Des employés en meilleure forme

Diminution du tour de taille, amélioration de la force et de l'équilibre et hausse de la motivation font partie des bienfaits d'un programme d'entraînement.

21 Septembre 2020 à 11H03, mis à jour le 21 Septembre 2020 à 11H45

Diminution du tour de taille, amélioration de la force et de l'équilibre et hausse de la motivation font partie des bienfaits d'un programme d'entraînement.
Photo :Nathalie St-Pierre

Diminution du tour de taille, augmentation de la force des jambes et du haut du corps, meilleur équilibre et contrôle postural, hausse de la motivation: tels sont les principaux bienfaits d’une étude à laquelle ont participé, avant la pandémie, une vingtaine de membres du personnel de la Faculté des sciences – 13 femmes et 7 hommes âgés de 46 ans en moyenne.

Le programme d’entraînement suivi durant l’étude a été conçu par les professeurs du Département des sciences de l’activité physique Mariève Blanchet, Réjean Dubuc et Paquito Bernard, et par le doctorant Vincent Marcangeli (M.Sc. sciences de l’activité physique, 2018), tous trois affiliés au Groupe de recherche en activité physique adaptée (GRAPA). L’encadrement des groupes, l’animation des activités et le recrutement des participants ont été effectués par les étudiantes au baccalauréat d’intervention en activité physique Marie-Anne Landry-Duval, Valérie Roy-Dionne et Déa Haddad. Les chercheurs souhaitaient diffuser les conclusions de leur étude au printemps, mais la pandémie a ralenti l’analyse des résultats.

De sédentaires à actifs

Les participants se sont entraînés deux fois par semaine, durant 11 semaines, à l’heure du dîner. Une séance avait lieu dans un laboratoire d’entraînement du Département des sciences de l’activité physique, équipé d’appareils de musculation et de cardio. L’autre séance se tenait en plein air ou dans une salle de classe. «Nous voulions montrer qu’il est possible de s’entraîner avec très peu de matériel: des élastiques, le poids du corps, des chaises pour faire des squats», explique Vincent Marcangeli. Les participants tenaient un journal de bord dans lequel ils mesuraient leur progrès et notaient des idées d’activités à intégrer au quotidien.

Pour être admissibles au programme, les employés devaient avoir un mode de vie sédentaire. Selon Santé Canada, une personne est considérée sédentaire si elle pratique moins de 150 minutes d’activité physique par semaine. «Plus de 8 Canadiens sur 10 n’atteignent pas ces recommandations, précise Mariève Blanchet. Les conséquences de la sédentarité sont pourtant bien connues: diabète, troubles cardiovasculaires, obésité, troubles métaboliques, cholestérol, prédisposition à des maladies cognitives comme l’alzheimer.»

Après 11 semaines d’entraînement, le tour de taille des participants a diminué en moyenne de 3,8 centimètres. Une amélioration significative de la force des jambes et du haut du corps a été observée: la charge maximale a augmenté de 39 livres à l’exercice du développé des jambes (leg press) et de 10 livres au développé couché (bench press).

Des progrès ont aussi été réalisés sur le plan du contrôle postural et de l’équilibre. Enfin, la motivation à l’entraînement s’est accrue au cours de la période. «Au départ, les motivations des participants étaient principalement extrinsèques: perdre du poids, par exemple, ou faire plaisir à leur conjoint, mentionne Mariève Blanchet. À la fin, on observait de plus en plus de motivations intrinsèques, c’est-à-dire qu’ils s’entraînaient par plaisir. Certains ont même commencé à former des groupes d’activité physique au sein de leur département!» 

«Je ne me suis jamais senti aussi en forme», a confié Gaspard Skoda, secrétaire de direction au Département des sciences de la Terre et de l’atmosphère, lors d’une séance tenue en décembre dernier. Quant à Jill Vandermeerschen, agente de recherche au Département de mathématiques, elle constatait que «s’entraîner à l’heure du dîner donne un regain d’énergie pour retourner au travail l’après-midi».

Selon Mariève Blanchet, l’originalité du programme réside dans le fait qu’il est fondé sur l’autodétermination. «Nous avons laissé une certaine autonomie aux participants dans le choix de l’exercice, de la musique, de leur lieu d’entraînement. Des actions ont aussi été effectuées pour renforcer l’esprit de groupe et le sentiment de compétence des participants.»

Bouger en télétravail

Les entraînements en groupe sont désormais plus difficiles à réaliser, et la pandémie a modifié les habitudes d’un grand nombre de membres du personnel de l’UQAM, désormais en télétravail. Ce nouveau mode de vie peut potentiellement constituer un risque, par exemple mener une personne qui était active au bureau à devenir sédentaire à la maison. «Ça peut sembler anodin, mais monter les escaliers, aller à la machine à café ou courir après un autobus aident à garder la forme, mentionne Mariève Blanchet. Si on ne fait plus ces petits gestes au quotidien, il faut trouver des alternatives.»

La professeure recommande aux employés en télétravail d’intégrer des habitudes actives à leur routine. «Par exemple, on peut se lever avant ou après une réunion virtuelle, ou encore changer de position durant la réunion, dit-elle. On peut aussi mettre une alarme qui sonne toutes les heures pour faire une courte pause active. S’obliger à sortir dehors à l’heure du dîner ou monter les escaliers de notre domicile quelques fois par jour sont d’autres habitudes qui peuvent facilement être adoptées.»

PARTAGER
COMMENTAIRES 2 COMMENTAIRES

Commentaires

Bonjour, La salle de gym est elle accessible pour les étudiants? Je suis étudiante à l’UQAM. Si oui, peut on bénéficier du programme d’entraînement? Merci
Bonjour, merci pour votre intérêt. Malheureusement le laboratoire d'entraînement est un espace du Département des sciences de l'activité physique qui est réservé pour des projets de recherche des chercheurs (professeurs et étudiants de cycles supérieurs) du Département. Le laboratoire est aussi réservé pour certains cours du baccalauréat d'intervention en activité physique. De plus, il est actuellement fermé en ce moment à cause de la pandémie. Cependant, il existe une salle d'entraînement au Centre sportif de l'UQAM (1212 rue Sanguinet) qui est ouverte en ce moment et est disponible pour les étudiants. Néanmoins, à certains moments, les chercheurs recrutent des étudiants pour faire partie des projets de recherche, mais ceux-ci sont en arrêt à cause de la pandémie. Si vous êtes intéressée par cela, vous pouvez me communiquer vos coordonnées à mon adresse courriel : vincentmarcangeli@gmail.com et je transmettrai vos informations (recrutement indirect) à des chercheurs qui font des projets avec des étudiantes.