Un nanovaccin contre la COVID-19  

Denis Archambault reçoit une subvention de plus de 600 000 $ des IRSC pour développer un nanovaccin contre le virus SARS-CoV-2.

29 Juin 2020 à 16H50

Série COVID-19: tous les articles
Les nouvelles sur la situation à l'Université entourant la COVID-19 et les analyses des experts sur la crise sont réunies dans cette série.

La proposition de Denis Archambault, qui pilote le projet, a été classée 3e sur les 77 évaluées par le Comité des maladies infectieuses et immunitaires. Photo:Getty images

Le professeur du Département des sciences biologiques Denis Archambault et trois autres chercheurs, incluant le professeur Steve Bourgault, du Département de chimie, ont reçu une subvention de 622 782 dollars des Instituts de Recherche en Santé du Canada (IRSC) pour développer un nanovaccin contre le virus SARS-CoV-2, responsable de la COVID-19, dans le cadre du concours «Subvention de fonctionnement: Possibilité de financement pour une intervention de recherche rapide contre la COVID-19 (mai 2020)». Quelque 1 500 propositions de recherche, évaluées par divers comités de pairs, ont été soumises à ce concours. La proposition de Denis Archambault, qui pilote le projet, a été classée 3e sur les 77 évaluées par le Comité des maladies infectieuses et immunitaires.

Au total, sept projets ont été approuvés par ce comité. «Nous sommes très fiers, pour nous et pour l’UQAM, du résultat de ce concours, qui montre que le comité évaluateur a reconnu la qualité de la proposition et de l’équipe, déclare le professeur. Nous sommes confiants de pouvoir contribuer à la lutte contre la COVID-19.»

Ce n’est pas la première fois que Denis Archambault collabore avec Steve Bourgault, qui s’intéresse, entre autres, aux molécules de diverses natures capables de former des nanoparticules. «Au cours des dernières années, nous avons développé ensemble des plateformes nanovaccinales contre des agents infectieux», rapporte le professeur. De son côté, Denis Archambault compte quelque 25 années d’expérience en recherche sur des virus appartenant au groupe des coronavirus, qui inclut le SARS-CoV-2.  «Ces deux éléments nous ont bien servis pour orienter judicieusement notre proposition de recherche sur la COVID-19», précise le professeur. 

«À ce jour, la pandémie associée à la COVID-19 a touché plus de 10 millions de personnes dans 213 pays et territoires, faisant plus de 500 000 morts», rappelle Denis Archambault. Comme on le sait, le SARS-CoV-2 est un virus insidieux, contagieux, très virulent et dangereux qui demande, pour être manipulé, des niveaux de biosécurité très élevés. «Au fil des années, j’ai développé des contacts partout dans le monde avec des chercheurs en virologie, note le professeur. Grâce à ces collaborations, des expériences pour valider le vaccin, incluant des infections expérimentales chez l’animal, auront lieu dans les laboratoires de biosécurité maximale de niveau 4, situés à Winnipeg, ce qui constitue un privilège pour nous et pour l’UQAM.» 

En plus de Steve Bourgault, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en chimie des nano-assemblages biologiques, les autres collaborateurs au projet sont le Docteur Bradley Pickering, chef de l’Unité des agents pathogènes spéciaux du Centre national des maladies animales exotiques de l’Agence canadienne d’inspection des aliments, à Winnipeg, et le Docteur Darwyn Kobasa, chef du High Containment Respiratory Virus Group Special Pathogens du Laboratoire national de microbiologie à l’Agence de santé publique du Canada, également basée à Winnipeg. Le Docteur Kobasa a été un acteur de premier plan dans la mise au point du vaccin contre le virus Ebola.

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COMMENTAIRES 4 COMMENTAIRES

Commentaires

Allez-vous publier votre recherche dans une revue comme PNAS, Nature Communations, PLOS ONE, etc.. ?
Félicitations à l'équipe, mais il aurait été intéressant d'expliquer en quoi un nanovaccin se distingue d'un vaccin ordinaire.
Considérant qu’un virus ne peut être à la fois très virulent et très contagieux à la fois, selon tous les grands virologues sur la planète ... je trouve cet article biaisé. Considérant également et selon les mêmes grands virologues qu’il est impossible de fabriquer un vaccin pour les coronas virus ... pourquoi y mettre autant d’argent? Je trouve cela indécent... lorsqu’on connaît la situation des millions d’enfants qui meurent en ce moment de manque de nourriture et d’eau potable.
Je viens de lire, en retard je l’avoue, le commentaire de Mme Arnault. En tant que virologiste-immunologiste de carriére à l’UQAM ( à la retraite), je voudrais corriger ses commentaires. Il y a des virus peu virulents mais très contagieux, d’autres très virulents mais peu contagieux, des virus très virulents et très contagieux et enfin des virus peu virulents et peu contagieux. Compte tenu des milliers de virus connus non seulement pour l’homme mais pour la majorité des espèces animales, des poissons, des insectes et des plantes, il est faux de dire qu’il y a un relation inverse entre la virulence et l’infectiosité d’un virus, chaque virus étant différent dans ses manifestations cliniques et épidémiologiques. En ce qui concerne les vaccins, il est utilisé depuis de nombreuses années des vaccins contre des infections graves à coronavirus chez plusieurs espèces animales, mais pas encore chez l’homme. Il est donc erroné de dire qu’il est impossible de fabriquer un vaccin contre des coronavirus. Mais bien entendu, il existe différents types de vaccins et il faut développer le ou les meilleurs vaccins contre cette nouvelle infection à coronavirus en tenant compte de ses particularités virologiques, immunologiques et cliniques.