L’internationalisation, une priorité

Un rapport identifie les voies de développement propices à renforcer le caractère international de l’UQAM.

25 Janvier 2021 à 11H37, mis à jour le 27 Janvier 2021 à 13H15

Mélanie Montpetit, étudiante au baccalauréat en psychologie, en séjour d'études en Colombie dans le cadre d'un programme d'échange. Son université d'accueil était l'Universidad de Medellin.

Le Rapport sur l’internationalisation de l’UQAM du Vice-rectorat à la vie académique, disponible sur le site web du Service des relations internationales et diplomatiques (SRID), identifie le développement des activités internationales comme une priorité institutionnelle. «Ce rapport met en lumière le fait que l'UQAM est aujourd'hui très présente sur le plan international, observe le vice-recteur à la Vie académique Jean-Christian Pleau. On peut en déduire que les efforts d'internationalisation déployés depuis plusieurs années par l'Université ont porté fruit. Le rapport indique aussi plusieurs voies de développement propices à renforcer le caractère international de notre établissement. En ce sens, il constitue un document de référence qui nous servira de guide dans le choix de nos futures activités internationales.»

L’UQAM n’est pas la seule université à faire de l’internationalisation une priorité. Selon une enquête réalisée en 2014 par l’Association des universités et collèges du Canada, 95% des universités canadiennes inscrivaient l'internationalisation dans leurs plans de développement. «Les universités déploient de plus en plus d’activités d’enseignement, de recherche et de création ouvertes sur le monde, sur la diversité des cultures, sur l’échange d’idées et sur la collaboration internationale», note Neko Likongo (B.A. science politique, profil relations internationales, 1998), directeur depuis février 2020 du Service des relations internationales et diplomatiques de l’UQAM.

Le rapport dresse le portrait global des activités internationales de l’UQAM, en lien avec la mobilité étudiante, la formation, la recherche, la création et le positionnement de l’Université sur la scène mondiale. «Le rapport constitue une sorte de feuille de route des efforts d’internationalisation développés par l’UQAM au cours des dernières années et permet de mesurer le chemin qu’il reste à parcourir afin que l’Université atteigne ses objectifs au niveau international», poursuit le directeur du SRID.   

Avocat de formation, Neko Likongo est actif dans le domaine des affaires institutionnelles, gouvernementales et internationales depuis 20 ans. Il a occupé diverses fonctions au sein du gouvernement du Québec, dont celles de directeur de cabinet et de conseiller en affaires internationales. Avant de se joindre au SRID, il a été responsable pendant quatre ans du Bureau des étudiants internationaux à l’Université de Montréal.

Présence d’étudiants de l’étranger

La présence à l’UQAM d’étudiantes et d’étudiants venant de l’étranger fournit l’occasion à la population étudiante québécoise de côtoyer des personnes issues d’autres cultures et d’avoir ainsi une expérience de l’international à l’intérieur des murs de l’Université.

Depuis 2014, la venue à l’UQAM d’étudiantes et d’étudiants issus de l’étranger augmente de manière importante, passant de 3 344 étudiants en 2015 à 3 988 en 2019, soit une augmentation de près de 20 % en quatre ans. La mobilité étudiante internationale est en croissance constante et l’UQAM, comme d’autres universités, profite de cette vague mondiale, dit Neko Likongo. «Les étudiants provenant d’autres pays choisissent de venir à l’Université pour la qualité de la formation offerte et pour la qualité des structures d’accueil, telles que le service d’accueil personnalisé des étudiants étrangers, l’École de langues ou le Service de soutien à l’international (SSI) de l’École des sciences de la gestion. Ces exemples me font croire que la cadence ne ralentira pas.»

Les étudiantes et étudiants étrangers proviennent majoritairement des pays de la Francophonie, principalement de la France (52,3 %). Le rapport recommande de diversifier les cibles de recrutement en visant les populations étudiantes francophiles au-delà de la Francophonie. «Nous devons explorer le potentiel de recrutement auprès des populations étudiantes ayant appris le français dans le cadre de leur cursus secondaire ou universitaire, qui se trouvent dans des pays tels que le Brésil, l’Inde ou la Chine, précise le directeur du SRID. Il faut aussi intensifier les efforts dans les pays du Maghreb et d’Afrique de l’Ouest où le potentiel de recrutement est en croissance.»

Mobilité sortante plus faible

Depuis 2014-2015, de 500 à 600 étudiantes et étudiants de l’UQAM vont chaque année à l’étranger dans le cadre, notamment, d'échanges d'étudiants, d’écoles d’été, de stages de recherche et de cotutelles de thèses. Le taux de mobilité sortante (1,7 %) est relativement faible quand on considère que 3,1 % des étudiants des universités canadiennes vivent chaque année une expérience de mobilité internationale, indique le rapport.

«Nous sommes devant un problème qui existe dans d’autres universités en Amérique du Nord, dit Neko Likongo. Il y a cinq ans environ, un rapport d’Universités Canada mentionnait le manque de données socio-économiques pour comprendre ce phénomène. En Europe, les séjours dans des universités étrangères, grâce notamment au programme Erasmus+, font davantage partie de la culture étudiante.»

L’UQAM a obtenu récemment une subvention du Programme pilote de mobilité étudiante vers l’étranger du gouvernement canadien pour réaliser un sondage auprès de l’ensemble de la population étudiante de l’UQAM (voir encadré). L’objectif est d’identifier les obstacles à la mobilité internationale, note le directeur du SRID.  «Est-ce lié à des problèmes financiers, au fait d’avoir des enfants à charge ou un travail que l’on craint de perdre? Les réponses à ces questions, et à bien d’autres, aideront à établir un diagnostic et à définir des pistes d’action.»

Dans le contexte actuel de crise sanitaire, toutes les activités académiques à l’étranger sont suspendues jusqu’à nouvel ordre, rappelle Neko Likongo. «Nous savons que des étudiants souhaitent effectuer des séjours à l’étranger l’automne prochain et nous n’avons pas fermé la porte, tout en sachant que ces séjours peuvent être annulés selon l’évolution de la situation. Chose certaine, nous nous préparons à l’après-pandémie.»

Sondage sur la mobilité sortante

Un sondage sera lancé auprès de la population étudiante de l’UQAM le 15 février prochain afin de comprendre les obstacles à la mobilité vers l’étranger et de cibler des actions pouvant les réduire. Cette enquête permettra de recueillir des données auprès des étudiants qui ont effectué un séjour d’études à l’étranger, qui ont interrompu leur projet de mobilité ou qui ne sont jamais partis dans un autre pays dans le cadre de leurs études.

Formation, recherche et création

Au chapitre de l’enseignement, le rapport souligne que 41 % des cheminements d’études et 40 % des programmes d’études présentent un caractère international. Il note également la qualité des formations et, dans certains cas, leur caractère novateur, voire unique, dans le monde francophone. «L’UQAM marque des points auprès des étudiants internationaux en se démarquant dans plusieurs domaines de formation: études féministes, sexologie, relations internationales, pour ne citer que ces exemples», relève le directeur du SRID.

Concernant la recherche, les montants accordés à des projets internationaux atteignaient près de 5 millions $ en 2019-2020. Les subventions provenaient du Canada (89 %), des États-Unis (4 %), de l’Europe (4 %) et du reste du monde (3 %). Le rapport recommande de diversifier les sources de financement de la recherche internationale, notamment aux États-Unis et en France.

Le financement de la recherche internationale est aussi appuyé par le Service des partenariats et du soutien à l’innovation (SePSI) qui, depuis un an, a aidé 48 équipes de recherche à obtenir des contrats en lien avec l’international pour un montant total de près de 993 000 $. Quant au taux de publication en collaboration internationale, il est passé de 34 % en 2005 à 51,5 % en 2018.

En matière de création, 12 expositions sur 17 du Centre de design avaient un contenu international entre 2015 et 2020 et environ 75 % des expositions conçues en collaboration avec le Centre ont voyagé à l’international. La Galerie de l’UQAM a fait circuler plus de 50 expositions hors-Québec depuis une vingtaine d’années, notamment en France, en Italie, en Belgique, en Turquie, en Chine et aux États-Unis.

Stratégie de positionnement

Le rapport souligne la nécessité pour l’UQAM d’élaborer une stratégie de positionnement sur la scène internationale en développant, entre autres, des solidarités internationales. «L’Université a tissé des liens avec plusieurs organisations telles que l’UNESCO, l’Organisation mondiale de la santé, l’Organisation mondiale du tourisme, l’Organisation internationale de la Francophonie et l’Association internationale des universités, indique Neko Likongo. Une réflexion sera faite sur le type de liens que l’UQAM doit prioriser en fonction de ses objectifs.»

Les activités protocolaires et de collaboration, comme l’envoi de missions à l’étranger et l’accueil de délégations sont essentielles à l’internationalisation de l’UQAM, car elles permettent d’obtenir de l’information ainsi qu’un accès privilégié aux programmes bilatéraux, aux programmes de financement et à la reconnaissance des activités de l’Université à l’étranger. «Nous vivons dans un monde où les universités font aussi de la diplomatie, rappelle le directeur du SRID. C’est pourquoi le terme "diplomatiques" a été ajouté au nom du service que je dirige afin de mieux refléter les activités de l’UQAM à l’international.»

Mécanismes de coordination

L’UQAM entend se doter de mécanismes afin d’assurer une meilleure coordination de ses initiatives en matière d’internationalisation. «Un très grand nombre d’initiatives sont prises au sein des facultés ou des départements, ce qui est fort positif, reconnaît Neko Likongo. Mais on doit aussi se concerter pour mettre en œuvre des projets structurants en fonction des objectifs stratégiques de l’Université.»

Cela suppose d’améliorer la communication entre les facultés et le SRID. «C’est dans cet esprit qu’une communauté de pratiques interfacultaire sera mise en place, réunissant des représentants des facultés et du SRID, dit son directeur. Cela permettra d’échanger sur les bonnes pratiques en matière d’internationalisation, d’informer les facultés des initiatives prises par le SRID et la direction de l’UQAM, et vice-versa.»

Le fait que l’UQAM soit ancrée au cœur d’une ville comme Montréal ne peut que favoriser l’internationalisation, soutient le directeur du SRID. «Dans les classements internationaux, Montréal est considérée comme l’une des meilleures villes universitaires dans le monde. Pour les étudiants d’ailleurs, Montréal est une destination de choix. Le coût de la vie, les conditions de sécurité et le nombre d’universités qui s’y trouvent sont autant d’atouts sur lesquels il faut miser.»

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