Consommation et COVID-19

Le premier mois de confinement a redéfini temporairement les modes de vie et de consommation des Québécois.

4 Mai 2020 à 17H47

Série COVID-19: tous les articles
Les nouvelles sur la situation à l'Université entourant la COVID-19 et les analyses des experts sur la crise sont réunies dans cette série.

Pendant ce premier mois de confinement, de nombreux cuisiniers en herbe ont appris l'art de faire du pain. La tendance du «fait maison» est très populaire, en particulier chez les plus jeunes. Photo: Getty Images

L’Observatoire de la consommation responsable (OCR) de l’ESG UQAM, en collaboration avec la firme québécoise d’études de marché MBA Recherche, a publié les résultats de la première édition de la vigie mensuelle de la consommation en temps de Covid-19. L’OCR et MBA recherche ont mis au point un dispositif de veille afin d’analyser les pratiques, les perceptions et les comportements des Québécois en matière de consommation durant le confinement.

Si les premiers jours de la pandémie ont profondément modifié les routines de courses et types d’achats, que retenir de ce premier mois de confinement sur les pratiques de la consommation responsable? «C’est une crise sanitaire, économique et sociale sans précédent, répond Fabien Durif, directeur de l’Observatoire et vice-doyen à la recherche à l’École des sciences de la gestion de l’UQAM. Pour être en mesure d’accompagner la relance post-Covid et d’identifier les tendances, il faut comprendre et analyser en profondeur la situation que nous vivons actuellement.»

Une «période de transition» qui redonne du sens à la consommation

Le confinement semble avoir installé une nouvelle routine de vie plus «douce» chez les citoyens. Les Québécois ont, en particulier, ralenti leur rythme de vie. Quelque 75,8% ont cherché à profiter du moment présent, tandis que 57,5% des répondants ont cherché à désencombrer leur intérieur tout en renouant avec la simplicité, en particulier les femmes et les couples.

Le «faire soi-même» en hausse, le gaspillage alimentaire en baisse

La tendance à faire soi-même a pris de l’ampleur chez de nombreux Québécois, qui ont notamment profité du confinement pour suivre des tutoriels en ligne (36,9%). Pendant ce premier mois de confinement, le «fait maison» a touché particulièrement les plus jeunes.

Les Québécois semblent avoir éprouvé beaucoup de plaisir à concocter de bons petits plats: 68.5% affirment avoir davantage cuisiné pendant cette période de confinement. Parmi ceux-ci, plus de deux répondants sur trois ont regardé des recettes en ligne et ont essayé de nouvelles recettes. L’attrait de l’alimentation locale a augmenté considérablement chez les Québécois.

Plus de quatre personnes sur 10 ont fait davantage de recettes anti-gaspillage.

La consommation responsable en pause au Québec

«Le confinement agit aussi comme facteur de pause dans l’essor de certaines pratiques de consommation responsable», mentionne Fabien Durif. Seulement 11,2% des répondants auraient acheté des objets de seconde main et 12,4% en auraient vendus.

La difficile conciliation entre la santé et l’environnement touche aussi de plein fouet la pratique du zéro déchet, qui gagnait en popularité depuis deux ans. Plus de la moitié des Québécois qui achetaient des produits en vrac ont cessé de le faire. Les sacs réutilisables à l’épicerie n’ont plus la cote: le nombre d’usagers qui apportent leurs sacs à l’épicerie a baissé de plus de 40% par rapport à avant la crise. On note aussi une baisse de préoccupation sur la question des plastiques à usage unique.

Autres faits saillants

Une tendance à la déconsommation? 66.6% des Québécois sont davantage attentifs à leurs dépenses et plus de la moitié comparent les prix entre les produits et les commerces et achètent des produits plus abordables. Le prix pourrait redevenir très vite un critère de choix prépondérant.

Un certain stress financier: les célibataires, les étudiants et les plus jeunes sont les plus stressés financièrement. Ces derniers pratiquent davantage le «fait maison».

Habitudes alimentaires affectées : 36,7% grignotent davantage et 35,3% mangent plus, surtout les plus jeunes.

Un suivi très élevé des mesures de distanciation sociale: ceux qui suivent de près les mesures ont adopté des pratiques en lien avec le «slow life». Ils cuisinent plus que les autres.

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