Fracture numérique chez les jeunes

Une étude révèle la disparité des moyens technologiques chez les jeunes du Québec.

29 Mai 2020 à 9H43

Un jeune sur deux a un ordinateur portable, tandis que 83 % des filles et 72 % des garçons ont un téléphone cellulaire, révèle l'étude du Printemps numérique.Photo: Getty Images

Avec la pandémie de COVID-19 qui oblige des milliers de jeunes à recevoir leur éducation à distance, la question de l’équité numérique se pose plus que jamais. C’est dans ce contexte que l’organisme Le Printemps numérique a dévoilé les résultats de sa plus récente étude. «Cet état des lieux favorisera la compréhension des inégalités des usages numériques chez les jeunes et permettra de jeter les bases d’une concertation autour d’une éducation numérique inclusive», affirme la postdoctorante Amina Yagoubi (Ph.D. sociologie, 2015), qui a mené cette étude en collaboration avec la Chaire de recherche du Canada sur l’équité numérique en éducation, dirigée par le professeur du Département de didactique Simon Collin.

Intitulée «Cultures et inégalités numériques. Usages numériques des jeunes au Québec», l’étude s’appuie sur les résultats d’une enquête sociologique qui s’est échelonnée sur plusieurs mois et qui a été menée dans le cadre d’événements organisés auprès de jeunes de 14 à 29 ans destinés à leur faire découvrir les nouvelles technologies. Des jeunes de six régions québécoises y ont participé.

Équipements numériques

Les résultats indiquent que plus le niveau d’étude des parents est élevé, plus les jeunes possèdent des équipements numériques. Un jeune sur deux a un ordinateur portable, tandis que 83 % des filles et 72 % des garçons ont un téléphone cellulaire. Les garçons sont 62 % à posséder une console de jeux vidéo contre 27 % des filles. Ils sont seulement 4 %, mais certains jeunes ne possèdent ni téléphone intelligent, ni ordinateur (portable ou de bureau), ni console de jeux, ni tablette, ni montre intelligente.

Réseaux socionumériques

Les jeunes affirment utiliser le web pour se divertir (80 %), pour se former (50 %), pour créer (36 %) et pour réseauter (24 %). Plus de 70 % d’entre eux savent utiliser les paramètres de confidentialités sur les réseaux sociaux. Les applications les plus populaires sont Instagram (60 % des filles et 40 % des garçons) et Snapchat (57 % des filles et 37 % des garçons). La plupart des jeunes témoignent avoir vécu des expériences négatives sur les réseaux  socionumériques.

Formation/atelier numérique

Les jeunes disent être souvent autodidactes en termes d’apprentissage numérique et apprendre davantage sur Internet, tout en déplorant le manque de cours pratiques à l’école. Les garçons ont davantage de motivation à développer leurs compétences numériques techniques, tandis que les filles sont plus nombreuses à vouloir développer leurs compétences numériques créatives. Les garçons sont plus nombreux que les filles (44 % contre 16 %) à avoir suivi une formation en programmation.

En région, peu de jeunes sont capables de nommer des organismes ressources en médiation numérique, tels que Grandir Sans Frontières, Le Printemps numérique ou Kids Code Jeunesse, et ils ont peu l’occasion d’expérimenter les nouvelles technologies, telles que la réalité virtuelle ou l'Internet des objets.

Recommandations

L’éducation au numérique doit commencer dès le plus jeune âge et s’appliquer à enrayer la formation de clivages numériques genrés et de biais inconscients, apparaissant souvent dès la préadolescence, recommande l’étude. Il importe également de rendre les offres d’enseignement en littératie numérique accessibles et d’en assurer l’accès aux populations les plus vulnérables.

«Dans un contexte de transformation numérique, il faut être vigilant face aux fossés qui peuvent se creuser et qui risqueraient d’exclure une partie de la population du développement futur, social, économique et culturel de notre société», conclut l’étude, réalisée avec l’appui de Mitacs (programme Accélération), dans le cadre du projet Jeunesse QC 2030 soutenu par le Secrétariat à la jeunesse du Québec.

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