rythme, voire nous définir. C’est à nous, en tant qu’organisations faisant partie de cet écosystème, de définir dans quel univers nous souhaitons évoluer.»

L’UQAM a récemment renforcé sa présence à Laval, a rappelé la rectrice. Installée depuis septembre dernier au quatrième étage du Pavillon Guy-Rocher du Collège Montmorency, l’Université y offre plusieurs programmes de premier et deuxième cycles axés sur l’innovation et la gestion, dont le MBA pour cadres de l’École des sciences de la gestion. La présence de l’UQAM à Laval date cependant de bien plus longtemps puisque l’Université y offre des formations depuis 40 ans. Des collaborations existent aussi déjà avec des acteurs lavallois comme le Pôle régional d'innovation Laval Innov, le Centre d'incubation et d'accélération en mobilité intelligente (CIAMIL) et le Service du développement économique de la Ville de Laval.

Miser sur l’innovation

Insistant sur l’importance de l’innovation, la rectrice a mentionné que l’UQAM avait été l’un des trois organisateurs du Sommet sur l’innovation de 2018, qui s’est conclu par le dévoilement d'une déclaration sur l'entrepreneuriat social. Elle a également multiplié les exemples d’initiatives uqamiennes liées à l’innovation dans tous les domaines, que ce soit l’incubateur de jeunes pousses en tourisme, culture et divertissement MT Lab, le Laboratoire sur l’agriculture urbaine AU/LAB, les projections architecturales réalisées avec l’École des médias et l’École de design, la chaire In.SITU Innovations en stratégies intégrées transport-urbanisme ou le développement de pratiques innovantes en art, culture et mieux-être.

Citant la vision stratégique Laval 2035: Urbaine de nature («une délicieuse expression»), Magda Fusaro a repris l’idée que l’avenir de Laval repose sur le maintien de l’équilibre entre son dynamisme urbain et la conservation et la mise en valeur de ses milieux naturels. «Un défi comme celui-là semble taillé sur mesure pour l’UQAM, a dit la rectrice. Imaginez le terrain pour nos étudiants : 250 kilomètres de cours d’eau intérieurs, 1200 hectares de milieux humides naturels, deux réserves naturelles, tout cela traversé par des infrastructures et un réseau routier modernes, un métro, un cégep, des institutions solides et six bâtiments classés.»

Faisant référence aux objectifs de la Ville de Laval sur les questions d’inclusion, de diversité, d’amélioration du vivre-ensemble et de réduction des inégalités, la rectrice a souligné l’engagement de l’UQAM envers ces valeurs et le rôle que l’Université a joué sur le terrain pour faire émerger des initiatives telles que les CPE, le programme de prévention en santé mentale Zenétudes, qui s’attaque à la dépression et l’anxiété chez les jeunes, ou ses différentes cliniques de services aux citoyens.

«J’ai la conviction qu’ensemble nous pouvons relever les défis qu’exige l’essor d’une grande ville moderne qui désire se déployer dans le respect de son environnement et de ses citoyens», a affirmé Magda Fusaro avant de céder la parole à l’assistance. 

Des échanges porteurs

De nombreux invités de la communauté lavalloise ont exprimé leur désir de collaborer avec l’UQAM. Parmi eux, Guy Picard, de la STL, a évoqué la perspective d’un nouveau centre de recherche en transport collectif dont la STL pourrait se voir confier les rênes et invité les chercheurs intéressés à se manifester. «Il serait intéressant de regarder comment on peut faire coïncider vos intérêts de recherche avec nos projets», a déclaré le directeur général de la STL.

La professeure du Département de management et technologie Ana Maria Anaya-Arenas, spécialisée en logistique des transports, et la professeure du Département d’études urbaines et touristiques Florence Paulhiac, titulaire de la Chaire In.SITU, ont toutes deux saisi l’occasion de faire valoir les expertises uqamiennes dans ce domaine et leur intérêt pour d’éventuelles collaborations. «Nous aimons travailler sur des projets de recherche qui ont des retombées concrètes», a souligné Ana Maria Anaya-Arenas. Quant à Florence Paulhiac, elle a insisté sur le caractère partenarial de la Chaire In.SITU, dont le renouvellement en cours s’inscrit dans le cadre plus large de la ville intelligente. «Nos intérêts sont en prise avec les réalités du terrain, tant en ce qui concerne les enjeux de coordination, de gouvernance, de stratégies d’aménagement ou de mobilité durable, a-t-elle mentionné. Nous sommes ouverts à travailler avec tous les acteurs qui souhaitent réfléchir à ces questions.»

Guy Garand, directeur général du Conseil régional de l’environnement de Laval, a mentionné des collaborations menées depuis 2005 avec le professeur du Département de géographie Yves Baudouin, spécialiste de la géomatique et de la réduction des îlots de chaleur, qui ont mené à de nombreux projets de reboisement, ainsi qu’avec la professeure du Département des sciences biologiques Béatrix Beisner sur les ruisseaux et cours d’eau du territoire.

Parmi les experts de l’UQAM qui ont manifesté leur intérêt pour des projets de maillage avec Laval, le professeur du Département des sciences biologiques Alain Paquette, dont les recherches portent sur les milieux boisés, a mentionné qu’il travaillait avec la Commission scolaire sur les enjeux de santé liés à la température dans les cours d’école. Le professeur du Département de stratégie, responsabilité sociale et environnementale Mark Purdon a parlé de divers projets auxquels il participe sur la gouvernance des transports et les politiques de mobilité de plusieurs villes en Amérique du Nord.

La présidente-directrice générale de Tourisme Laval, Geneviève Roy, a tenu à remercier l’UQAM pour tout ce qu’elle fait en matière de développement du tourisme et a souligné les liens qui existent déjà entre Laval et le MT Lab. «Il y a des projets de start-up qui sont en train de s’incarner à Laval, a-t-elle signalé. Le milieu touristique connaît une croissance fulgurante. Cela soulève des enjeux qui sont autant d’occasions de collaboration.»

Travailler ensemble

Nadine Bernard, directrice du Bureau du développement du centre-ville de la Ville de Laval, est revenue sur la nécessité de la réflexion en commun. «J’entends des gens passionnants de toutes sortes de domaines, a-t-elle dit. Mon souhait est que l’on puisse travailler ensemble.» La rectrice a répondu que «c’est l’un des grands succès de l’UQAM de former des équipes multidisciplinaires, de mettre en commun des expertises n’ayant, a priori, rien de compatible, et qui, pourtant, trouvent un terrain de collaboration formidable».

Dans le même esprit, la vice-rectrice à la Recherche, à la création et à la diffusion, Catherine Mounier, a fait valoir l’approche particulière de l’UQAM vis-à-vis de ses partenaires. «La co-construction des projets de recherche, c’est notre marque de commerce, a-t-elle indiqué. Il s’agit non seulement de mener des projets de recherche en réponse aux besoins du milieu, mais aussi en apprenant de nos partenaires.»

Le président du conseil d’administration de Laval Innov, Bernard Pitre, a demandé à la rectrice comment elle envisageait la présence de l’Université à Laval en 2030. «L’UQAM a marqué le Québec moderne, notamment en défrichant de nouveaux champs du savoir, a répondu Magda Fusaro. Nous voulons garder cet esprit avant-gardiste, mais aussi notre accessibilité. Nous voulons arrimer nos formations avec les besoins du milieu et développer de nouvelles formes de recherche. L’UQAM a été un levier de changement dans le passé, elle veut continuer de l’être.»

Tout au long des échanges, plusieurs personnes ont émis le souhait d’approfondir les discussions entamées au cours de l’événement. De son côté, la rectrice a souligné la réceptivité et l’ouverture du milieu lavallois. «Cela augure très bien pour la suite de nos collaborations», a-t-elle conclu.  

Pour toute information sur l’UQAM à Laval :  aucoeurdelaval@uqam.ca

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