Loco: un succès

L'épicerie zéro déchet, lauréate du concours Mon entreprise de l'ESG UQAM, ne désemplit pas depuis son ouverture.

3 Octobre 2016 à 10H38

Épicerie Loco. Photo: Stéphane Vairo

Avant même son ouverture, l'épicerie zéro déchet Loco suscitait un énorme engouement sur le web et les réseaux sociaux. Sur le site d'Actualités UQAM, l'article présentant le projet des Uqamiennes Marie-Soleil L'Allier (B.Sc.A. informatique et génie logiciel, 2010) et Martine Gariépy, candidates à la maîtrise en sciences de l'environnement, Andréanne Laurin (B.A. communication marketing, 2011; M.Sc. sciences de l'environnement, 2014) et Sophie Maccario, doctorante en sciences de l'environnement, a été l'un des plus cliqués de 2016!

Épicerie Loco.Photo: Stéphane Vairo

«Depuis la parution de l'article, nous avons reçu beaucoup d'attention médiatique», lance Martine Gariépy. Le commerce responsable, qui a ouvert ses portes le 9 août dernier dans le quartier Villeray, à deux pas du métro Jarry, est toujours bondé. «Près d'une centaine de personnes se sont présentées à la soirée de pré-ouverture et, depuis, ça n'arrête pas!, s'exclame-t-elle. Les gens sont enthousiastes, discutent entre eux, posent des questions.»

Un projet abouti

Récipiendaires du premier prix au dernier concours Mon entreprise de l'ESG UQAM et d'un prix au Défi OseEntreprendre (édition locale montréalaise dans la catégorie Commerce), les quatre entrepreneuses sociales ont longuement mûri leur projet avant de se lancer dans l'alimentation zéro déchet. «Cela a pris un peu plus d'un an avant de consolider les liens avec nos fournisseurs et de trouver un lieu approprié. Pour essayer d'être le plus "sans déchet" possible, il faut penser à plein de détails comme la livraison des produits ou le système de consigne pour les pots consignés», remarque Martine Gariépy. Depuis l'ouverture, certains ajustements ont dû être faits. «On a reçu des produits emballés séparément, mais le problème a été réglé en discutant avec nos fournisseurs.» La papesse montréalaise du zéro déchet, Mélissa de la Fontaine, s'est jointe récemment à l'équipe d'employés de Loco.

La campagne de sociofinancement lancée sur la plateforme Ulule a connu aussi un succès bœuf: les entrepreneuses ont réussi à récolter près de 30 500 dollars. Pas mal pour celles qui s'étaient donné un objectif de 8 000 dollars!

Prêt-à-manger locavore

Ouvert sept jours sur sept, le local de 1000 pieds carrés offre des fruits et légumes, du yogourt et du lait en pot consignés, des farines, des fromages, des fauxmages de noix, des cosmétiques et des produits de nettoyage sans danger pour la santé et l'environnement, du kombucha en fût, des muffins, du pain et des croissants de la boulangerie montréalaise Le Pain dans les voiles, ainsi que des plats déjà préparés, comme ceux de l'entreprise locale Madame Virgule, qui tient kiosque les mercredis au Marché fermier de l'UQAM. «Le prêt-à-manger est très populaire! On a un comptoir style buffet avec des sandwiches et des salades», précise l'entrepreneuse.

Les consommateurs peuvent apporter leurs contenants et leurs sacs de toile ou en acheter sur place. Des ateliers sur le mode de vie zéro déchet sont aussi offerts ainsi que diverses dégustations de produits (des sauterelles à l'ail, ça vous dit?).

Une autre épicerie zéro déchet dans Rosemont

Épicerie Méga Vrac.

Le quartier Rosemont a aussi son épicerie zéro déchet. Ouverte depuis un an et demi, Méga Vrac offre une foule de produits sans emballage, dont la plupart proviennent de producteurs locaux. L'entreprise familiale s'est tranquillement convertie au zéro déchet. «Au début, je vendais du vrac et des produits emballés, mais au fur et à mesure, à la demande de mes clients, je me suis tournée entièrement vers le vrac sans emballage en discutant avec mes fournisseurs pour savoir si cela était possible pour eux ou en trouvant de nouveaux partenaires, explique la copropriétaire, la diplômée Ahlem Belkheir (B.A.A., 2010; M.Sc. gestion, 2014).

Pour le développement durable

«J'ai toujours eu un intérêt pour le développement durable et l'achat en vrac. C'est d'abord pour répondre à un besoin personnel que j'ai ouvert mon commerce sur la rue Masson, vu que je devais me déplacer aux quatre coins de la ville avec mes bocaux», poursuit celle qui habite aussi le quartier.

Devant l'absence de sacs et de contenants en plastique, la jeune propriétaire admet que certains clients se montrent récalcitrants. «Ils rouspètent un peu au début, mais ils finissent par revenir nous voir. Il y en a même de plus en plus qui rapportent leurs pots et leurs sacs réutilisables en prenant bien soin de nous le faire savoir!», rigole-t-elle gentiment.

Chez Méga Vrac, on trouve quelque 800 produits contenus dans de larges bocaux comme des épices, des noix, des légumineuses, des farines, des huiles, des farines, du vinaigre, du miel, du sirop d'érable, du tofu, des herbes thérapeutiques, mais aussi des fruits et des légumes, des shampoings et des savons en pain sans emballage… Des produits pour animaux en vrac devraient arriver sous peu. Méga Vrac offre aussi des sacs en papier recyclé à 100% et des pots consignés.

«On peut trouver du déodorant et de la pâte dentifrice dans des pots consignés faits par une Rosemontoise dans sa cuisine! Et les sacs de tissu en vente à la boutique sont fabriqués par une de mes clientes», assure Ahlem Belkheir.

Appel à tous

Ahlem Belkheir ne craint pas la concurrence. «Plus il y aura de commerces zéro déchet et mieux la planète se portera», croit-elle. Selon la jeune femme, la demande de la part des clients est là. «C'est possible de convertir son commerce, dit-elle, mais, pour cela, il faut faire l'effort de trouver les bons fournisseurs. Et ce n'est pas vrai que les clients ne reviendront pas si on les oblige à rapporter leurs pots!»

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Bravo à tous ceux et celles qui se lancent dans ce type d'entreprise. Vous avez tout mon respect et je compte bien aller vous encourager sous peu.