Sédentarité chez les aînés confinés

La crise qui touche les personnes âgées en résidences et CHSLD entraîne une autre conséquence néfaste: l'inactivité physique.

30 Avril 2020 à 15H27, mis à jour le 5 Mai 2020 à 21H00

Série COVID-19: tous les articles
Les nouvelles sur la situation à l'Université entourant la COVID-19 et les analyses des experts sur la crise sont réunies dans cette série.

L’inactivité physique, qui constitue le quatrième facteur de mortalité le plus important selon l’Organisation mondiale de la santé, a grandement augmenté dans ces résidences depuis le début de la pandémie. Photo: Getty Images

Chaque jour, les points de presse gouvernementaux et les reportages dans les médias rappellent la situation catastrophique qui prévaut dans plusieurs résidences pour aînés et CHSLD. Derrière ce drame, se cache la réalité des aînés qui n’ont pas contracté le virus. Même si le gouvernement a annoncé, en date du 5 mai, un déconfinement graduel pour ceux qui vivent en résidence, les aînés ont souffert depuis le début de la crise, privés de contacts avec leurs proches et enfermés dans leurs chambres.

«À cause du confinement, les personnes âgées passent presque toutes leurs journées en position assise ou couchée», mentionne Mylène Aubertin-Leheudre, professeure au Département des sciences de l’activité physique. La professeure a publié, en collaboration avec son collègue de l’Université de Toulouse Yves Rolland, un article dans le Journal of the American Medical Directors Association sur l’importance de l’activité physique chez les aînés en cette période de pandémie.

L’inactivité physique, qui constitue le quatrième facteur de mortalité le plus important selon l’Organisation mondiale de la santé, a grandement augmenté dans ces résidences depuis le début de la pandémie. «Les aînés vont rarement ou jamais à l’extérieur, ce qui fragilise davantage leur état de santé et réduit leurs capacités cardiovasculaires», affirme la chercheuse.

La sédentarité n’est pas un phénomène nouveau dans ces résidences, rappelle Mylène Aubertin-Leheudre. «Même dans des circonstances normales, il y a peu de stimulation physique en CHSLD, en résidences privées ou à l’hôpital. La plupart des membres du personnel sont peu formés sur les effets néfastes de la sédentarité et ne connaissent pas les ressources à leur disposition. Avec la crise actuelle, les quelques stimulus qui existaient disparaissent complètement.»

Plusieurs études ont démontré que l’activité physique régulière aide à prévenir les maladies et l’invalidité chez les aînés, en plus de maintenir la force et de diminuer les risques de chute.

Exercices à la portée de tous

Dans leur article, Mylène Aubertin-Leheudre et Yves Rolland présentent une série d’exercices qui peuvent être réalisés sans supervision, sans matériel, qui respectent les règles de confinement et de distanciation sociale et qui ne risquent pas d’occasionner des chutes ou des blessures. Les exercices prennent peu de temps à faire et sont adaptés à la condition des bénéficiaires. «Tous les exercices que nous recommandons améliorent l’équilibre, la force, la mobilité et les capacités cardiovasculaires», mentionne la professeure.

Pour les aînés en bonne forme physique, des exercices d’équilibre sur une jambe et des squats à l’aide d’un mur sont suggérés. Pour les personnes dont la santé est plus fragile, les chercheurs recommandent des exercices simples comme l’extension des genoux en position assise. «Peu importe son niveau, faire de l’activité physique est la meilleure façon de prendre soin de soi, surtout en cette période de pandémie», conclut Mylène Aubertin-Leheudre.

PARTAGER
COMMENTAIRES 0 COMMENTAIRE