Michael Blum au MMJ

Le professeur fera une présentation de son nouveau livre racontant l’histoire de sa famille victime de l’Holocauste.

21 Janvier 2020 à 13H43

Plan du quartier Kreuzberg.

L’an dernier, le professeur de l'École des arts visuels et médiatiques Michael Blum publiait un recueil de chroniques dans lesquelles il racontait, en allemand, l’histoire de ses grands-parents paternels forcés de fuir l’Allemagne nazie. Dans le but de partager cette histoire avec un public non germanophone, le professeur fera une présentation de l’œuvre au Musée du Montréal juif (MMJ).

«Contrairement au livre, qui ne contient aucune image, la présentation sera axée sur des images d’archives comme des photos de famille et des dessins», explique Michael Blum, qui a profité d’une année sabbatique pour se rendre à Berlin afin de retracer la vie de ses grands-parents à partir de documents d’archives. «J’ai commencé mes recherches avec, pour seule information, l’adresse de l’immeuble dans lequel avait vécu ma famille, que je n’ai jamais connue. À partir de là, je me suis aussi intéressé à l’architecture du lieu ainsi qu’aux particularités du quartier Kreuzberg.» Lors de la présentation, Michael Blum commentera diverses photos, d’époque et d’aujourd’hui, représentant l’immeuble et le quartier.

Michael Blum

Professeur à l'UQAM depuis 2010, Michael Blum développe une pratique multidisciplinaire – vidéos, photographies, livres, installations – qui repose sur une relecture critique de la production culturelle et de l’histoire. Son travail a été présenté, notamment, au Centre Georges-Pompidou, à Paris, au New Museum de New York et au Festival transmediale de Berlin.

Ancien quartier ouvrier de Berlin-Ouest où se retrouvaient beaucoup d’immigrants, Kreuzberg abrite, à partir des années 1960, de nombreux squatteurs, punks et autres révolutionnaires. «C’est un quartier qui s’est énormément embourgeoisé depuis la chute du Mur, fait remarquer le professeur. Aujourd’hui, Kreuzberg est un lieu branché, touristique, très Airbnb, mais où vivent encore plusieurs membres de la communauté turque.»

Le livre de Michael Blum a la particularité de faire se croiser plusieurs récits, lesquels sont rarement abordés ensemble. «C’est bien plus qu’une autre histoire tragique d’une famille juive sous le régime nazi, puisque les chroniques de l’ouvrage traitent également de l'histoire sociale de Berlin, de la culture alternative et protestataire de Kreuzberg et de l’architecture du bâtiment et dressent un portrait socio-économique du quartier et de ses habitants, décrit celui qui est aussi historien de formation. Le centre de l’ouvrage, c’est la maison, l’immeuble. Tout part du lieu.»

En privilégiant une approche factuelle et descriptive, l’artiste a voulu prendre une distance avec sa propre histoire et éviter «la charge émotionnelle attribuée bien souvent aux récits du genre». Il ne voulait pas, non plus, tomber dans la nostalgie. «Beaucoup d’Allemands croient que la vie était meilleure avant la chute du Mur», dit-il.

Organisé en collaboration avec le Goethe-Institut, l’événement, intitulé Un homme qui creuse/ A Man Digging, aura lieu au Musée du Montréal juif le 4 février prochain, à 18 h 30. La présentation (bilingue français/anglais) en images du livre sera suivie d’une discussion en français avec l’animatrice et traductrice allemande Sonja Finck. L’entrée est libre, mais il est préférable de réserver.

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