Nicolas Langelier, éditeur iconoclaste

À l'heure du tout au numérique, le rédacteur en chef de Nouveau Projet mise sur l'imprimé pour alimenter la discussion publique.

24 Février 2020 à 12H06, mis à jour le 25 Février 2020 à 13H45

Série L'esprit UQAM
On les reconnaît à leur audace, à leur esprit d’innovation, à leur sens de l’engagement. Ils ont «l’esprit UQAM». À l’occasion du 50e, des diplômés qui ont fait leur marque dans toutes les sphères de la société évoquent leur parcours uqamien. Cette série a été créée pour le site web UQAM: 50 ans d'audace.

Nicolas Langelier.

Directeur-fondateur de la maison d'édition Atelier 10 et rédacteur en chef du magazine socioculturel Nouveau Projet, Nicolas Langelier  (B.A. communication, 2001) porte plusieurs chapeaux. Éditeur, journaliste, auteur et commentateur culturel, il a publié moult chroniques, reportages et critiques pour de nombreuses publications canadiennes. Son roman Réussir son hypermodernité et sauver le reste de sa vie en 25 étapes faciles (Boréal, 2010) a été finaliste au Prix des libraires du Québec en 2011. Il est aussi l'auteur d'essais, dont Année rouge. Notes en vue d'un récit personnel de la contestation sociale au Québec en 2012 (Atelier 10). 

Président de l'Association des journalistes indépendants du Québec de 2007 à 2011, le diplômé a lancé en 2012 (avec Jocelyn Maclure, professeur de philosophie à l'Université Laval) le magazine Nouveau Projet, devenu depuis un lieu de réflexion qui alimente la discussion publique sur les enjeux contemporains. En 2015, Nouveau Projet a été le premier magazine francophone à recevoir le titre de «Magazine de l'année» aux 38e Prix du magazine canadien.

À l'heure du tout au numérique, le fait de miser sur le papier et sur de longs reportages a quelque chose d'iconoclaste, déclarait Nicolas Langelier dans Actualités UQAM en 2017. Mais il ne se sent pas seul. «Ici et à l'étranger, je vois des gens qui partagent ma conviction qu'il y a un avenir pour l'imprimé et qu'on ne peut pas vivre uniquement de publications numériques légères, produites rapidement. Il nous faut des produits plus substantiels, beaux et de qualité, agréables à lire et à manipuler.» Pari relevé!

Quel type d'étudiant étiez-vous?

Étudiant à temps partiel, j'étais assez dispersé dans la mesure où j'avais beaucoup d'activités hors des murs de l'Université. Je me rappelle que je posais beaucoup de questions en classe et que je faisais plusieurs lectures, en plus de celles demandées par les professeurs.

Que rêviez-vous de devenir?

J'ai mis du temps à me décider. Quand j'ai terminé mon bac en communication, profil télévision, je voulais travailler en conception et en réalisation télé. Mais, dès la fin de mes études, on m'a offert un contrat en presse écrite, puis les choses se sont enchaînées. Je ne regrette rien, même si je m'ennuie un peu, parfois, de la télévision. Peut-être vais-je y revenir un jour.

Quel était l'endroit préféré des étudiants pour se réunir?

Les étudiants du profil télé avaient la chance d'avoir un local qui leur était réservé. Nous y passions le plus clair de notre temps. On y trouvait des divans, une table pour manger. C'était vraiment un espace privilégié pour se rencontrer et échanger.

Pouvez-vous nommer un professeur, une phrase ou un cours qui vous a marqué?

Je me souviens de deux professeurs, Martin Labbé et Benoît Prégent. Extrêmement qualifiés et expérimentés, ils étaient très proches de la trentaine d'étudiants du profil télé, avec lesquels ils passaient beaucoup de temps. C'était une situation d'apprentissage assez exceptionnelle. Je suis d'ailleurs resté en contact avec eux.  

Que souhaitez-vous à l'UQAM pour ses 50 ans?

Je lui souhaite de continuer d'être à l'avant-garde dans toutes sortes de domaines, de conserver le côté rebelle qu'elle a toujours eu depuis sa création. On a besoin d'institutions universitaires qui bousculent l'ordre des choses, à l'image des jeunes qui les fréquentent. J'espère que ces traits spécifiques de l'UQAM vont continuer à la caractériser au cours des décennies à venir.

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