Lectures d'avril

Notre sélection mensuelle d'ouvrages publiés par des professeurs, chargés de cours, étudiants, employés, diplômés ou retraités de l'UQAM.

13 Avril 2021 à 8H55

Série «Titres d'ici»

Journalisme et médias sociaux

Près de 93% des journalistes québécois utilisent des médias sociaux dans le cadre de leur travail, particulièrement Facebook (96%), Twitter (85%) et YouTube (67%). Quel usage les journalistes en font-ils? En quoi cela influence-t-il leur façon de travailler? Comment perçoivent-ils l’influence des médias sociaux sur l’information? La professeure de l’École des médias Judith Dubois répond à ces questions dans son ouvrage Journalisme, médias sociaux et intérêt public. Enquête auprès de 393 journalistes québécois, qui dévoile les résultats d’une consultation menée en 2019. Les journalistes devaient préciser en quoi les médias sociaux leur ont été utiles ou nuisibles au cours des dernières années et jusqu’à quel point les réactions du public sur ces plateformes influencent leur traitement de l’information. Même si une grande majorité des journalistes consultés estiment que l’usage des médias sociaux est indispensable dans leur travail, ils sont néanmoins très nombreux à considérer que ces plateformes influencent de manière négative le fonctionnement des médias traditionnels, notamment en ce qui concerne les revenus disponibles pour produire de l’information. Ils estiment également que les médias sociaux les poussent à répondre davantage à l’intérêt du public qu’à l’intérêt public. Paru aux Presses de l’Université Laval. 

Qui était Jules-Paul Tardivel ?

Plusieurs livres d'histoire de l'Église ou d'histoire des idées présentent le journaliste Jules-Paul Tardivel comme l'un des ultimes défenseurs de l'ultramontanisme au Québec, cette idéologie prônant que l'Église doit toujours avoir préséance sur l'État et qu'il est du devoir de tous les fidèles d'obéir au pape et de traquer et condamner tous ses ennemis, principalement les libéraux et les francs-maçons. Or, malgré le fait que le réseau ultramontain se soit délité dans le dernier tiers du XIXe siècle, «certains individus, que l'on pourrait qualifier d'irréductibles, persistent toutefois à afficher leur position idéologique ultramontaine», souligne la professeure du Département d'histoire Dominique Marquis dans son essai Jules-Paul Tardivel: l'homme public et l'homme privé (1851-1905). Toute sa vie, le journaliste a fait preuve d'une grande intransigeance, écrit-elle. «Défiant les règles hiérarchiques de l'Église catholique, il a tenu tête aux évêques. Il n'a manifestement pas suivi la voie de la concorde empruntée par l'Église et il a refusé toute forme de compromis.» Dans son livre, l'historienne s'intéresse non seulement au polémiste et au personnage public, mais aussi à l’individu privé. À travers son journal personnel et une riche correspondance, elle nous dévoile qu'il était loin d'être l'homme unidimensionnel que l'historiographie nous a présenté jusqu'ici. Publié chez Leméac.

40 ans de mesure et d'évaluation

L'ouvrage 40 ans de mesure et d'évaluation célèbre les 40 ans de l’Association pour le développement des méthodologies d’évaluation en éducation (ADMEE-Canada) en brossant un portrait rétrospectif et prospectif de la mesure et de l’évaluation dans les contextes canadien et européen. Il rassemble les contributions de 15 témoins privilégiés de l’évolution du domaine, dont celle du professeur du Département de didactique et vice-doyen à la recherche de la Faculté des sciences de l'éducation Martin Riopel. «Nous leur avons demandé de se positionner de manière personnelle et engagée, en insistant sur le caractère emblématique des textes pour un lectorat diversifié, curieux de saisir des tendances, les mouvements de fonds et l’émergence de nouveaux enjeux en évaluation», écrivent les professeures Carla Barroso da Costa (Département d'éducation et pédagogie), Diane Leduc (didactique) et Isabelle Nizet (Université de Sherbrooke) qui dirigent ce collectif. L’ouvrage est structuré autour de trois grandes tendances en mesure et évaluation. La première partie expose les mouvements de l’évaluation et de la mesure pendant 40 ans d’histoire de l’ADMEE, la deuxième partie explore la dimension pédagogique de l’évaluation et la question de la mesure, tandis que la dernière partie invite les lecteurs à réfléchir à la question de la professionnalisation de l’évaluation. Publié aux Presses de l'Université du Québec.

Commerce socialement responsable

Les politiques commerciales peuvent-elles être socialement responsables? Sinon, peuvent-elles être repensées en ce sens? Dans les accords commerciaux, les chapitres traitant des questions sociales représentent-ils des leviers pour le progrès économique et social ? Ces questions, et bien d’autres, sont examinées dans l’ouvrage collectif Vers une politique commerciale socialement responsable dans un contexte de tensions commerciales, publié sous la direction de la professeure du Département de science politique Michèle Rioux, directrice du Centre d’études sur l’intégration et la mondialisation (CEIM), ainsi que des chargés de cours Éric Boulanger et Sylvain Zini, également membres du CEIM. Les transformations multiples dans le monde du travail liées aux changements technologiques et climatiques ainsi qu’aux impacts de la pandémie sur le commerce et la mondialisation provoquent de grandes tensions au sein de nos sociétés, soulignent les collaborateurs de l’ouvrage. Selon eux, la montée de ces tensions rend d’autant plus importante l’adaptation des politiques publiques et de la coopération internationale afin d’assurer le respect des droits des travailleurs, une régulation adéquate des acteurs privés mondialisés et une meilleure prise en considération de la dimension sociale des accords commerciaux. Paru aux Presses de l’Université du Québec.

Une histoire de rédemption 

Il existe dans la forêt de Noirax des secrets qu’il faudra un jour déterrer. La riche famille des Berthoumieux, des agriculteurs-éleveurs de père en fils, y exploite un immense terrain où plusieurs personnes du village y travaillent. Les Berthoumieux apprécient le bon vin – pas de la «troussepinette qui pique les yeux», les repas gastronomiques… et les femmes. Depuis plusieurs générations, des désidératas  les concubines, les muses et les maîtresses – s’établissent au manoir familial tout en connaissant, l’une après l’autre, un destin tragique. Personne ne sait ce qui est arrivé à Helena, à Pampelune et à «la Pimparela», ainsi qu’à leurs petites filles nées de ces unions illicites. L’arrivée d’Aliénor, jeune agricultrice embauchée par le père Berthoumieux pour tenir compagnie à son fils Jeanty, viendra chambouler l’ordre des choses. «Elle s’empare d’une cuillère d’argent et gratte le front laqué du sanglier là où la bougresse a doucement fait couler du beurre. Elle avale d’un trait le verre de chartreuse du père, salue ses hôtes et s’assied au bout de la table, face à la hure, à la place du patriarche.» Malgré les apparences, l’autrice et journaliste musicale Marie Hélène Poitras (M.A. études littéraires, 2001) nous entraîne dans un conte au dénouement heureux et pacifique. La désidérata est publié chez Alto.

Devenir une maman plus sereine

Les femmes subissent beaucoup de pression pour être des mères parfaites et se questionnent ainsi constamment sur leurs compétences parentales, constate la psychologue, autrice et chroniqueuse Lory Zephyr (B.A. psychologie, 2014). Intitulé Ça va, maman? – minithérapie pour surmonter l'angoisse et la culpabilité maternelle, l’ouvrage propose des réflexions bienveillantes et inspirantes pour mieux décompresser et déculpabiliser. La fiche «Le monde et tes enfants ont besoin que tu sois toi» souligne, par exemple, l’importance de rester soi-même et d’afficher ses émotions avec authenticité, sans avoir peur d’être une influence négative pour son enfant. «Vous sortez de vos gonds chaque fois que votre enfant ne ramasse pas ses jouets? Eh bien, appliquez une conséquence cohérente pour augmenter la fréquence à laquelle il le fera même si, selon les dieux des parents, vous devriez éviter ce type de discipline pour ne pas brimer votre enfant», écrit celle qui coanime également le baladodiffusion du même nom que le livre. La fiche «Tout ne repose pas sur toi», quant à elle, rappelle aux mamans qu’elles ne peuvent pas contrôler tous les aspects de la vie de leur progéniture. L’autrice invite la lectrice à poursuivre sa réflexion en nommant sa plus grande peur pour son enfant. Des activités simples à réaliser au quotidien, comme la pratique de la cohérence cardiaque ou la tenue d’un journal de bord pour y noter ses réflexions, complètent l’exercice. Publié aux Éditions de l’Homme.

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