Une expo virtuelle du collectif Nigra Iuventa

Data Thieves explore les notions d’identité, de fluidité de genre et de futurité.

9 Février 2021 à 15H20

Série Mois de l'histoire des Noirs
Le mois de février est l'occasion de découvrir la richesse et la diversité des communautés noires.

Pour contribuer à un changement de récit sur le continent, l’artiste Yannis Davy Guibinga documente et représente par ses œuvres photographiques les nombreuses cultures et identités du continent africain et de sa diaspora.  Photo: Yannis Davy Guibinga

Fidèle à ses habitudes, le collectif d’artistes et de commissaires faisant la promotion des cultures et de l’histoire afrodescendantes Nigra Iuventa, cofondé par l’étudiante à la maîtrise en études littéraires Diane Gistal, propose de nouveau cette année une exposition dans le cadre du Mois de l’histoire des Noirs. Intitulée Data Thieves: ce que nous transmettent nos archives, l’exposition virtuelle, présentée sur le site web de la galerie Never Apart, pose un regard sur le temps et sur l’histoire.

Le thème de l’événement fait référence aux data thieves, ces êtres intemporels et hybrides, créés par l’artiste ghanéen John Akomfrah, qui n’ont pas de genre précis. «Ielles se matérialisent sous plusieurs formes, celle d’un enfant ou d’un adulte traversant les époques tout en guidant les humains vers un avenir meilleur», peut-on lire sur la page Facebook de l’exposition.

Originaire du Gabon, Yannis Davy Guibinga est un photographe montréalais. Pour contribuer à un changement de récit sur le continent, l’artiste documente et représente par ses œuvres photographiques les nombreuses cultures et identités du continent africain et de sa diaspora. Son travail a été présenté en Suisse, en Afrique du Sud, au Nigéria, en France, en Russie ainsi qu’aux États-Unis. Ses photos ont été publiées notamment dans les revues ID, Harper’s Bazaar et Condé Nast Traveler.

La série de clichés Boy Wives and Female Husbands examine la place qu’occupent les membres des communautés trans et non binaires dans la société africaine. Dans Silicone Sunset & Eclectic Identity, l’artiste explore, en collaboration avec la designer et ancienne étudiante en design et gestion de la mode Olivia Bretheau, les concepts de masculinité et de féminité à travers la mode. La dernière série, 2050, propulse la femme noire dans le futur en imaginant à quoi elle ressemblera.

Chercheur et artiste visuel, Syrus Marcus Ware s’intéresse, entre autres, à la culture activiste noire. Ses médiums de prédilection sont la peinture, l'installation et la performance. Le résident de Toronto fait partie du Performance Disability Art Collective et est membre de Black Lives Matter. Il a reçu plusieurs distinctions, dont le TD Diversity Award 2017 et le Steinert and Ferreiro Award 2012 pour sa contribution à la communauté LGBTQ+. Syrus Marcus Ware est l’un des éditeurs de l’ouvrage Until We Are Free: Reflections on Black Lives Matter in Canada (URP, 2020).

Dans le cadre du deuxième volet de l’exposition, deux œuvres de Syrus Marcus Ware seront dévoilées le 11 février prochain. Ancestors, Can You Read Us? (Dispatches from the Future) et Antarctica mettent en scène un monde futuriste habité par des populations noires ayant survécu à la domination des Blancs.

Coorganisé par le festival africain des films et des arts LGBTQ+, Massimadi, l’exposition Data Thieves: ce que nous transmettent nos archives est présentée jusqu’au 27 mars prochain.

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