Entomologistes d'un jour

Chasse aux insectes et identification de spécimens vivants font partie d'une activité organisée par le Cœur des sciences.

29 Juillet 2020 à 16H12

Paula Cabrera analyse le contenu d'un récipient. Le père et son fils ont capturé un bourdon.
Photo :Nathalie St-Pierre

Indésirables, nuisibles, dégoûtants… les humains dressent un portrait peu reluisant des insectes, alors qu’ils rendent de grands services à l’humanité. «Les insectes pollinisateurs, comme les abeilles et les bourdons, veillent au bon fonctionnement de la planète en assurant la pollinisation des espèces végétales, dont un très grand nombre sont essentielles à notre alimentation», illustre l’entomologiste et chercheuse Paula Cabrera (Ph.D. sciences de l’environnement, 2018). À la base de la chaîne alimentaire, les insectes sont une source de nourriture pour les oiseaux, amphibiens, reptiles et autres petits mammifères, poursuit celle qui anime, en cette chaude matinée du mois de juillet, une balade scientifique ayant pour objectif de se familiariser avec le monde des insectes tout en les observant en milieu naturel. Organisée par le Cœur des sciences, l’activité «Entomologiste d’un jour» s’adresse aux curieux et autres amoureux de la nature. D’une durée de deux heures, la promenade se déroule dans le décor enchanteur du parc Angrignon, lequel renferme environ une trentaine d’espèces d’insectes

Chasse aux insectes

Les récipients sont dotés de petits trous pour laisser respirer les insectes et les couvercles sont munis d'une loupe pour mieux les observer.Photo: Nathalie St-Pierre

Démonstration à l’appui, l’entomologiste présente une foule d’accessoires pour capturer les insectes afin de les observer de plus près: filet à papillons, toile, pinces, épuisettes et récipients. Pandémie oblige, une bouteille de désinfectant et des lingettes nettoyantes sont laissées à la disposition des participants dans le but de nettoyer le matériel entre chaque utilisation. Pour minimiser les échanges, un récipient, dans lequel sont déposées les petites bêtes, est remis à chaque participant. «Pour trouver les insectes, il suffit de regarder sous les feuilles, les troncs d’arbre en décomposition et les pierres», suggère Paula Cabrera, qui est aussi agente de recherche au Laboratoire de lutte biologique de l’UQAM.

Les participants se dispersent autour du lac. Une jeune femme frappe les feuilles d’un arbre avec un morceau de bois afin de faire tomber les insectes sur une toile pendant qu’un homme, accroupi sur le bord de l’eau, essaie d’attraper un insecte en utilisant un petit filet de pêche. Un attroupement se forme près d’un tronc d’arbre où sont agrippées des chrysalides. Un garçon regarde le fruit de sa cueillette au moyen de la loupe grossissante du récipient. «Tu as vu le bourdon?, lui demande l’entomologiste. Il y a du pollen sur ses pattes!». Un cloporte, des larves de coléoptères et une punaise complètent l’échantillon d’insectes récoltés par le petit et son père. «Est-ce une punaise de lit?», s’inquiète l’enfant. «Non, heureusement!», le rassure Paula Cabrera. 

Les insectes sont souvent cachés sous les troncs d'arbres morts. Ici, des oeufs de fourmis. Photo: Nathalie St-Pierre

L’entomologiste invite les participants à se diriger vers un secteur boisé du parc Angrignon pour observer d’autres types d’insectes. «Les insectes de la forêt se nourrissent de la matière en décomposition, explique-t-elle. Ils contribuent ainsi à la dégradation de la matière organique morte.»

Capturé par un participant, un carabe se débat et essaie de s’échapper. «C’est un insecte prédateur qui a l’habitude de courir très vite pour attraper ses proies, dit Paula Cabrera. Il se promène sous les feuilles mortes et la litière forestière.» Une jolie chenille orangée et une araignée figurent au nombre des insectes recensés ce jour-là.  

L’activité prend fin alors que l'animatrice rappelle aux participants de libérer les insectes avant de remettre le matériel.

Les ateliers «Entomologiste d’un jour» sont complets pour l’été, mais d’autres dates devraient s’ajouter à l’automne. Il suffit de surveiller le site du Cœur des sciences.

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