Prix Jovette-Marchessault

La chargée de cours Nancy Tobin remporte ce prix soulignant la contribution de femmes artistes en théâtre.

25 Mai 2021 à 14H24

La lauréate Nancy Tobin, entourée de Ginette Noiseux, directrice générale et artistique du théâtre Espace GO, qui est à l'origine de la création du prix Jovette-Marchessault, et Nathalie Maillé, directrice générale du Conseil des arts de Montréal.Photo: Espace GO

La chargée de cours de l’École supérieure de théâtre Nancy Tobin (B.A. art dramatique, 1989 ; M.A. théâtre, 2018) a obtenu le prix Jovette-Marchessault décerné par le Conseil des arts de Montréal. Ce nouveau prix, dont la deuxième édition est consacrée aux conceptrices, vise à reconnaître la contribution de femmes artistes du milieu théâtral montréalais. Il s’accompagne d’une bourse de 20 000 dollars. 

Spécialiste en design et en conception du son, Nancy Tobin, qui est aussi doctorante en études et pratiques des arts, s’est imposée depuis trois décennies comme une collaboratrice essentielle de la scène québécoise. Pionnière dans le domaine de la spatialisation sonore, son travail, invisible et discret, s’est avéré crucial dans la construction des œuvres. En parallèle, l’artiste a aussi signé, en solo ou en groupe, de nombreuses performances sonores, au moyen de générateurs de sonorités qu’elle invente elle-même.

Une feuille de route bien remplie

La longue liste des projets artistiques auxquels la conceptrice est liée témoigne de l’étendue de son travail: création d’environnements et d’effets sonores, de partitions musicales, élaboration de dispositifs sensibles de captation et de diffusion des voix. Son écriture sonore, mise au point avec des bruits enregistrés, des consoles, des haut-parleurs et des microphones, a contribué à la création de plusieurs œuvres de qualité, dans les domaines du théâtre, de la danse ou des installations muséales. 

En 1998, sur Les trois derniers jours de Fernando Pessoa, Nancy Tobin amorce une recherche sur la diffusion intimiste des voix grâce à la technologie, en collaboration avec Denis Marleau, codirecteur artistique de la compagnie de création UBU. S’inspirant de ce qu’elle a appris lors de stages à Londres et à New York, elle développe une approche d’amplification vocale des interprètes afin de les rapprocher du public, tout en préservant la texture naturelle de la voix. 

Nancy Tobin a collaboré pas moins de quatorze fois avec Denis Marleau, soit en tant que conceptrice sonore, soit en tant que responsable du dispositif de diffusion et de captation du son.

À partir de Concerto grosso pour corps et surface métallique, en 2000, la chorégraphe Danièle Desnoyers a fait de la chargée de cours une importante complice artistique, faisant appel à son talent pour explorer les liens entre les corps et le son dans plusieurs créations. 

Nancy Tobin a également signé des conceptions sonores pour quelques incursions effectuées par le réalisateur François Girard en dehors du cinéma, notamment sur Novecento d’Alessandro Baricco (2001), puis dans Le procès, adaptation du roman de Kafka (2004).

Plus récemment, elle a collaboré à la production de Les barbelés d’Annick Lefebvre au Théâtre de La Colline, à Paris (2017), dans une mise en scène d’Alexia Bürger. Sa conception sonore évocatrice a été qualifiée de véritable deuxième personnage du spectacle, entretenant un dialogue avec la principale protagoniste.

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