Prix René-Jodoin 2020

La candidate à la maîtrise en arts visuels Martine Chartrand est récompensée pour sa contribution au cinéma d'animation.

8 Décembre 2020 à 14H28

Martine Chartrand.Photo: Stephan Ballard

Le prix René-Jodoin 2020 a été remis à la cinéaste et candidate à la maîtrise en arts visuels et médiatiques Martine Chartrand (C. sciences de l’éducation, 1988). Cette distinction, qui porte le nom du fondateur du studio d'animation du Programme français de l'Office national du film (ONF), lui a été décernée par les Sommets du cinéma d’animation et la Cinémathèque québécoise. Elle récompense, depuis 2015, une personnalité marquante, influente et engagée de l'art de l'animation au Canada. Le chargé de cours à l'École de design et à l’École des médias, Jean-Philippe Fauteux, un artisan du monde de l'animation, a aussi remporté le prix en 2017.

Martine Chartrand réalise à l’ONF son premier film d’animation, T.V. Tango, en 1992, un court métrage visant à éveiller le sens critique des enfants face à la culture transmise par les médias. Boursière du Conseil des arts et des lettres du Québec et du Conseil des arts du Canada, elle entame, en 1994, un stage de perfectionnement en Russie auprès d’Alexandre Petrov, un maître de l’animation en peinture sur verre. En 2000, elle réalise à l’ONF Âme noire/Black Soul, animé sous la caméra avec la technique de peinture sur verre. Ce film, qui retrace l’histoire des peuples noirs, remporte 23 prix internationaux, dont le prestigieux Ours d’Or de Berlin en 2001. Son troisième film d’animation, MacPherson, animé également grâce à la technique de peinture sur verre, s’inspire de la célèbre chanson de Félix Leclerc qui raconte l’histoire de l’ingénieur jamaïcain Frank Randolph MacPherson, un amateur de jazz, universitaire et employé d’une compagnie papetière. Le film remporte de nombreux prix, dont le premier Prix du meilleur court métrage et le Prix du public pour le meilleur court métrage canadien au Festival des films du monde de Montréal, en 2012.

Membre du regroupement des Réalisatrices équitables, femme engagée et grande humaniste, l’artiste québécoise d’origine haïtienne a donné de nombreux ateliers, classes de maître et conférences afin de partager son savoir-faire et de sensibiliser les publics à l’histoire des peuples noirs. La peinture sur verre dont elle a fait usage avec virtuosité dans ses films la place dans la lignée des grands maîtres de la technique comme Caroline Leaf et Alexandre Petrov. Il est possible de voir gratuitement les œuvres de la réalisatrice sous l’onglet Cinéma en ligne du site web des Réalisatrices équitables/ Les Dames des Vues.

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