Martine Delvaux honorée

La professeure remporte le Grand Prix du livre de Montréal pour son essai féministe Le boys club.

10 Novembre 2020 à 9H53

La professeure Martine Delvaux.Photo: Patrick Harrop

L’écrivaine féministe et professeure du Département d’études littéraires Martine Delvaux a remporté le Grand prix du livre de Montréal 2020, accompagné d’une bourse de 15 000 $, pour son essai  Le boys club, paru aux éditions du Remue-ménage. 

Dans son ouvrage, la professeure montre que le boys club n’est pas une institution du passé, mais une figure et un dispositif, la manière dont certains hommes s’associent au pouvoir afin de le maintenir en place. Les boys, écrit-elle, n’existent que par le réseau dont ils font partie: «l’un est l’avocat de l’autre qui est le partenaire financier d’un troisième qui est investisseur dans l’entreprise d’un quatrième dénoncé pour violence sexuelle par une jeune femme et qui sera défendu par le premier…»

«Cet essai est une vigie, souligne le jury. Dans sa mire, il y a l’oppression patriarcale qui s’est pétrifiée en système et les comportements qui sont à l’œuvre dans une structure trop souvent invisible. (…) Le boys club nous livre une déconstruction formidable par la quantité de ses exemples. L’effet pourrait être chagrin, mais l’ouvrage se clôt sur un souhait: l’invention d’une structure qui donne une place au corps de toutes et tous, qui donne une place à la vie.»

«Ça me fait vraiment plaisir que ce livre-là, un essai féministe, remporte un prix important comme le Grand prix du livre de Montréal. C’est doublement, triplement, satisfaisant», a déclaré à La Presse Martine Delvaux, qui dit avoir reçu beaucoup de messages de haine après la sortie de son essai. «Globalement, je retire plus de positif que de négatif de cette expérience. Je continue de présenter le livre à des groupes de femmes, dans les cégeps et même les écoles secondaires… Il continue de se vendre, il est toujours pertinent.»

En plus d’une bourse, le Grand Prix du livre de Montréal donnera à la lauréate la possibilité de faire une tournée de promotion de son ouvrage à l’étranger. Le boys club se retrouvera aussi dans les 45 bibliothèques de la Ville de Montréal.

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