Entre hyperréalisme et abstraction

La Galerie Nicolas Robert accueille les œuvres de deux finissantes à la maîtrise en arts visuels et médiatiques.

14 Janvier 2020 à 15H38

La Galerie Nicolas Robert accueille les œuvres des finissantes à la maîtrise en arts visuels et médiatiques Maude Corriveau et Élise Lafontaine. Sur la photo, Corps flottant, oeuvre de Maude Corriveau.
Photo :Jean-Michael Seminaro

La Galerie Nicolas Robert, à Montréal, présente les œuvres de Maude Corriveau et d'Élise Lafontaine, toutes deux finissantes à la maîtrise en arts visuels et médiatiques.

Dans l’exposition À l'absence du corps répond la présence de sa projection, Maude Corriveau explore l’action de la lumière sur la matière au moyen de dessins hyperréalistes et à l’aide de différents dispositifs d’éclairage et de manipulations protéiformes. Par la photographie numérique, elle transfigure ces matérialités réfléchissantes et diaphanes de manière à exacerber leurs ombres et leurs reflets spéculaires. Avec l’utilisation récurrente du pastel sec travaillé par frottement de pigments, son travail en vient à évacuer l’objet au profit de sa projection. La finissante interroge également les notions de réalité et de simulacre qui constituent des enjeux importants à l’heure des réseaux sociaux et de la désinformation. Ses œuvres jouent sur la frontière du vrai et du faux, du plein et du vide, de la présence et de l’absence, du naturel et de l’artificiel.

Dans l’autre exposition, Sa robe est une voûte, Élise Lafontaine figure en langage abstrait les effets de volumes et de lumières de l’abbaye de Saint-Maurice, en Suisse. L’architecture fascinante des coupoles, encorbellements et autres techniques employées au Moyen-Âge lui inspire un jeu dans lequel le dôme ne crée plus l’illusion du réel – celle d’un ciel au-dessus de nos têtes – mais devient une abstraction géométrique. Sans plan ni tracé, elle peint les courbes à main levée, dessine des arabesques qui flottent dans le vide. Tout a l’air délavé et évanescent. Dans ses plis et ses teintes, la voûte céleste que l’homme rêvait d’imiter en bâtissant des cathédrales se métamorphose en peau. Cette conception anthropomorphique de l’architecture cède alors la place aux asymétries subtiles, aux imperfections quasi invisibles. Par un détournement de l’équilibre entre lignes, textures et lumières, sa série de tableaux révèle une nouvelle appréhension de ces lieux spirituels.

La Galerie Nicolas Robert, située sur la rue King à Montréal, est ouverte du mercredi au samedi, de 11 h à 17 h. Les expositions sont présentées jusqu’au 25 janvier.

PARTAGER
COMMENTAIRES 0 COMMENTAIRE