Équité, diversité et inclusion

Un nouveau Plan d’action vise à faire une plus large place aux groupes sous-représentés au sein des Chaires de recherche du Canada à l’UQAM.

15 Décembre 2020 à 15H03

Le Plan mentionne que l’Université s’engage à octroyer, en priorité, ses CRC disponibles à des personnes issues des groupes sous-représentés. Photo: Getty images

L’engagement de l’UQAM envers l’équité, la diversité et l’inclusion (EDI) ne date pas d’hier. Parmi les nouvelles initiatives adoptées récemment, l’Université a déposé, le 30 novembre dernier, son Plan d’action 2020-2024 en matière d’EDI pour les Chaires de recherche du Canada. Prenant appui sur une vaste collecte de données et des consultations réalisées auprès de la communauté, ce Plan d’action vise à faire une plus large place aux groupes sous-représentés (femmes, minorités visibles, autochtones, personnes handicapées, membres de la communauté LGBTQ2+) au sein des Chaires de recherche du Canada à l’UQAM.

Pour atteindre cet objectif, les actions qui seront déployées en 2021 et dans les années suivantes s’appuient sur des changements concrets, structurels et durables en matière de gouvernance, de gestion des ressources humaines, de développement organisationnel, de formation, de sensibilisation et de communication.

«La portée de ce plan ambitieux s’étend donc bien au-delà des équipes de recherche et touche l’ensemble des membres de la communauté universitaire. Il constitue un levier solide pour mettre l’EDI au centre de notre milieu de vie», écrivent les vice-recteurs Christian Agbobli (Recherche, création et diffusion), Louis Baron (Développement humain et organisationnel) et Jean-Christian Pleau (Vie académique) dans un message faisant état de diverses initiatives de l’UQAM en matière d’EDI récemment envoyé à la communauté universitaire.

Le Plan mentionne que l’Université s’engage à octroyer, en priorité, ses CRC disponibles à des personnes issues des groupes sous-représentés. L’UQAM s’engage également à intervenir pour mieux baliser chacune des étapes du processus d’embauche du personnel enseignant ainsi que la poursuite de leur carrière dans un environnement inclusif. 

Le Plan d’action de l’UQAM s’inscrit dans la foulée du plan global en équité, diversité et inclusion adopté en mai 2017 par le Programme des chaires de recherche du Canada (PCRC), qui encourageait les établissements universitaires disposant de CRC à préparer leur propre plan d’action. 

Visant à se rapprocher des pratiques exemplaires en matière d’inclusivité, l’UQAM a ajouté une cinquième catégorie de population visée par le plan, soit la communauté LGBTQ2+. En effet, en signant la Charte Dimensions, en août 2019, l’UQAM a reconnu que la communauté LGBTQ2+ peut également faire face à des obstacles discriminatoires.

«Pour que les actions puissent se répercuter aux titulaires de Chaires de recherche du Canada (CRC) et au processus d’attribution des CRC, l’Université reconnaît devoir agir au niveau institutionnel, précise Christian Agbobli. Afin que les titulaires de CRC soient un reflet de la diversité présente dans notre société, le bassin de recrutement des titulaires CRC – le corps professoral – doit aussi être diversifié de même que la communauté étudiante. Parmi les étudiantes et étudiants se trouvent les professeures et professeurs de demain.»

«Nous entamons dès à présent et pour les prochaines années un travail de fond qui nécessite la participation de nous toutes et tous: les membres du personnel enseignant, les employées et employés de soutien et à l’administration, les cadres, les étudiantes et étudiants. Il est temps de reconnaître les avantages de la diversité, de la valoriser et de la favoriser et de s’assurer que toutes les personnes de la communauté uqamienne se sentent incluses et expriment leur plein potentiel au sein de notre Université», ajoute Louis Baron.

Le professeur de l’École des médias Mouloud Boukala, membre du comité aviseur formé en vue de la rédaction du Plan d’action, croit que la force de ce plan réside non seulement dans les engagements de l’UQAM et les actions à mener, mais également dans les nombreuses interrogations qu’il soulève. «Pour quelles raisons les personnes issues des minorités visibles, les Autochtones et les personnes en situation de handicap ne sont pas incluses au même titre que les femmes au sein des articles de la convention collective des professeures et professeurs et des politiques spécifiques à l’accès à l’égalité en emploi?, demande-t-il. Pourquoi les comités d’embauche ne comptent-ils pas systématiquement des professeures, professeurs issus de la diversité? Les critères usuels du milieu académique et la notion d’excellence permettent-ils de prendre en compte la diversité des parcours et la singularité des candidates et candidats?»

Parmi les autres membres du comité aviseur, sa collègue Dia Dabby, professeure au Département des sciences juridiques, salue le travail accompli. «Le rapport pose un regard franc, pédagogique et constructif sur la suite et mise en œuvre continue des CRC-EDI à l’UQAM, affirme-t-elle. Le contexte social de l’institution est reflété dans ce rapport et aborde de front les enjeux structurels liés à l’embauche, la rétention et l’épanouissement dans le corps professoral et à l’UQAM au sens plus large. Ce rapport offre une cartographie intéressante des éléments structurants de la diversité présente et à prévoir à l’UQAM.»

La doyenne par intérim de la Faculté des arts, Johanne Lalonde, et la vice-doyenne à la recherche, Barbara Clausen, appuient le nouveau Plan d’action. «Nous voyons d’un très bon œil les cibles de représentation visées pour 2029, qui permettront une répartition plus équitable des Chaires de recherche à l’UQAM. Il nous paraît tout aussi essentiel de réviser la Politique institutionnelle portant sur l’accès à l’emploi afin de s’assurer que les personnes issues de communautés autochtones, racisées ou en situation de handicap se sentent interpellées par notre institution.»

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