Lectures de janvier

Notre sélection mensuelle d'ouvrages publiés par des professeurs, chargés de cours, étudiants, employés, diplômés ou retraités de l'UQAM.

5 Janvier 2021 à 7H10

Série «Titres d'ici»

Le succès du réseau COOPSCO

Depuis 75 ans, les coopératives étudiantes ont le même objectif: assurer aux étudiants (et à d'autres intervenants du monde de l'éducation) le contrôle collectif et démocratique d’un pan important de la consommation en milieu scolaire, en plus de les initier à l’entrepreneuriat. Dans COOPSCO: 75 ans de développement coopératif au service du milieu scolaire (1944-2019), le chargé de cours du Département d'organisation et ressources humaines de l'ESG UQAM Jean-Pierre Girard retrace ce parcours historique marqué d’idéaux, d’espoirs, de rêves, d’actions collectives, de réussites, mais aussi de revers, de reculs et ultimement de relance. Il nous entraîne de l’action concertée des Jeunesses étudiantes catholiques jusqu’au rayonnement majeur, de nos jours, du réseau COOPSCO dans la vaste majorité des institutions supérieures d’enseignement du Québec. «Cela dit, ce dernier doit désormais composer avec l’évolution rapide des habitudes de consommation des étudiants, dont le développement des achats en ligne et autres usages de la toile, sans parler des changements dans les modes d’enseignement, qui provoquent aussi une adaptation, voire une transformation des supports pédagogiques auxquels doivent avoir accès les étudiants», écrit l'auteur. Au-delà du rôle des organisations et des individus, ce plongeon dans l’histoire contemporaine du Québec par l’angle de la consommation en milieu scolaire permet également de mieux comprendre l’influence des grands courants d’idées qui ont nourri ce développement coopératif. Paru chez Fides.

Les relations intimes aujourd’hui

Pendant une très longue période de l’histoire occidentale, les relations intimes se sont inscrites dans l’institution du mariage et ont été considérées immorales, voire illégales, lorsqu’elles ne l’étaient pas. Le contact sexuel avait pour finalité la reproduction biologique et sociale, plutôt que la connaissance réciproque et le plaisir des partenaires. Comment caractériser aujourd’hui les relations intimes, les discours sur l’amour et la sexualité, les institutions qui les encadrent et les produits culturels qui les représentent? Ces questions sont explorées dans l’ouvrage collectif Intimités et sexualités contemporaines, publié sous la direction des professeurs Martin Blais (sexologie), Chiara Piazzesi (sociologie) et Julie Lavigne (sexologie) ainsi que de la doctorante en sociologie Catherine Lavoie Mongrain (M.A. sociologie, 2018). Divers auteurs livrent un aperçu des recherches sur les thèmes les plus actuels de l’intimité: la non-monogamie, le polyamour, l’adultère, la gestion de l’argent dans les couples, les rencontres en ligne, la diversité sexuelle et bien d’autres. On y aborde l’intimité contemporaine amoureuse et sexuelle de manière théorique, sans se limiter aux contenus des représentations médiatiques (miniséries, films, publicités) ou aux pratiques concrètes de la sexualité. Paru aux Presses de l’Université de Montréal.

Plein feu sur la recherche en danse

Y a t-il quelque chose à comprendre dans la danse contemporaine? Pourquoi danser nu? Faut-il bouger pour danser? La professeure du Département de danse Nicole Harbonnier et son ancienne collègue Dena Davida (Ph.D. études et pratiques des arts, 2006) ont lancé il y a plus de 10 ans le projet Tribunes 840 (2009-2019), une série de tables rondes dont l’objectif était de donner de la visibilité à la recherche en danse. Sous la direction des professeures Johanna Bienaise (Ph.D. études et pratiques des arts, 2015) et Nicole Harbonnier et de la chorégraphe et chercheuse Katya Montaignac (Ph.D. études et pratiques des arts, 2016). L’ouvrage Tribunes sur la danse présente un panorama des discussions et des réflexions menées lors de ces tables rondes. Dans la première section dédiée aux perspectives esthétiques, la professeure Andrée Martin se penche sur la recherche de sens dans l’œuvre chorégraphique. L’interprète Zab Maboungou aborde le thème de l’appropriation culturelle. La chargée de cours Geneviève Dussault discute de diversité et de mixité culturelles. Dans la deuxième partie consacrée aux perspectives sociopolitiques, Katya Montaignac s’intéresse à l’engagement citoyen des chorégraphes. Un texte de Johanna Bienaise portant sur la formation des danseurs et danseuses est présenté dans le cadre d’un troisième volet lié à la création. Publié aux presses de l’Université Laval, dans la collection Formation et recherche en éducation artistique.

Trump a-t-il changé le monde?

Sur de nombreux plans, la présidence atypique de Donald Trump constitue un tournant dans l’histoire. Quels ont été ses impacts à l’échelle internationale? Cosigné par le professeur du Département de science politique Charles-Philippe David, président de l’Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand, et la professeure associée du Département de géographie Élisabeth Vallet, l’ouvrage Comment Trump a-t-il changé le monde? Le recul des relations internationales montre que l’arrivée au pouvoir de ce magnat de l’immobilier a bouleversé les équilibres mondiaux. L’abandon du leadership exercé par tous ses prédécesseurs, sans aucune exception, a créé des conditions propices à des situations préoccupantes et menaçantes pour l’ordre mondial: fin du multilatéralisme, durcissement des frontières, compétition commerciale exacerbée, réarmement généralisé, fragilisation des grands traités mondiaux, ébranlement de la démocratie et de ses institutions, etc. Les deux auteurs estiment que les relations internationales traversent actuellement une période charnière analogue à celle qui a suivi la fin de la Seconde Guerre mondiale. Nous quittons un monde dont l’architecture avait été définie par les États-Unis pour entrer dans un monde plus instable et plus éclaté. Paru aux éditions du CNRS.

S'ouvrir aux arts autochtones

Quelle place occupent les créations visuelles autochtones dans la société québécoise? Comment les créateurs et créatrices imaginent-ils le futur de leurs expressions culturelles ? Par la diversité des points de vue et les enjeux soulevés, D'horizons et d'estuaires: entre mémoires et créations autochtones pose des questions cruciales sur l'avenir des arts autochtones et ouvre la porte à des dialogues «longtemps attendus au Québec qui permettront de créer de réels changements positifs», espèrent Camille Larivée (B.A. histoire de l'art, 2016) et Léuli Eshraghi, qui dirigent l'ouvrage. Réunissant les voix de 16 artistes, commissaires, historiens et historiennes de l'art et travailleurs et travailleuses culturels autochtones, tant francophones qu'anglophones, cet essai collectif s'inscrit dans la foulée des expositions, des performances, des résidences d'artistes et des discussions mises en place lors du Projet Tiohtià:ke du Collectif des commissaires autochtones, de 2017 à 2019. Ces commissaires s’adressent aux nombreux musées d'art, universités, centres d'archives et autres instances culturelles québécoises qui n’ont pour le moment «entamé aucun grand saut dans l'investissement humain, matériel et financier des savoirs, créations et personnes autochtones et songent à de nouvelles infrastructures qui regroupent les communautés et les publics.» Les textes sont accompagnés de 26 photographies d'œuvres d'artistes autochtones. Paru aux Éditions Somme toute.

Analyse d’une crise médiatique 

L’espace de liberté dont jouissaient autrefois les médias et l’ensemble de la société québécoise s’est désormais rétréci, «malgré une parole publique beaucoup plus déliée et démocratisée aujourd’hui», constate la chroniqueuse, animatrice et productrice Marie-France Bazzo (M.A. sociologie, 1987). Dans ce nouvel ouvrage intitulé Nous méritons mieux. Repenser les médias au Québec, elle nous propose une réflexion personnelle sur la crise qui secoue les médias. L’autrice y déplore notamment les aspects consensuels et prévisibles des médias, la dictature des A, ces vedettes hyper connues qui défilent dans toutes les émissions de variétés, l’omniprésence de l’humour ainsi que le règne des «opinionneurs», qui commentent tout et n’importe quoi, empêchant bien souvent les citoyens d’avoir accès à une information de qualité. Ceux-ci se reconnaissent d’ailleurs de moins en moins dans les médias. Pour que prenne fin la condescendance des médias envers le public, il n’y a, selon Marie-France Bazzo, qu’une solution: les citoyens doivent exiger le meilleur. «Je rêve d’un hashtag #JaiLeDroitAuMeilleurEnTélé où, jour après jour, les téléspectateurs exprimeraient leurs attentes et leurs envies. Ça finirait par devenir gênant pour les directeurs de réseaux de proposer sans cesse les sempiternelles programmations molles avec les mêmes vedettes interchangeables», écrit-elle. Publié aux éditions du Boréal.

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