Mieux comprendre les dessous du web

Le site Le numérique en questions vise à informer le public sur des enjeux liés à l’utilisation des technologies numériques.

18 Janvier 2021 à 10H50

Illustration associée au thème des réseaux sociaux.
Illustration: équipes du Numérique en questions et du Serice des communications de l'UQAM

Qu’est-ce qu’un mot-clic et comment s’en servir? Comment fonctionnent les navigateurs et moteurs de recherche ? Peut-on se prémunir contre les fausses nouvelles? Est-il possible d’acheter en ligne en toute sécurité? Comment faire face à la cyberintimidation? Les réponses à ces questions se trouvent sur le nouveau site web Le numérique en questions, réalisé par une équipe dirigée par les professeures du Département de communication sociale et publique Florence Millerand et Mélanie Millette, en collaboration avec le Service des communications de l’UQAM.

«Projet de communication et de vulgarisation scientifiques, Le numérique en questions a pour objectif de démystifier l’univers du web, tout en informant le grand public – de tout âge – sur divers enjeux liés à l’utilisation des technologies numériques, qu’il s’agisse du rôle et du fonctionnement des réseaux sociaux, du repérage des fausses informations sur internet ou encore de la cyberdépendance», explique Florence Millerand.

Le site s’adresse plus particulièrement à des gens qui ont peu d’expérience d’utilisation d’Internet et à ceux qui s’en servent mais se posent toute une série de questions à son sujet. «L’esprit de notre projet, dit la professeure, rejoint celui de l’ouvrage 50 questions pour expliquer le Web à mon père, de Fabien Loszach, paru en 2016 aux éditions Cardinal.»

«La question de la fracture numérique n’est toujours pas réglée, elle s’est même renouvelée avec la généralisation des médias sociaux en produisant des formes d’exclusion associées à un manque de formation et d’information.» 

Florence Millerand,

Professeure au Département de communication sociale et publique

Parce qu’Internet et les médias sociaux sont désormais intégrés dans notre vie quotidienne, nous avons tendance à croire que leur usage est banalisé, acquis et non problématique, observe Florence Millerand. «Or, les recherches dans ce domaine, notamment sur les usages sociaux d’Internet, révèlent le contraire. La question de la fracture numérique n’est toujours pas réglée, elle s’est même renouvelée avec la généralisation des médias sociaux en produisant des formes d’exclusion associées à un manque de formation et d’information. D’ailleurs, le phénomène des fausses nouvelles est révélateur d’un manque de connaissances sur les dynamiques de circulation de l’information en ligne.»

Huit thématiques

Le numérique en questions propose des articles, du type billet de blogue, rédigés dans un langage simple. Ils sont destinés à être lus relativement rapidement et à circuler facilement sur le web et les réseaux sociaux. Présentés sous forme de questions courtes et accompagnés d’infographies, de tableaux et de graphiques, les articles abordent huit grands thèmes: l’univers d’internet, les réseaux sociaux, l’anatomie d’une fausse nouvelle, les achats en ligne, la cyberdépendance, les mots-clics, les navigateurs et moteurs de recherche ainsi que la cyberintimidation.

Certains articles fournissent des informations pratico-pratiques sur la meilleure façon de faire des recherches sur internet ou de se protéger contre la cyberdépendance, alors que d’autres cherchent à susciter une attitude critique à l’égard de dangers potentiels associés à internet, tels que la désinformation et la cyberintimidation. «Le site web a vraiment une double vocation, note la  chercheuse. Transmettre des informations concrètes pour faciliter les usages du web et vulgariser des savoirs scientifiques issus de la recherche.»

Pour en savoir plus sur chacun des thèmes, les articles proposent des lectures, des références, des ressources et des quiz. Les visiteurs du site peuvent faire des commentaires sur les articles et formuler des suggestions.

Au cours des prochaines semaines, des infographies attractives fournissant des explications simples et imagées circuleront sur les réseaux sociaux tels que Facebook, Twitter, Instagram et Pinterest. «Les infographies serviront de porte d’entrée au site web en suscitant l’intérêt du public», indique Florence Millerand.

Navigation et fausses informations

On emploie communément l’expression «naviguer sur Internet» pour désigner la recherche d’information sur le réseau. Mais où navigue-t-on précisément ? Dans Le numérique en questions, un article offre un tour d’horizon de ce qui se cache derrière nos écrans. L’article établit une distinction entre internet et web, traite des fournisseurs d’accès et de services, aborde, au moyen d’un lexique, les langages spécialisés propres à internet, décrit les systèmes de sauvegarde qui transfèrent les données dans le cloud ou le «nuage» pour les stocker et rappelle les impacts de l’utilisation quotidienne des ordinateurs, tablettes, téléphones intelligents et autres outils informatiques sur l’environnement. 

Un autre article aborde le thème des fausses informations qui circulent sur le web et l’importance de savoir les repérer.  Une étude publiée en 2019 par la Fondation pour le journalisme canadien montre que 53 % des Canadiens ont déjà été confrontés à des nouvelles fausses ou peu fiables, déguisées en contenu journalistique. Selon ce sondage, 48% des gens ont de la difficulté à identifier ce qui est vrai et ce qui est faux.  

En se posant quelques questions, on peut éviter les pièges et limiter le relais massif d’informations frauduleuses. La source de l’information est-elle vérifiée ou non? L’auteur de l’article est-il reconnu comme un professionnel de l’information? Les faits sont-ils rapportés par d’autres sources fiables? Le numérique en questions propose aussi des ressources telles que la rubrique Les décrypteurs offerte sur le site de Radio-Canada et Le détecteur de rumeurs créé par l’Agence Science-Presse.

Deuxième phase

L’équipe du Numérique en questions a l’intention d’ajouter d’autres thèmes à ceux déjà abordés lors d’une deuxième phase de développement du projet. «De nouveaux contenus porteront, notamment, sur la protection des données personnelles, les algorithmes, les faux profils et le phénomène des mèmes, ces images drôles que l’on partage avec ses amis sur les réseaux sociaux», précise la professeure.

Au terme de la deuxième phase, les chercheuses évalueront la possibilité de faire évoluer le projet actuel vers la production de contenus utilisant de nouveaux formats comme les animations, les vidéos et les baladodiffusions.

«Pour valider les contenus sur le plan scientifique, nous faisons appel à l’expertise de chercheuses et chercheurs de différents départements de l’UQAM, ce qui favorise la collaboration interdisciplinaire», note Florence Millerand.

La professeure tient aussi à souligner la collaboration au projet d’étudiantes et d’étudiants de la maîtrise et du doctorat en communication. «C’est très formateur pour les étudiantes et les étudiants. En rédigeant des fiches informatives et en concevant les infographies, les étudiantes et les étudiants apprennent à développer des habiletés en communication et vulgarisation scientifiques sur des enjeux auxquels elles et ils sont particulièrement sensibles.»

Le projet a été conçu et réalisé au sein de la Chaire de recherche sur les usages des technologies numériques et les mutations de la communication.

PARTAGER