Autour de la notion de capital humain

L’artiste Karine Savard présente une série d’affiches sur les enjeux des travailleuses et travailleurs du textile à la Galerie Diagonale.

20 Avril 2021 à 12H40

Intitulée Afficher le travail, l’installation de Karine Savard consiste en une série d’affiches inspirées de vidéos des années 1970 et 1980 tirées de la collection de Vidéographe et portant sur le thème du travail.  Photo: Karine Savard/ Galerie Diagonale

La conceptrice d’affiches, artiste et doctorante en études et pratiques des arts Karine Savard (M.A. arts visuels et médiatiques, 2015) participe à l’exposition Le capital humain. Présenté au centre Diagonale dans le Mile-End, l’événement, dont le commissariat est assuré par Chloé Grondeau et Anne-Marie St-Jean Aubre, propose une mise en dialogue du travail de Karine Savard et de l’artiste français Julien Prévieux autour de réflexions sur la productivité contemporaine et l'emprise que celle-ci opère sur les corps.

Après avoir été longtemps un quartier multiethnique abritant de grands ateliers de couture, le Mile End est reconnu depuis une quinzaine d’années comme un endroit branché où se trouve l’une des plus grandes concentrations de travailleurs culturels au Canada. Attirées par le quartier, de plus en plus d’entreprises créatives et de jeunes pousses s’établissent dans les bâtiments industriels, entraînant à leur suite une hausse vertigineuse du prix des loyers et autres studios d’artistes.

Karine Savard propose une analyse de l’évolution du marché du travail basée sur son expérience et sur son quartier. Intitulée Afficher le travail, l’installation consiste en une série d’affiches inspirées de vidéos des années 1970 et 1980 tirées de la collection de Vidéographe et portant sur le thème du travail. L’artiste tisse ainsi une histoire mettant de l’avant la solidarité et les efforts de mobilisation des travailleuses et travailleurs du milieu du textile, qui étaient nombreux dans le quartier du Mile End, pour améliorer leurs conditions. Ses recherches posent notamment la question suivante: «Et si la figure de l’exploité prenait aujourd’hui les traits inattendus de l’artiste libéré?»

Depuis plus de 10 ans, Karine Savard collabore avec plusieurs réalisateurs, producteurs et distributeurs de films de fiction et de documentaires. Son travail d’affichiste a été récompensé à de nombreuses occasions, tant au niveau national qu’international. L’ancienne chargée de cours à l'École des arts visuels et médiatiques a remporté, notamment, le Prix de la meilleure affiche au festival Karlovy Vary, en République tchèque, réalisée pour le film The fireflies are gone/ La disparition des lucioles de Sébastien Pilote, en 2018, et le prix Communication Arts 2015, dans la catégorie Affiche culturelle, pour son affiche du film Ressac de Pascale Ferland.

Dans le cadre de sa pratique artistique, Karine Savard s’intéresse, entre autres, aux enjeux liés à la transformation du travail, en particulier à la question du partage entre le travail manuel et le travail intellectuel, au concept de la division du travail et à sa reconnaissance dans le système capitaliste. Son travail a été présenté à la Galerie Leonard et Bina Ellen et au Festival d’art souterrain, en 2016. Le projet doctoral de Karine Savard porte sur l’étude d’une archive composée de documents audiovisuels représentant le travail dans une filature de textile artificiel de Besançon en France, depuis sa mise en marche en 1892 jusqu'à sa fermeture définitive en 1982.

L’exposition Le capital humain est présentée jusqu’au 6 juin prochain.

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