Encadrer les activités de plein air

Un projet vise la mise en place d'un programme national pour une pratique encadrée et sécuritaire des activités.

29 Avril 2021 à 16H33

Le programme national d’encadrement des activités de plein air vise à mettre en place des balises transversales pour tous les secteurs: écoles primaires et secondaires, services de garde, camps de jour, associations de scouts, formation pour les entreprises, milieu de la santé. Photo: Getty Images

La pratique du plein air est en croissance fulgurante depuis plusieurs années. Avant la pandémie de COVID-19, la Société des établissements de plein air du Québec (Sépaq) recensait plus de 6,8 millions de visites annuellement dans l’ensemble de ses établissements. Selon une enquête de l’organisme Aventure Écotourisme Québec, le chiffre d’affaires des entreprises liées à l’industrie du plein air connaissait une croissance annuelle moyenne de 13,8 %. Au Canada, près de 70% de la population participe chaque année à des activités en plein air – excursion ou randonnée pédestre, camping, pêche, canot ou kayak, bateau, motoneige, cueillette de fruits, vélo de montagne, ski de fond, raquette –, dont plus de 40 % à plus de trois types d’activités, selon Statistique Canada.

«Et ces chiffres sont obsolètes, puisque la pratique d’activités libres en plein air a littéralement explosé depuis le début de la pandémie, affirme l’étudiant à la maîtrise en sciences de l’activité physique Nicholas Bergeron (B.Ed. enseignement en formation professionnelle et technique, 2017). Les fédérations qui supervisent la randonnée, la raquette, le vélo et l’équitation disent avoir reçu deux à trois fois plus de visites qu’à l’habitude au cours de la dernière année.»

En plus des loisirs récréatifs, le plein air se pratique dans une pluralité de milieux: écoles primaires et secondaires, services de garde, camps de jour, associations de scouts, formation pour les entreprises. Dans le milieu de la santé, une approche thérapeutique misant sur l’aventure a aussi été développée pour aider les clientèles aux prises avec des problèmes de santé mentale, de délinquance et de consommation de drogue, entre autres.

Besoin d'harmonisation

Cette multiplication des contextes d’intervention soulève toutefois un enjeu dans l’uniformité des pratiques. «Par exemple, la gestion des risques associés à la météo et au type de terrain devrait être identique en tourisme d’aventure, en camp de jour et en CPE, mais on sait que ce n’est pas nécessairement le cas, explique Nicholas Bergeron, qui est aussi chargé de projet pour l’organisme Rando Québec. L’objectif de notre projet est justement de mettre en place des balises transversales à tous les secteurs, pour une pratique encadrée et sécuritaire des activités réalisées en plein air.»

Une subvention de 115 000 dollars vient d’être octroyée par le ministère de l’Éducation du Québec pour développer ce référentiel de compétences. Nicholas Bergeron coordonnera le projet, sous la direction de Tegwen Gadais, professeur au Département des sciences de l’activité physique, et d’Henri Boudreault, vice-doyen aux études à la Faculté des sciences de l'éducation.

Afin de produire ce programme national d’encadrement des activités de plein air (PNEPA), Nicholas Bergeron analysera tout ce qui se fait dans le domaine au Québec, mais aussi à l’international. «Nous allons, entre autres, évaluer les modèles américains, français et australiens, et leurs particularités dans la gestion du sport et du plein air», souligne l’étudiant, qui réalise son mémoire de maîtrise sur le sujet.

Le PNEPA devrait voir le jour à l’hiver 2023.

Bénéfices de la nature

Nicholas Bergeron rappelle les vertus du plein air sur la santé: diminution du stress, sensation de bien-être causée par la sécrétion d’endorphines, apport de vitamines. Les bienfaits sont toutefois moins connus sur le plan éducatif. «Pour un jeune qui a des difficultés à l’école ou à la maison, le simple fait d’être dehors favorise les interactions, crée des dynamiques de groupe différentes et entraîne habituellement des comportements positifs», affirme l’étudiant.

Proposer des aventures ou des défis extérieurs aux jeunes – comme faire une randonnée ou cuisiner un plat en nature – amène aussi une hausse d’estime de soi, du sentiment d’autonomie et de compétence. «Le contact avec la nature permet aussi de prendre conscience de l’importance d'agir face à des enjeux de société comme la sédentarité, l’addiction aux écrans et la crise climatique», note Nicholas Bergeron.

Programme de 2e cycle en plein air

En offrant le programme court de 2e cycle en intervention en contexte de plein air, l’UQAM est devenue en 2016 la première université québécoise à former des intervenants en plein air au deuxième cycle.

Il est possible de faire une demande d’admission au programme avant le 1er juin.

PARTAGER