Venir en aide aux psychothérapeutes

Catherine Emmanuelle Drapeau remporte la finale uqamienne du concours Ma thèse en 180 secondes.

15 Avril 2021 à 16H08

La doctorante en psychologie Catherine Emmanuelle Drapeau remporte la finale uqamienne de Ma thèse en 180 secondes.Photo: Service de l'audiovisuel

Plus de 25 000 personnes ayant survécu à des violences atroces trouvent refuge chaque année au Canada et l’accompagnement en santé mentale auprès de celles-ci est un travail complexe, souligne Catherine Emmanuelle Drapeau. La doctorante en psychologie, qui espère venir en aide aux psychothérapeutes, a remporté la faveur des juges lors de la finale uqamienne du concours Ma thèse en 180 secondes, qui s'est déroulée virtuellement le 15 avril via la plateforme Zoom et sur Facebook Live.

Catherine Emmanuelle Drapeau a utilisé un exemple fictif, celui de Léa, une psychothérapeute œuvrant auprès des nouveaux arrivants depuis plusieurs années. «Jour après jour, elle écoute avec empathie des récits de courage et de trauma, voire de cruauté humaine. Petit à petit, elle voit le monde autour d’elle différemment. Elle s’y trouve plus méfiante et questionne le sens de son travail. C’est comme si le tissu qui emballe ses croyances envers le monde et envers elle-même s’était effrité et que ses valeurs avaient changé. Ce qu’elle ne sait pas, c’est qu’elle vit un trauma vicariant, un phénomène normal chez les thérapeutes spécialisés en trauma», explique la chercheuse.

Il importe, selon elle, de s’intéresser à ce type de trauma, car il peut entraîner une diminution de l’empathie et de la capacité du ou de la thérapeute à garder un bon lien avec son client ou sa cliente. «Heureusement, la recherche indique des moyens de prévention, tels que la formation continue et une meilleure connaissance de soi», note la doctorante.

Sous la direction des professeurs Marc-Simon Drouin et Pierre Plante, Catherine Emmanuelle Drapeau s’intéresse plus spécifiquement à la réponse par l’art. «Il s’agit pour le ou la psychothérapeute de s’exprimer par l’art après une séance avec un client, explique-t-elle. Il a été démontré que cela peut favoriser la transformation du trauma vicariant en une expérience de croissance.»

L’objectif de sa thèse est d’explorer le point de rencontre entre la formation continue des psychothérapeutes et la réponse par l’art. Pour cela, la chercheuse a conçu un atelier de formation visant la sensibilisation aux traumas vicariants et l’initiation à la réponse par l’art. «J’ai formé une art-thérapeute pour l’animer et j’ai recruté sept psychothérapeutes pour y prendre part. L’atelier a eu lieu et a été enregistré. En visionnant cet enregistrement, j’ai pu comparer le cadre préconçu de l’atelier à son déroulement en temps réel et confirmer qu’il s’est déroulé comme il avait été prévu. J’ai aussi rencontré les participants pour trois entretiens dans les deux mois suivant l’atelier. Je ferai ressortir les thèmes saillants afin de mieux comprendre leur expérience et d’identifier les retombées à court et moyen terme d’une telle expérience.» 

Catherine Emmanuelle Drapeau espère que ses résultats de recherche permettront de formuler des recommandations pour la formation continue et la pratique de la réponse par l’art pour des individus à risque de trauma vicariant. «Il s’agit d’un effort essentiel pour la préservation du bien-être d’individu comme Léa, qui font don de soi pour le bien-être des autres», conclut-elle.

Le prix du jury, qui s'accompagne d'une bourse de 750 dollars, vaut à Catherine Emmanuelle Drapeau de représenter l'UQAM lors de la finale nationale du concours Ma thèse en 180 secondes, qui se tiendra virtuellement le 15 juin prochain et qui réunira des étudiants provenant d'une quinzaine d'universités francophones à travers le Canada.

Prix du public

Paul HayottePhoto: Service de l'audiovisuel

Le prix du public a été décerné ex æquo à Catherine Emmanuelle Drapeau et au doctorant en psychologie Paul Hayotte, dont la thèse, sous la direction de la professeure Liesette Brunson, porte sur l’utilisation des nouvelles technologies dans les relations intergénérationnelles, notamment entre les grands-parents et leurs petits-enfants. Ce prix vaut aux deux lauréats une bourse de 350 dollars.

Six doctorantes et quatre doctorants étaient en lice lors de cette finale uqamienne, dont trois de la Faculté des sciences humaines, trois de l’École des sciences de la gestion, deux de la Faculté des sciences, une de la Faculté des arts et une de la Faculté des sciences de l'éducation.

Le jury était constitué de Valérie Bouchard, gagnante de l’édition 2020, Marie Lambert-Chan (B.A. communication/journalisme, 2007), rédactrice en chef du magazine Québec Science, Sophie Malavoy, directrice sortante du Cœur des sciences, Patrice Potvin, professeur au Département de didactique et cotitulaire de la Chaire de recherche sur l'intérêt des jeunes à l'égard des sciences et de la technologie, et Jean-Pierre Richer, directeur du Service de la recherche et de la création. Joanie Doucet, conseillère au Service des communications, agissait à titre d'animatrice.

Organisé par l'Acfas depuis 2012, ce concours de vulgarisation, qui permet à des doctorants de présenter leur sujet de recherche en termes simples à un auditoire profane et diversifié, est inspiré du concours Three minute thesis (3MTMD) qui a eu lieu pour la première fois en 2008 à l’Université du Queensland, en Australie. L'évaluation est basée sur trois critères: le talent d'orateur et la passion du participant pour son sujet, sa capacité de vulgarisation et la structure de son exposé. Le concours québécois a été le premier en langue française.

On peut revoir la compétition dans son intégralité sur la plateforme UQAM.tv:
http://tv.uqam.ca/ma-these-en-180-secondes-finale-uqam-2021

On peut voir la performance gagnante de Catherine Emmanuelle Drapeau:
http://tv.uqam.ca/ma-these-en-180-secondes-catherine-emmanuelle-drapeau

On peut voir la performance de Paul Hayotte qui lui a valu le prix du public:
http://tv.uqam.ca/ma-these-en-180-secondes-paul-hayotte

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