Le plus jeune élu de Montréal

Étudiant au baccalauréat en science politique, Younes Boukala est conseiller d'arrondissement à Lachine.

16 Octobre 2018 à 14H58

Younes Boukala est étudiant au baccalauréat en science politique et conseiller d'arrondissement à Lachine.Photo: Patrick Sicotte

Il y a un an, les Montréalais ont élu Valérie Plante à la tête de leur ville, et, dans le sillage de la flamboyante mairesse, le plus jeune élu de l'histoire de Montréal. «Dire que je n'avais jamais été membre en règle d'un parti politique avant d'officialiser ma candidature!», confie en riant Younes Boukala, conseiller d'arrondissement du district J.- Émery-Provost, à Lachine.

Pendant la campagne électorale, Younes Boukala a fait sourciller plus d'un électeur. «Quel âge as-tu?», lui demandaient certains citoyens dubitatifs. «Je ne me laissais pas démonter, raconte le jeune homme de 22 ans. Je leur demandais de me donner une chance: on entend toujours dire qu'il manque de jeunes en politique! Il faut croire que cette partie de mon argumentaire a bien fonctionné, car il y a même des électeurs qui m'ont dit qu'ils ne partageaient pas les idées de Projet Montréal, mais qu'ils allaient néanmoins voter pour moi!» Le candidat a remporté son siège avec 542 voix de majorité, récoltant 38,5 % des suffrages. Il fait partie d'un conseil d'arrondissement entièrement composé d'élus de Projet Montréal.

L'éclatante victoire de son parti n'a pas surpris Younes Boukala outre mesure. «J'avais senti tout au long de la campagne que Valérie Plante galvanisait les électeurs, qu'elle leur redonnait le goût d'œuvrer à une ville meilleure. Avec le recul, j'estime que Projet Montréal a su conquérir l'électorat en misant sur des enjeux de proximité répondant aux préoccupations des citoyens.»

Un premier bon coup!

Né au Maroc, Younes Boukala a grandi à Lachine, où ses deux plus jeunes frères sont nés. L'aîné habite toujours avec sa famille dans une coopérative. Il connaît de l’intérieur l’importance de la vie communautaire. «Les questions liées au logement abordable et à la mixité sociale sont au cœur de mon engagement politique», affirme le conseiller, qui siège à la Commission sur le développement économique et urbain et l'habitation, à la Commission du développement social et la diversité montréalaise, et à la Commission sur la culture, le patrimoine et les sports.

En avril dernier, le conseil d'arrondissement a adopté la Politique d'inclusion des logements sociaux et abordables dans les projets résidentiels, à laquelle il a participé. «Le premier projet assujetti à la nouvelle politique – la construction d'un nouveau bâtiment locatif – a été autorisé en septembre dernier par le conseil d'arrondissement», précise fièrement le jeune élu.

D'ambassadeur jeunesse à politicien

Inscrit au baccalauréat en science politique depuis l'automne 2015, Younes Boukala a particulièrement apprécié le cours «Politique et économie» donné par le professeur Christian Deblock, ainsi que le cours sur la politique étrangère américaine donné par Charles-Philippe David.

L'étudiant souhaitait acquérir en parallèle une expérience concrète de la vie politique, d'où sa décision de postuler pour devenir ambassadeur jeunesse pour l'arrondissement de Lachine dans le cadre des célébrations du 375e anniversaire de Montréal. «Il s'agissait d'organiser une vaste consultation pour prendre le pouls des jeunes de l'arrondissement, pour connaître leurs besoins et leurs aspirations», se rappelle-t-il. Cette expérience lui aura permis de tisser des liens durables avec plusieurs jeunes de Lachine et leurs parents.

Lorsqu'il apprend que la conseillère Maja Vodanovic se présente à la mairie d'arrondissement, il décide de faire le saut en politique. «Projet Montréal était le parti avec lequel j'avais le plus d'affinités», précise-t-il.

Transport et autonomie

Outre la question du logement social, les dossiers qui préoccupent ses électeurs sont le transport et l'autonomie de l'arrondissement, observe-t-il. «Il ne faut pas oublier que Lachine a subi les fusions municipales en 2002. Les électeurs parlent encore de "la Ville de Lachine" et ils comparent souvent l'état de l'arrondissement avec celui de Dorval, la ville voisine qui a conservé son autonomie.»

Au début des années 1980, la Communauté urbaine de Montréal projetait plusieurs lignes de métro léger en surface pour compléter le réseau souterrain. L'une d'entre elles devait se rendre de la station Vendôme jusqu'à Lachine. Le projet a été abandonné par le gouvernement libéral en 1985, qui a préféré miser sur des lignes de train de banlieue. «La population de Lachine souhaite un meilleur lien avec le centre-ville et c'est pourquoi la ligne rose,  projet phare de la campagne de Projet Montréal qui relierait Montréal-Nord à Lachine, a trouvé des échos favorables chez nous», note Younes Boukala.

La courbe d'apprentissage

Les infrastructures politiques et administratives, les jeux de coulisse, les contraintes budgétaires: Younes Boukala reconnaît qu'il a encore tout à apprendre. «Un collègue m'a dit qu'on commence réellement à maîtriser le travail de conseiller d'arrondissement après trois années en poste», raconte le jeune élu.

Depuis son élection, il est en mode écoute. «Je m'informe, je consulte, je pose des questions et je reçois des conseils de plusieurs politiciens et politiciennes aguerris. C'est très apprécié!», souligne celui qui poursuit son baccalauréat à temps partiel, en plus de siéger à la Commission des jeunes élus et élues de l'Union des municipalités du Québec. «Quand certains de mes collègues au conseil d'arrondissement ou à une ou l'autre des commissions auxquelles je participe évoque la conciliation travail/famille, je me fais toujours un devoir d'ajouter travail-études/famille», conclut-il en riant.

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