Le Mois de l’histoire des Noirs vu de l’UQAM

Diverses ressources permettent de découvrir des parcours et des pans méconnus de l’histoire des Noirs.

2 Février 2021 à 14H08

Série Mois de l'histoire des Noirs
Le mois de février est l'occasion de découvrir la richesse et la diversité des communautés noires. 

Image: Table ronde du Mois de l'histoire des Noirs

À l’occasion du Mois de l’histoire des Noirs, le site Équité, diversité, inclusion (EDI) de l’UQAM propose un ensemble de ressources qui mettent de l’avant la contribution des communautés et des personnes noires à la société québécoise, tout en présentant des pans méconnus de leur histoire.

On y apprend que c’est en 2006 que l’Assemblée nationale a adopté le projet de loi visant à faire du mois de février le Mois de l’histoire des Noirs au Québec. Ce mouvement existait déjà depuis longtemps puisqu’il est né aux États-Unis en 1926. Le mois de février avait alors été choisi parce qu’il correspondait au mois d’anniversaire de naissance de deux abolitionnistes de l’esclavage, Frederick Douglas et Abraham Lincoln. Au Québec, la Table ronde du Mois de l’histoire des Noirs organise depuis 30 ans des activités pour rendre hommage aux communautés noires et à leur contribution à la société québécoise.  

Les plus jeunes ne le savent peut-être pas, mais, dans les années 1960, des milliers de jeunes professionnels haïtiens fuyant la dictature de Duvalier se sont réfugiés au Québec. La majorité d’entre eux y trouvent de bons emplois dans leur domaine et connaissent des conditions d’intégration favorables. Francophones, compétents, ils répondent aux besoins de la société québécoise de l’époque. Haïti devient le premier pays fournisseur d’immigrants pour le Québec, et ce, jusque dans les années 1970. 

Cette migration est racontée dans l’épisode Les Haïtiens – Partir pour rester… Histoire de la communauté haïtienne au Québecde la série de conférences vidéo Histoires d’immigrations, coproduite par l’Université du Québec, Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BANQ) et Télé-Québec. La diplômée Maryse Alcindor (M.A. histoire, 1978), ex-sous-ministre au gouvernement du Québec, est l’invitée de cette conférence.

Dans un autre épisode de la même série, le vice-recteur à la Recherche, à la création et à la diffusion Christian Agbobli (Ph.D. communication, 2006), alors professeur au Département de communication sociale et publique, s’entretient avec la chorégraphe Zab Maboungou. Les Africains subsahariens – Entre histoire, éducation et politique illustre l’apport des diverses communautés subsahariennes à la société québécoise. 

La diplômée Rose Lyndsay Daudier (B.Sc. urbanisme, 2000), fille de parents haïtiens, est la vedette de l’épisode 3 du baladoL’empreinte uqamienne, une série conçue par Jessica Roland (M.A. communication, 2017) et produite par le Bureau des diplômés. Cette série présente les parcours de diplômées de diverses origines qui font rayonner leur alma mater dans leurs milieux respectifs. Après avoir travaillé, entre autres, à la Ville de Montréal, à la Chaire UNESCO en paysage et environnement de l’Université de Montréal et au cabinet du ministre de la Culture et des Communications du Québec, Rose Lyndsay Daudier est actuellement directrice générale de Fusion Jeunesse et de Robotique First Québec. Ces organismes implantent des projets d’apprentissage expérientiel dans le but de stimuler la persévérance scolaire des jeunes et de créer des liens avec les communautés.

On peut aussi entendre Maryse Alcindor parler de son parcours dans l’épisode 5 de L’empreinte uqamienne.

D’autres références en lien avec le Mois de l’histoire des Noirs sont proposées sur le site EDI. On y trouve, entre autres, un lien vers la programmation de la Table ronde du Mois de l’histoire des Noirs, qui célèbre son 30e anniversaire cette année.

Un autre lien mène vers une collection de films de l’Office national du film qui jette un éclairage inédit sur différents aspects des communautaires noires au Canada. Parmi les films sélectionnés, un petit bijou de documentaire raconte la vie du musicien montréalais Oscar Peterson. Un autre montre un immigrant africain parmi des débroussailleurs de la forêt abitibienne. Dans un troisième, la réalisatrice d’origine haïtienne Martine Duviella retrace le passé militant de ses parents exilés à Montréal pendant la dictature de Duvalier. 

Les personnes qui ont des ressources supplémentaires à proposer pour bonifier la page consacrée au Mois de l’histoire des Noirs du site EDI sont invitées à le faire en écrivant à edi@uqam.ca.

Lauréats du Mois de l’histoire des Noirs

Quatre Uqamiens font partie des lauréats du Mois de l’histoire des Noirs.

Le professeur émérite du Département de musique Claude Dauphin (B.Sp.Ens. (musique), 1977) est un musicologue réputé, qui a publié des recherches autant sur la musique européenne du 18e siècle et ses mutations dans les Amériques que sur la musique rituelle du vaudou haïtien.

Le comédien Angelo Cadet (B.A. art dramatique, 1995) est aussi animateur, concepteur, metteur en scène, coach et directeur artistique. Professeur au Conservatoire Lassalle, il est connu pour son engagement communautaire dans la communauté artistique issue de la diversité.

Wilson Sanon (C. administration des services publics, 1989) est le fondateur de l’Association d’anémie falciforme du Québec, qui vient en aide aux enfants atteints de cette maladie chronique orpheline. Il a reçu de nombreuses reconnaissances pour ses actions en faveur de cette cause.

Le documentariste Frantz Voltaire (M.A. science politique, 1976) a produit et réalisé de nombreux films sur Haïti et les communautés noires. Il est également l’auteur de nombreux articles et de deux livres, Black Power in Haiti et A Brief History of Blacks in Canada.

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