Lectures de septembre

Notre sélection mensuelle d'ouvrages publiés par des professeurs, chargés de cours, étudiants, employés, diplômés ou retraités de l'UQAM.

21 Septembre 2020 à 11H04

Série «Titres d'ici»

Accepter l’anxiété pour mieux la gérer

C’est en admettant la présence de l’anxiété que les individus peuvent se défaire graduellement de son emprise. Une forme de cohabitation serait ainsi inévitable dans une saine gestion de l’anxiété, peut-on lire dans le guide L’anxiété apprivoisée. Transformer son stress en ressource positive, signé par les diplômées du doctorat en psychologie Amélie Seidah (2004) et Isabelle Geninet (2008). Spécialistes dans l’évaluation et le traitement des troubles anxieux, les psychologues proposent des stratégies d’intervention spécifiques issues de données probantes en psychologie. Des exercices pratiques sont suggérés en lien avec les notions expliquées. Dans un langage accessible et chaleureux, les autrices décortiquent, par exemple, la mécanique psychologique interne, constituée de sensations, d’émotions, de pensées et de comportements, afin d’aider les lecteurs à mieux prendre conscience de ce qui les habite. Elles examinent différents mythes sur la gestion émotionnelle, comme celui voulant que ressentir de l’anxiété soit un signe de faiblesse. «Or, l’anxiété n’a rien à voir avec la compétence, l’intelligence, la capacité ou la force de caractère», affirment-elles. Accepter ses émotions et adopter une attitude sans jugement envers soi font partie des solutions. Pour contrer les pensées négatives, dévalorisantes ou catastrophiques, les psychologues conseillent un entraînement de l’esprit, sorte de yoga mental, qui peut aider à s’en libérer. Publié aux éditions Trécarré.

L’effet Trump en politique étrangère

La crise du coronavirus a révélé depuis l’hiver dernier les carences d’un système intoxiqué par un style présidentiel et un mode de gestion qui, depuis bientôt quatre ans, ont considérablement nui à la réputation des États-Unis et au leadership américain dans le monde. La politique extérieure des États-Unis est pour la première fois «personnalisée» et soumise entièrement aux calculs d’un président motivé par sa popularité auprès de son électorat, observe dans L’effet Trump le professeur du Département de science politique Charles-Philippe David, président de l’Observatoire sur les États-Unis et fondateur de la Chaire Raoul-Dandurand. La raison principale de l’échec de cette présidence, en ce qui a trait à la politique étrangère, tient à son imprévisibilité et à son improvisation chroniques, à l’abandon des normes et des valeurs établies, au point de provoquer des dérapages irréversibles pour l’avenir de la diplomatie américaine, note le spécialiste. «Pour l’observateur de longue date de la politique extérieure américaine que je suis, l’étude des années Trump s’est avérée un exercice pénible», analyse-t-il dans l’attente angoissante de l’élection du 3 novembre prochain. Si Trump est réélu, certaines des caractéristiques évoquées dans ce livre rendront irrémédiables les changements importants quant à la place et au rôle des États-Unis sur la scène internationale. Paru aux Presses de l’Université de Montréal.

Atlas littéraire

À quoi ressemblent les conditions de vie des écrivains au 19e siècle? Comment évoluent, dans l’histoire littéraire québécoise, les représentations de la ville, des Américains ou des rébellions de 1837 et 1838? Comment se transforment les pratiques littéraires au féminin, depuis les épistolières de la Nouvelle-France jusqu’à Nelly Arcan? Que dire des nouvelles tendances du 21e siècle chez les éditeurs, les poètes, les romanciers? Quels sont les auteurs et œuvres à connaître? L’ouvrage Atlas littéraire du Québec, publié sous la direction des professeurs émérites Bernard Andrès, du Département d’études littéraires, et Pierre Hébert, de l’Université de Sherbrooke, ainsi que du postdoctorant Alex Gagnon, de l’Université Laval, est rédigé par les meilleurs spécialistes. Regroupant quelque 253 textes (avec de nombreux encadrés et illustrations), cet Atlas offre une traversée englobante et plurielle du phénomène littéraire au Québec, à partir d’une multitude d’angles de lecture. On peut ainsi parcourir son histoire et ses multiples territoires, de la Nouvelle-France à nos jours, de l’apparition de l’imprimerie à l’ère numérique, du théâtre à la presse, de l’humour à l’utopie et de la littérature autochtone à la littérature gaie. Paru aux éditions Fides.

Imaginaires de la gastronomie

Investie par des savoirs, des savoir-faire et des traditions vivantes, la gastronomie renvoie à des représentations et à des imaginaires, ce qui en fait l’expression d’une construction culturelle, sociale, historique, géographique et psychique. Codirigée par les professeurs Olivier Etcheverria, de l’Université d’Angers, et Julia Csergo, du Département d’études urbaines et touristiques, en collaboration avec le chargé de cours et doctorant en sociologie, Jean-Philippe Laperrière, la publication fait suite au colloque international Imaginaires de la gastronomie: productions, diffusions, valeurs et enjeux, tenu en 2014. La première partie du livre s’intéresse à la question des valeurs portées par les imaginaires de la gastronomie. Il y est question de livres de cuisine et de recettes de l’Antiquité ou des imaginaires croisés de la peinture et des arts de la table. Le chapitre suivant présente des études de cas puisées dans des sociétés et des cultures des quatre coins du monde. Des auteurs se penchent sur les débuts de la gastronomie chinoise ou sur l’imaginaire autochtone présent dans les cuisines mexicaine et brésilienne. La dernière section du livre est consacrée au mouvement activiste Slow Food et à une nouvelle tendance dans le domaine des relations internationales: la gastro-diplomatie. Imaginaires de la gastronomie est publié aux éditions MenuFretin.

Think tanks et politique

Le dernier numéro du Bulletin d’histoire politique (vol. 28, no. 1) propose un dossier intitulé «Think tanks: les métamorphoses des conseillers politiques depuis 1970, Canada, États-Unis, Chine», qui a été coordonné par le doctorant en science politique Guillaume Lamy (M.A. sociologie, 2014). Qu'ils soient des groupes de recherche structurés autour d'enjeux précis ou des machines de guerre idéologique hautement partisanes, les think tanks ont en commun d'évoluer dans une symbiose de plus en plus grande avec la sphère politique. Dans ce dossier, un collectif d’auteurs étudie leur influence sur cinq décennies, et ce, jusqu'en Chine. Suscitant parfois la controverse, les initiatives de ces groupes d’experts ont souvent fait mouche, notamment au Canada: Minutes du patrimoine, palmarès des écoles secondaires, ticket modérateur en santé, monorail à grande vitesse, compteur de la dette du Québec ou Journée de libération de l’impôt. Ces démarches, qui sont toutes le fruit de l’imagination des think tanks, montrent que ces organisations défendent des causes comme l’ont fait les partis politiques depuis les deux derniers siècles. Le Bulletin d’histoire politique est coédité par l’Association québécoise d’histoire politique (AQHP) et VLB éditeur (Ville-Marie littérature).

Briser le silence sur la crise d’Octobre

Avec Mon octobre 70, le professeur retraité du Département d’histoire Robert Comeau brise 50 ans de silence. Bien sûr, pendant ce demi-siècle, il aura contribué à faire connaître les événements de la crise d’Octobre par ses cours, par l’édition d’ouvrages, par la direction de recherches sur le sujet, par l’organisation de colloques commémoratifs et par de multiples conférences et entrevues. Mais il n’avait jamais rien écrit sur sa propre participation au Front de libération du Québec (FLQ) et aux événements d’Octobre. Sa démarche vise essentiellement à rétablir la vérité, écrit-il, concernant des inexactitudes et des faussetés véhiculées à son endroit, notamment dans le livre de l’informatrice de police Carole Devault et dans le rapport de la commission Keable. «Ma responsabilité de faire cette lumière est d’autant plus grande que je suis parmi les derniers acteurs et témoins toujours vivants de cet épisode tumultueux de notre histoire»», souligne-t-il. Écrit avec la collaboration du professeur retraité du Département des sciences économiques de l’ESG UQAM Louis Gill, l’ouvrage relate les faits saillants de l’histoire du FLQ, expose avec clarté le déroulement des événements d’Octobre et se penche sur les suites judiciaires et humaines de la crise, ainsi que sur l’inscription d’Octobre dans la mémoire collective. Publié chez VLB éditeur.

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