Journée de la pédagogie universitaire

Une dizaine de membres du corps professoral témoigneront de leurs pratiques innovantes, inclusives et inspirantes.

15 Avril 2019 à 10H47

Photo: iStock

La Journée de la pédagogie universitaire se déroulera le 7 mai prochain à l'UQAM, sous la thématique «Innover, inclure, inspirer». «Nous souhaitons que les membres du corps professoral qui participeront à cette journée aient l'occasion d'échanger avec leurs collègues à propos de leurs pratiques d'enseignement et qu'ils puissent s'inspirer les uns des autres», affirme la conseillère pédagogique Hélène Meunier, du Centre de formation en soutien à l'académique (CFSA).

En avant-midi, la conférence d'ouverture sera donnée par Henri Boudreault, vice-doyen aux études à la Faculté des sciences de l'éducation. «M. Boudreault est un professeur chevronné et il abordera chacune des facettes de notre thématique», souligne Hélène Meunier. Par la suite, un atelier collaboratif amènera les participants à réfléchir à ce que représentent l'innovation, l'inclusion et l'inspiration dans le contexte de l'enseignement universitaire.

En après-midi, la vice-rectrice à la Vie académique par intérim, Danielle Laberge, remettra les Prix d'excellence en enseignement de l'UQAM. «Une dizaine de professeurs et de chargés de cours, issus de chacune des école et facultés, partageront ensuite des bonnes pratiques innovantes, inclusives et inspirantes. Certains seront accompagnés d'étudiants aux cycles supérieurs», précise Hélène Meunier.

Le nouveau doyen de la Faculté des sciences de l'éducation, Jean Bélanger, agira à titre de grand témoin et il effectuera une synthèse de l'événement en fin de journée.

Un groupe de soutien

La professeure du Département de communication sociale et publique Nathalie Lafranchise est l'une des personnes qui témoigneront d'une pratique inspirante. «En 2014, j'avais mené une petite enquête sans prétention scientifique pour mieux comprendre les raisons expliquant la prolongation des études à la maîtrise, raconte-t-elle. L'un des facteurs qui avait clairement ressorti était l'isolement vécu par les étudiants, qui se heurtent à une panoplie de problèmes et qui se sentent souvent démunis.»

Nathalie Lafranchise a organisé un premier groupe de co-développement professionnel, en 2013, avec six étudiants à la maîtrise. «Nous nous réunissons cinq ou six fois par année, explique-t-elle. Avant la rencontre, un étudiant doit identifier une difficulté. Il la présente au groupe en début de séance et leur objectif est de trouver des solutions.»

En créant ce groupe de co-développement, la professeure s'attendait à ce que les problèmes soulevés soient centrés sur les enjeux académiques de la maîtrise, mais elle s'est rapidement aperçue que les étudiants souhaitaient aussi partager des situations personnelles, impliquant, par exemple, leurs relations familiales. Les sujets abordés couvrent ainsi l'ensemble de l'expérience aux cycles supérieurs.

Chaque séance débute avec un tour de table où chaque étudiant fait le point sur l'avancée de ses travaux. «Ce simple tour d'horizon permet aux étudiants les plus avancés de motiver les moins avancés», souligne Nathalie Lafranchise. La séance se déroule ensuite selon des étapes bien établies par la professeure, où chacun est invité à participer à la recherche de solutions au problème du jour. «À la fin de la rencontre, l'étudiant qui avait identifié la difficulté au départ doit établir un plan d'action et il devra rendre compte des résultats obtenus lors du tour de table initial à la séance suivante. Pour clore la rencontre, chacun verbalise ce qu'il a retenu de la séance.»

La professeure anime ce groupe de co-développement professionnel depuis maintenant six ans. «J'invite tous mes étudiants de cycles supérieurs à y participer sur une base volontaire. Ceux qui ont accepté ont trouvé que c'était un groupe de soutien bénéfique à la poursuite de leurs études», dit-elle.

Lors de la Journée de la pédagogie universitaire, trois étudiants supervisés par Nathalie Lafranchise, qui en sont à différents moments dans leurs parcours à la maîtrise ou au doctorat, viendront témoigner de leur expérience au sein du groupe de co-développement professionnel.

Un cours hybride

C'est dans le cadre du programme court de troisième cycle en pédagogie universitaire et environnement numérique d'apprentissage que la chargée de cours du Département de management et technologie de l'ESG UQAM Marie-Claude Petit a développé un modèle hybride pour le cours Introduction à la gestion de projet. «Il s'agissait de mieux utiliser la technologie offerte par la plateforme Moodle afin d'offrir des séances en présence et à distance», explique-t-elle.

Marie-Claude Petit a bénéficié d'un soutien financier: son projet faisait partie des 23 projets acceptés dans le cadre de l'appel à projets visant à appuyer les initiatives d'enseignement en ligne, lancé en mai 2018.

La chargée de cours a donné la version techno-améliorée de son cours pour la première fois au trimestre d'hiver 2019 à deux groupes totalisant une centaine d'étudiants provenant d'une vingtaine de programmes. «Lors des trimestres précédents, j'utilisais Moodle pour téléverser et télécharger des fichiers – plan de cours, présentations PowerPoint, travaux d'étudiants. J'avais le goût de maximiser les fonctionnalités de la plateforme, mais aussi, et surtout, d'offrir aux étudiants une meilleure flexibilité dans leur organisation du temps», dit-elle.

Marie-Claude Petit a planifié 6 des 15 séances du trimestre en mode à distance. Il y avait trois séances en mode synchrone, où tous se voyaient par le truchement du logiciel Zoom. «Pendant ces cours, j'expliquais certaines notions, puis je formais des équipes virtuelles et les étudiants effectuaient un travail collaboratif. Pendant ce temps, je pouvais me promener d'une "salle" à une autre sur Zoom pour m'assurer que tout se passait bien. Ensuite, on revenait tous ensemble dans le même environnement virtuel.» Les trois autres séances à distance étaient asynchrones, les étudiants ayant le mandat de réaliser une activité collaborative pendant la semaine, de manière autonome. «J'étais disponible sur Zoom pendant les heures normales du cours si les étudiants avaient des questions», précise-t-elle.

Plan de cours, notions vues en classe, mini-tests, boîte à outils, témoignages vidéo d'experts en gestion de projet: l'entièreté du cours créé par Marie-Claude Petit existe désormais sur Moodle, accessible d'un trimestre à l'autre. «C'est une économie de papier et de temps, en plus de permettre aux étudiants qui veulent progresser plus rapidement de le faire à leur guise», souligne-t-elle.

Marie-Claude Petit a bénéficié du soutien de l'équipe technopédagogique de l'ESG UQAM, du Carrefour technopédagogique de l'UQAM et du Centre de formation en soutien à l'académique pour monter ce nouveau cours, ainsi que de l'ESG UQAM et du professeur Simon Bourdeau, qui coordonne le cours. Lors de la Journée de la pédagogie universitaire, elle présentera sa pratique innovante en compagnie de quelques étudiants qui ont suivi son cours.

On peut s'inscrire aux Journées de la pédagogie universitaire sur le site du Centre de formation en soutien à l’académique.

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