Forêts urbaines et santé respiratoire

Un projet de recherche codirigé par Alain Paquette obtient 250 000 dollars du gouvernement fédéral.

8 Juin 2021 à 16H59

On ne sait pas, à l'heure actuelle, si les caractéristiques des forêts urbaines favorisent la santé respiratoire ou exacerbent les maladies auto-immunes. Photo: Nathalie St-Pierre

Le professeur du Département des sciences biologiques Alain Paquette et la diplômée Isabelle Laforest-Lapointe (Ph.D. biologie, 2017), professeure adjointe à l'Université de Sherbrooke, ont obtenu une subvention de 250 000 dollars du fonds Nouvelles frontières en recherche – Exploration pour leur projet intitulé «Do urban trees affect human respiratory health and autoimmune diseases through microbiomes, air contaminants, and allergens?» 

Leur projet de recherche figure parmi 117 projets retenus à travers le Canada. Alain Paquette est le seul chercheur de l'UQAM à s'y retrouver à titre de chercheur principal. 

Le volet Exploration du fonds Nouvelles frontières en recherche a été lancé en 2018 pour mobiliser la recherche interdisciplinaire, internationale, à haut risque et à haut rendement et transformatrice de premier plan dans le monde. Il est placé sous la direction stratégique du Comité de coordination de la recherche au Canada et est géré par le Conseil de recherches en sciences humaines (CRSH), au nom des trois organismes fédéraux de financement de la recherche du Canada : les Instituts de recherche en santé du Canada, le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie et le CRSH.

Services écosystémiques vs pollen et allergies

Au cours des dernières décennies, les populations se sont déplacées massivement des zones rurales aux zones urbaines. L'expansion des villes et les activités anthropiques constituent une importante source de contaminants atmosphériques. En parallèle, le développement des forêts urbaines est associé à d'importants services écosystémiques tels que l'atténuation des îlots de chaleur et la réduction de la concentration des polluants atmosphériques. 

Près d'un quart des Canadiens souffrent de troubles respiratoires tels que l'asthme et la rhinite, ce qui occasionnera des coûts en santé publique de plus de 4 milliards de dollars en 2030. Or, on ne sait pas, à l'heure actuelle, si les caractéristiques des forêts urbaines favorisent la santé respiratoire ou exacerbent les maladies auto-immunes. «Voilà pourquoi notre principal objectif est d'identifier les mécanismes par lesquels les allergènes et le microbiote urbains contribuent à éduquer le système immunitaire, explique Alain Paquette. Ainsi, nous pourrons améliorer la planification de la forêt urbaine et réduire les coûts liés aux maladies auto-immunes.»

Une demi-douzaine d'autres chercheuses et chercheurs collaborent à ce projet d'envergure, dont la professeure du Département de psychologie Janie Houle et le professeur du Département des sciences biologiques Steven Kembel.

«Notre échantillonnage se fera à Montréal et à Québec, précise Alain Paquette, mais nos conclusions pourront s'appliquer à l'ensemble des zones urbaines canadiennes. Nous souhaitons mesurer des indicateurs forestiers tels que la biomasse, le volume des couronnes, la surface foliaire et l'émission de pollen; puis identifier et quantifier les organismes bactériens, fongiques et viraux foliaires émis par les forêts urbaines directement dans l'air et transportés par le pollen. Nous comptons aussi évaluer les relations entre ces indicateurs, les microbiomes urbains et la santé humaine et utiliser des techniques d’intelligence artificielle pour créer un outil capable de quantifier la valeur sanitaire des scénarios d'aménagement urbain.»

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