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Confinés, les étudiants du bac en journalisme produisent deux éditions du journal L’Atelier.

14 Avril 2020 à 15H52

Série COVID-19: tous les articles
Les nouvelles sur la situation à l'Université entourant la COVID-19 et les analyses des experts sur la crise sont réunies dans cette série.

Pour produire le journal L'Atelier, les étudiants du bac en journalisme ont utilisé trois plateformes: Melody (à gauche), Slack (au centre) et Zoom (à droite). Photo: Roland-Yves Carignan

«Des enfants racontent leur confinement en dessins»… «L’amour au temps de la COVID-19»… «Un été sans sport ni culture à Montréal»… «Brouille entre Trump et l’OMS»… Ces titres d’articles n’apparaissent pas dans les pages de La Presse ou du Devoir mais dans l’édition du 8 avril dernier de L’Atelier, un journal électronique entièrement produit de la maison par 27 étudiants du bac en journalisme de l’École des médias. Inscrits au cours «Atelier de presse quotidienne», les étudiants ont même bouclé une deuxième édition de leur journal, qui paraîtra le mercredi 15 avril.

«Les grands journaux du Québec, comme Le Devoir et La Presse, se sont félicités d’avoir maintenu leur production quotidienne d’information malgré les conditions de confinement, et tout le monde les a applaudis avec raison, rappelle le professeur invité de l’École des médias Roland-Yves Carignan (B.A. communication, 1990), responsable du cours Atelier de presse quotidienne. Eh bien, les étudiants du bac en journalisme ont eux aussi accompli un exploit en produisant à deux reprises 14 pages d’actualités toutes fraîches au moyen du télétravail.»

Dans leur atelier pratique, où sont recréées les conditions de travail réelles d’une salle de rédaction, les étudiants du bac en journalisme apprennent à exercer tous les rôles relatifs à la production d’informations quotidiennes en presse écrite (imprimée ou non): reporter, chroniqueur, photographe, chef de pupitre, rédacteur en chef, etc. «Durant leur première année de bac, les étudiants suivent plusieurs cours d’écriture journalistique, mais la production d’un journal, au cours de la deuxième année, constitue le moment fort de leur formation», explique le professeur, qui a déjà occupé le poste de directeur de l’information au Devoir. «En temps normal, les quatre dernières semaines de la session d’hiver sont consacrées à la production de quatre numéros du journal, poursuit Roland-Yves Carignan. Compte tenu des circonstances exceptionnelles dans lesquelles nous vivons actuellement, nous nous sommes limités cette fois-ci à deux numéros, ce qui représente quand même un tour de force.»

Dans le processus de production du journal, les étudiants ont été confrontés aux mêmes contraintes que celles auxquelles font face les journalistes professionnels. «Tout le monde a travaillé de la maison, note le professeur. Les sujets de reportage, la plupart liés à la crise sanitaire actuelle, étaient attribués quelques jours à l’avance pour permettre aux étudiants de trouver des interlocuteurs.» Certains ont réalisé des entrevues au téléphone ou fait des comptes rendus des points de presse diffusés sur les ondes de RDI, d’autres ont eu pour tâche de rédiger des chroniques d’opinion, d’autres encore ont créé une carte géographique illustrant l’évolution de la pandémie dans chacune des provinces du Canada.

Outils numériques et esprit de corps

Les étudiants, leur professeur et deux assistants pédagogiques ont eu recours à divers outils numériques tout au long du processus de publication. «La plateforme de production Melody pour les journaux papier et en ligne a constitué notre principal outil de travail», indique Roland-Yves Carignan. Conçue par l’entreprise française Demain un autre jour, cette plateforme est accessible via un simple navigateur web et ne nécessite pas de logiciels que l’on doit installer et maintenir.

«Nous y avons créé des espaces où chacun des étudiants pouvait écrire son article, dit le professeur. Au total, ils ont rédigé 44 textes, les ont édités, corrigés, y ont ajouté des titres, des photos, des légendes et ont mis le tout en page. De chez soi, chacun pouvait voir le journal au complet prendre forme.»

La plateforme Slack a permis aux étudiants de maintenir un contact permanent, de partager leurs idées et de coordonner leurs efforts. «Nous y avons aménagé des canaux spécifiques correspondant aux différentes sections du journal – Actualités, Société, Économie, Culture, Sports, International –, dans lesquels les étudiants pouvaient converser entre eux. Durant la journée de la mise en page du journal, ils ont échangé plus de 2 600 messages!»

Sur la plateforme Zoom, Roland-Yves Carignan et ses deux assistants pédagogiques planifiaient chaque matin une rencontre avec l’ensemble des étudiants ainsi que des rencontres régulières avec les responsables des sections du journal. «La dernière journée, nous avons tenu cinq réunions de production. Puis, à 23 h, nous nous sommes tous retrouvés pour célébrer, un verre à la main, épuisés mais fiers du résultat final.»

Selon le professeur, le journal n’aurait pas pu voir le jour sans l’esprit d’équipe manifesté par tous les étudiants. «C’était la première fois qu’ils produisaient un journal de A à Z ! Une forte cohésion animait le groupe. L’expérience a été extrêmement formatrice, notamment sur le plan technologique, alors que plusieurs étudiants ont dû apprendre à utiliser des outils avec lesquels ils n’étaient pas familiers.»

Où consulter les articles ?

Le résultat du travail des étudiants se décline sur trois plateformes, comme pour les «vraies» entreprises de presse. On peut consulter le journal en format pdf, sur la page du programme de bac journalisme. On peut aussi lire les textes en ligne sur le site web du journal L’Atelier. Enfin, il est possible de parcourir les textes à partir de son téléphone mobile grâce à cette application.

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Bravo à vous tous!