Créatrice de personnages hors pair

Lauréate du prix Reconnaissance de la Faculté des arts, Danielle Trottier vise dans le mille avec ses séries télévisées.

3 Novembre 2020 à 9H01

Série Prix Reconnaissance UQAM 2020
Sept diplômés sont honorés pour leur engagement professionnel, l’impact de leurs réalisations et leur rayonnement. Ce texte est le premier d'une série de sept articles présentant les lauréats.

Danielle Trottier
Photo: Julie Perreault

Danielle Trottier (M.A. muséologie, 1992) ne s'en cache pas: la série Unité 9 a bouleversé sa vie, mais pas de la façon que l'on imagine. «Ce sont les rencontres avec toutes ces femmes incarcérées, réalisées en amont de l'écriture de la série, qui m'ont profondément marquée», explique l'autrice et scénariste, qui a toujours placé les relations humaines au cœur de son travail... et de ses intrigues!

Diffusée à la télé de Radio-Canada de 2012 à 2019, la série Unité 9 a su captiver l'auditoire même si le sujet – le milieu carcéral féminin – n'avait rien de réjouissant. Les personnages bien campés et les dialogues percutants de Danielle Trottier lui ont d'ailleurs valu les prix Gémeaux du meilleur texte pour une série dramatique annuelle en 2018 et en 2019.

La scénariste roulait déjà sa bosse dans le métier depuis une quinzaine d'années lorsque l'immense succès d'Unité 9  est survenu: sa carrière avait été lancée avec Emma, un téléroman diffusé à TVA de 2001 à 2004, et s’était poursuivie avec La Promesse, de 2005 à 2012. «L'expression "avoir plusieurs casseroles sur le feu" s'applique particulièrement aux auteurs en télévision, souligne-t-elle, car on ne sait jamais pendant combien de temps les projets vont durer à l'écran. Même pendant Unité 9, je développais plusieurs projets en parallèle.»

Après le milieu carcéral, Danielle Trotiter a eu le goût de se plonger dans l'univers des bars de danseurs (Cheval serpent, 2018-2019), puis d'aborder la grossesse adolescente (Toute la vie, 2019-2020). «Ce dernier projet est directement inspiré de mes conversations avec des intervenants en milieu carcéral, qui évoquaient la présence de certains éléments prédicteurs influençant la trajectoire d'un individu, surtout à partir de l'adolescence, mais parfois même depuis l'enfance. J'ai voulu mettre en scène une fille de 16 ans qui tombe enceinte pour en observer les effets sur sa vie.» La deuxième saison de Toute la vie a été diffusée l’automne dernier à Radio-Canada.

Au fil des ans, chaque projet de l'autrice a suscité l'adhésion de fidèles téléspectateurs ainsi que de nombreuses réactions, échanges et commentaires sur les réseaux sociaux. «Et ce ne sont pas du tout les mêmes personnes qui regardent et qui commentent les différentes séries», raconte-t-elle.

Ce prix Reconnaissance que lui décerne la Faculté des arts de l'UQAM lui fait plaisir. «Nous avons tous besoin de reconnaissance comme êtres humains, dit-elle. Je suis d'autant plus ravie de ce prix que ma formation à l'UQAM m'a outillée pour rêver et avoir le courage d'explorer des zones autres que celles qui me sont familières.»

Voir La créativité, une vidéo produite par Urbania pour souligner son prix Reconnaissance.

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